Professeur Michel CLAUDON, Coordonnateur du DIU
Centre Hospitalier Universitaire de Nancy
Le DIU National d'Échographie termine sa deuxième année de fonctionnement et verra à compter de la rentrée 1996/97 sa structure s'élargir et se modifier partiellement. C'est donc le moment opportun de réaliser un rapport d'étape, présentant à la fois les réalisations, les modifications à venir et les enjeux pour l'avenir.
L'analyse du tableau des inscrits montre un doublement du nombre des inscrits avec 65 admis en seconde année et 146 en première année. Les pourcentages selon les spécialités ne changent pratiquement pas d'une année sur l'autre avec :
* de 55 à 60 % de radiologues, dont 20 % déjà diplômés (essentiellement Assistants, PH..., mais peu de Radiologues libéraux).
* de 20 à 30 % de spécialistes, avec une prédominance de gastro-entérologues, suivis par les néphrologues et les gynécologues obstétriciens. Peu de biophysiciens sont inscrits.
* de 15 à 20 % de non spécialistes, parmi lesquels 75 % d'étrangers (essentiellement du Maghreb), d'où un chiffre de 4 "généralistes" ayant réussi le probatoire initial, admis en deuxième année et 6 admis en première année, ce qui reste très limité.
Il existe une grosse hétérogénéité des flux selon les régions et les villes : le recrutement dans une université est souvent lié à la personnalité du leader local, quoique certains centres classiquement actifs aient peu recruté cette année. Le pourcentage de DES de radiologie inscrits est très variable, de nul à à peu près 100 %, ce qui signifie qu'il n'y a pas à l'heure actuelle de politique nationale clairement perçue.
Les enseignements théoriques s'établissent progressivement, les modules mis en place cette année restent encore insuffisants en nombre (par exemple, seule l'interrégion Ouest avait monté cette année le module de pédiatrie), mais toutes les filières ont été offertes aux étudiants sur le plan national. Les impressions des participants sont a priori bonnes, mais il est nécessaire d'instaurer de façon systématique un système de fiches d'évaluation, mentionnant en particulier la spécialité ou la formation d'origine de l'inscrit car souvent les populations qui assistent aux modules sont hétérogènes.
Le contrôle des stages pratiques doit être renforcé à la fois dans leur accréditation et dans le contrôle de l'assiduité comme des actes pratiqués. D'où l'urgence, en cours, d'établir des listes précises, en relation avec les autres spécialités concernées, et d'établir un véritable carnet de stages superposable -- donc remplaçable -- par le carnet de l'interne tel que D. Krause l'établit avec le CERF.
Il n'est pas question de "vider" le DES de radiologie de son contenu échographique ! L'échographie est une méthode d'imagerie et son exercice est indispensable qu'il soit isolé ou incorporé au sein d'un plateau technique d'imagerie. Le DIU apparaît donc complémentaire au DES, mais son instauration répond à un besoin conjoncturel. En effet la maquette actuelle du DES apparaît mal adaptée aux exigences récentes de l'échographie en raison de :
* un volume horaire insuffisant,
* la faiblesse ou l'absence de contrôles des connaissances théoriques,
Ce décalage par rapport au DES est actuellement accentué par :
* le plan sur la périnatalité publié par le Ministère de la Santé en 1994, qui préconise l'établissement d'une compétence en échographie,
* les recommandations européennes et les positions mondiales, notamment de l'OMS qui vient de reconnaître la Fédération Mondiale d'Échographie (WFUMF) à côté de la Société Internationale de Radiologie, dissociant en cela l'échographie de son domaine historique de rattachement à savoir la radiologie,
* l'exigence de qualité formulée par les autres spécialités, notamment les cardiologues et les obstétriciens, face auxquels les radiologues ne doivent être dévalorisés.
Dans l'attente d'un prochain remaniement du DES tel que le Ministère l'envisage, il apparaît souhaitable de proposer dès à présent aux étudiants du DES d'Imagerie cette formation complémentaire. D'une façon pratique, il est possible de jumeler les deux filières de cours ce qui permet de dispenser la même formation à la fois aux inscrits au DES et au DIU Cette solution ne permet cependant pas aux DES d'accéder à certains stages, comme l'obstétrique, ni de tester leurs connaissances et les voir ainsi reconnus. Le problème ainsi posé par le DIU d'Échographie apparaît crucial, mais il s'inscrit dans les problèmes d'articulation du DES d'Imagerie médicale qui est notre formation initiale commune avec d'autres formations complémentaires également encadrées par des DIU comme l'imagerie mammaire.
* De l'obstétrique puisqu'à compter de l'année prochaine et surtout de 97/98, date de mise en place du DIU National d'Échographie en gynécologie-obstétrique, beaucoup de choses seront communes aux deux filières : programme des cours, échange d'enseignants, ouverture des stages aux deux spécialités -- a priori au prorata du nombre d'inscrits de chacune --, et à terme probablement jurys communs. L'esprit est à formation identique, compétence identique. Cela est une chance pour les DES d'Imagerie, et peut être pour les radiologues installés d'actualiser leur formation ; cependant cette filière n'aura de sens que dans la mesure où elle est fréquentée par les radiologues juniors ou seniors ;
* Concernant le vasculaire, les discussions apparaissent plus difficiles en raison du grand nombre d'intervenants ; elles se poursuivent actuellement en priorité avec les angéiologues et les physiologistes vasculaires, et à terme avec les cardiologues ;
* Un accord est intervenu avec les gastro-entérologues pour les intégrer au DIU d'Échographie Générale avec individualisation d'une option gastro-entérologique ; leurs DES s'engagent à suivre les bases physiques et techniques, ainsi que deux modules minimum dont celui d'abdomen.
3.1. La mise en place d'un DIU d'Échographie Générale élargi aux biophysiciens -- par fusion avec le DIU des Saints-Pères -- aux gastro-entérologues et peut-être ultérieurement aux physiologistes. Si le Conseil Pédagogique est lui-même élargi à ces différentes spécialités, une majorité de membres et le Coordonateur National restent radiologues.
3.2. Une modification du calendrier de l'enseignement interviendra avec un tronc commun raccourci se terminant fin janvier et un début des modules à compter du 1er mars.
3.3. Le calendrier des enseignements pour l'année prochaine est en cours d'élaboration, à la fois pour le tronc commun et les modules et sera diffusé fin juin aux Coordonateurs Régionaux et Locaux du DES de Radiologie de façon à les informer et à leur permettre de diffuser ce calendrier à leurs DES Il est souhaité de voir le maximum de DES suivre les cours et/ou s'inscrire.
3.4. Un cours complet résumant l'ensemble des bases physiques, techniques est actuellement en cours d'élaboration ; il sera disponible sur polycopié classique et Internet en octobre, puis ultérieurement imprimé sous forme de CD-Rom, grâce à la participation de R. Duveauferrier / IconoCerf, et avec le sponsoring Schering. Ces documents permettront une meilleure homogénéité de l'enseignement au niveau national.
Le DIU d'Échographie poursuit sa structuration, amplifie son audience, et va s'élargir à compter de la rentrée prochaine. Il a déjà permis un regroupement des différents enseignants radiologistes au niveau national ; l'association avec des enseignants d'autres spécialités permet une formation de la plus grande qualité possible.
Le DIU d'Échographie s'adresse en priorité aux DES en cours de formation, et à terme proche aux spécialistes installés. Il conserve, après un probatoire sélectif, une filière pour étrangers ou "échographistes exclusifs" avec des chiffres inférieurs à une dizaine par an. Le rapprochement avec les différentes spécialités se fait à l'initiative des Radiologues qui restent les principaux acteurs du DIU d'Échographie Générale. C'est à la fois une responsabilité, un atout important dans les futures négociations pour l'élargissement du DES ou la reconnaissance d'une compétence en échographie. Il reste néanmoins indispensable de ne pas vider le DES de Radiologie et Imagerie Médicale de sa structure, et de rester vigilant notamment dans l'équilibre naturel que doivent respecter les différentes filières dans leur accès à leur formation échographique.