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REORGANISATION DE L'ENSEIGNEMENT DE L'ECHOGRAPHIE : BILAN DE L'ACTION DU CERF - 1992-1995 (Lettre du CERF ndeg. 9, janvier 1996)

Professeur Michel CLAUDON, Coordonnateur du DIU

Département de Radiologie

Centre Hospitalier Universitaire de Nancy

Le CERF, conscient de l'insuffisance de formation en échographie des praticiens radiologues ou non radiologues, a pris l'initiative d'une vaste réorganisation de l'enseignement de cette spécialité. En effet, l'amélioration de la qualité générale de la pratique échographique passe d'abord par celle de la formation initiale, première base d'une véritable base de reconnaissance de compétence en échographie.

Une enquête, diffusée lors de l'Assemblée Générale du CERF de Janvier 1993 avait déjà montré le grand nombre de diplômes d'universités existant, leur grande hétérogénéité de fonctionnement malgré un début d'harmonisation réalisé à l'occasion de la mise sur pieds du premier DIU associant 5 universités (Besançon, Broussais, Marseille, Montpellier-Nimes, Rouen).

Lors de son Assemblée Générale de janvier 1994, le CERF a voté à l'unanimité la création d'un Diplôme Inter-Universitaire National d'Échographie, regroupant les différents Diplômes d'Universités existant en radiologie et associant de nouveaux sites universitaires, à compter de la rentrée universitaire 1994-1995.

Les objectifs principaux en étaient :

* une organisation nationale ou régionale des enseignements et des contrôles de connaissances de façon à associer et multiplier les compétences, et à s'assurer de l'impartialité des épreuves,

* l'exigence d'une compétence réelle en échographie avec un contrôle des connaissances comportant des épreuves pratiques sur volontaires (écho-anatomie en première année) et patients (modules).

* un désir d'ouverture aux autres spécialités avec une harmonisation la plus large possible entre les différents enseignements.

En avril 1994, le Ministère de la Santé a publié son plan sur la périnatalité dont l'une des mesures prioritaires visait à l'instauration d'une compétence en échographie des praticiens et des machines. Cette réflexion initialement orientée vers l'obstétrique a été étendue à l'ensemble des domaines d'applications cliniques de l'échographie fin 94 par la Direction Générale de la Santé en charge du problème.

Parallèlement, à l'initiative du CERF, plusieurs réunions et tables rondes ont été organisées avec l'ensemble des autres spécialités cliniques pratiquant l'échographie. Ces contacts ont abouti à la signature d'une Déclaration Commune publiée en Mars 1995. Celle-ci propose une plate-forme commune articulée entre 3 DIU nationaux principaux :

* celui d'Écho-Cardiographie sous l'égide de la Société Française de Cardiologie,

* celui de Gynécologie-Obstétrique animé par le Collège d'Obstétrique,

* un DIU d'Échographie Générale auquel participe majoritairement le CERF.

Les critères d'admission, les enseignements des différents modules, la définition des stages pratiques et de leurs contrôles (carnets de stages), les modalités d'examens sont coordonnés, voire identiques.

Il faut noter l'intégration du Doppler dans les bases techniques et l'écho-anatomie.

Parallèlement un examen pratique sur sujet ou sur patient a été admis comme étant le contrôle le plus

efficace du niveau de pratique des candidats.

Le Conseil National Inter-Spécialités coordonnant ces trois DIU doit être dans l'avenir l'interlocuteur naturel face aux tutelles administratives et à l'Ordre National des Médecins.

Cette plate-forme a été prise en compte par la Direction Générale de la Santé en janvier 1995 (Commission Bruaire).

En 1995, les discussions se sont poursuivies avec nos Collègues Biophysiciens et Hépato-Gastro-Entérologues : leur participation et leur intégration au DIU d'Échographie Générale est désormais acquise.

Une maquette d'enseignement légèrement modifiée entrera en vigueur à la rentrée 96-97 permettant ainsi à la quasi-totalité des Facultés de Médecine de s'associer à cet enseignement.

Les développements futurs de cette action qui n'a pu être menée à bien qu'avec la contribution active du Président, du Bureau et de nombreux Membres du CERF qu'il convient ici de remercier de leur action devraient prendre en compte :

* Le fonctionnement de ce nouveau DIU d'Échographie Générale qui par son ampleur (27 Universités) est un véritable challenge sur le plan administratif ; le secrétariat pourrait en être assuré par Paris-V.

* L'implication nécessaire et massive des Radiologues et en particulier des DES et DIS à cette formation qui est profilée pour répondre à la nécessaire accréditation souhaitée par les autorités ministérielles.

* La validation de cette filière pour la formation initiale doit lui permettre de répondre aux besoins de formation continue ; cet objectif est d'ores-et-déjà inscrit dans les modes du règlement du DIU et nécessite pour sa mise en place une implication de la Société Française de Radiologie et des Syndicats.

* Fort de l'expérience d'ÉdiCerf et d'IconoCerf, de nouveaux outils pédagogiques (en particulier CD ROM) doivent être mis en place et proposés aux autres disciplines.

* Enfin, cette démarche ne peut être dissociée de la définition d'une assurance qualité pour les échographes.