L'EXPLORATION RADIOLOGIQUE DE LA MOELLE ÉPINIÈRE ET DES RACINES: TECHNIQUE ET RÉSULTATS NORMAUX

L'EXPLORATION RADIOLOGIQUE DE LA MOELLE ÉPINIÈRE ET DES RACINES : TECHNIQUE ET RÉSULTATS NORMAUX

C. MARSAULT, D. DORMONT

GH Pitié Salpétrière - PARIS






Explorer la moelle et les racines est devenu un acte de plus en plus anodin, voire complètement anodin, puisque l'examen de référence est devenu l'imagerie par résonance magnétique.

1. RAPPEL ANATOMIQUE

1.1. La moelle épinière et les racines

La moelle épinière s'étend du trou occipital (foramen magnum) jusqu'à la partie supérieure du canal rachidien lombaire. L'extrémité inférieure du cône médullaire est habituellement située en regard du disque L1-L2.

Globalement symétrique, la moelle présente un renflement cervical correspondant aux membres supérieurs (de C4 à T1) et également un renflement lombaire pour les membres inférieurs.

Au niveau du cône médullaire terminal, il existe une prolongation par un cordon fibreux, le filum terminale, qui va s'attacher en bas au niveau du coccyx.

1.2. Les racines

La différence progressive entre les métamères médullaires et les métamères rachidiens (plus l'on descend vers l'extrémité caudale et plus les métamères médullaires sont en position rostrale par rapport aux métamères rachidiens), explique le caractère relativement horizontal des racines cervicales et l'aspect quasi-vertical des racines lombaires et sacrées, qui vont former la queue de cheval.

Emergeant de la moelle, des radicelles ventrales (motrices) et dorsales (sensitives) vont se réunir à chaque étage rachidien pour former le nerf spinal. Au niveau de leur réunion, il existe un renflement : le ganglion spinal.

Surtout, il faut se rappeler qu'il existe huit paires de nerfs spinaux à l'étage cervical, douze à l'étage dorsal, cinq à l'étage lombaire, cinq à l'étage sacré et un nerf coccygien.

Huit paires de nerfs spinaux cervicaux signifient que les racines C8 émergent entre la septième vertèbre cervicale et la première vertèbre thoracique, la racine C7 entre les sixième et septième vertèbres cervicales, etc.

A l'étage lombaire, la racine L5 émerge du fourreau dural un peu au-dessus ou au niveau du disque L4-L5. Elle sort du canal rachidien par le trou de conjugaison L5-S1. Ceci explique pourquoi une symptomatologie de souffrance radiculaire L5 peut être entraînée par une hernie discale un peu latéralisée L4-L5, comprimant L5 en regard du disque ou par une hernie L5-S1 très latéralisée foraminale.

La racine S1 émerge du fourreau dural un peu au-dessus ou au niveau du disque L5-S1. Elle sort du canal rachidien par le premier trou sacré.

1.3. Quelques particularités anatomiques au niveau des trous de conjugaison

Afin de bien comprendre d'une part la localisation des racines à l'intérieur de chaque trou de conjugaison et d'autre part quelle est la meilleure utilisation des contrastes dans les techniques d'imagerie, deux notions apparaissent importantes :

* les racines cervicales sont situées à la partie inférieure du trou de conjugaison (elles sont horizontales et sortent directement), tandis que les racines lombaires sont situées à la partie supérieure du trou de conjugaison (elles sont verticales, comme tirées vers le haut et sortent donc le plus vite possible, c'est à dire le plus haut possible dans le trou de conjugaison, juste en sous-pédiculaire).

* l'élément essentiel du contenu des trous de conjugaison cervicaux est constitué par les plexus veineux et la graisse est relativement peu abondante (on devra donc injecter du produit de contraste en scanner pour voir les racines et on utilisera en IRM des séquences permettant de visualiser les flux lents), tandis qu'au niveau des trous de conjugaison lombaires l'élément essentiel du contenu est la graisse et à un moindre degré des veines (on utilisera donc le contraste naturel de la graisse aussi bien en scanner qu'en IRM).

2. BREF HISTORIQUE DE L'EXPLORATION DE LA MOELLE ET DES RACINES

2.1. Les explorations radiologiques conventionnelles

Afin de visualiser la moelle et les racines, la seule technique de radiologie conventionnelle était d'injecter dans les espaces sous-arachnoïdiens un produit de contraste non neuro-toxique ou d'utiliser l'air comme produit de contraste (myélographie gazeuse).

2.2. Le scanner

Celui-ci a pu apporter des éléments d'informations intéressants au niveau de la partie haute du rachis cervical et surtout très rapidement pour l'étude des hernies discales cervicales en particulier sans et après injection de produit de contraste.

Au niveau lombaire, le scanner a très rapidement démontré qu'il était très compétitif. Par contre, il a toujours été médiocre au niveau de la moelle thoracique. Cependant, un grand renouveau est intervenu avec les myéloscanners, en particulier avec les reconstructions dans les différents plans de l'espace après acquisition volumique.

2.3. L'imagerie par résonance magnétique

Concernant la moelle, c'est devenu l'examen de référence, car il est anodin, particulièrement performant, puisque l'on peut voir la moelle dans sa totalité et qu'aucune autre exploration n'apporte une telle qualité d'informations.

Pour les explorations radiculaires, il est devenu un examen très performant, aussi bien à l'étage cervical, qu'à l'étage lombaire. Permettant d'associer les acquisitions dans tous les plans de l'espace, il apporte souvent plus d'informations que le scanner. Celui-ci conserve encore un certain nombre d'indications, en particulier lorsque l'étude de la morphologie osseuse du canal rachidien est importante ou indispensable pour les indications thérapeutiques.

3. TECHNIQUES ET RÉSULTATS NORMAUX

3.1. La myélographie et la saccoradiculographie

3.1.1. Les techniques

Depuis l'introduction du scanner et surtout de l'IRM, ces techniques sont beaucoup moins fréquemment utilisées. Plus précisément, les seules indications d'utilisation de la myélographie en pathologie médullaire sont, actuellement, les contre-indications à l'IRM.

En pathologie radiculaire, il persiste encore quelques indications à une exploration invasive. En particulier, la saccoradiculographie garde une place surtout pour la mise en évidence de certaines compressions radiculaires, qui n'apparaissent qu'en position debout.

3.1.2. Les produits de contraste

Les seuls produits utilisés sont des produits de contraste tri-iodés non ioniques de basse osmolarité. Les concentrations utilisées sont choisies entre 200 mg d'iode par ml et 300 mg d'iode par ml. Les produits les moins concentrés (200 mg d'iode par ml) sont habituellement réservés aux myéloscanners. Les saccoradiculographies sont habituellement réalisées avec des concentrations de 240 mg par ml. Les études cervicales par voie lombaire nécessitent des concentrations souvent plus élevées entre 250 et 300 mg d'iode par ml.

Rappelons ici que les produits de contraste ioniques sont neuro-toxiques et que leur utilisation intempestive par injection intra-thécale provoque des accidents très graves pouvant être mortels.

Dans tous les cas, il ne faut pas dépasser chez l'adulte un total de 3000 mg d'iode, les quantités injectées variant donc entre 8 et 15 cm3. Pour la myélo-saccoradiculographie, le produit est injecté par ponction lombaire, habituellement en L2-L3, le patient en position assise avec une aiguille la plus fine possible, 22, 23 voire 25G.. La scopie télévisée permet de surveiller l'injection. Les clichés sont réalisés de face, de profil et en oblique afin de bien dégager les racines lombaires et les gaines.

Ces clichés sont refaits en position debout, ce qui permet de mieux visualiser les éventuels conflits discoradiculaires. Enfin, il convient de réaliser systématiquement des clichés du cône médullaire de face et de profil après avoir progressivement basculé le patient en Trendelenbourg.

Les myélographies cervicales sont au mieux réalisées par ponction latéro-cervicale C1-C2, ce qui nécessite une scopie à rayon horizontal. Il est également possible de réaliser la myélographie cervicale par voie lombaire, en basculant progressivement le patient afin d'amener le produit de contraste en cervical.

Ces techniques de myélographies cervicales devraient être totalement substituées par les explorations IRM, sauf lorsqu'il existe une contre-indication absolue à l'IRM (pacemaker cardiaque, corps étranger métallique intra-orbitaire, clip vasculaire ferromagnétique...).

Enfin, toujours dans le cadre d'une contre-indication absolue à l'IRM, on peut éventuellement être amené à réaliser une myélographie dorsale, habituellement par ponction lombaire.

3.1.3. Résultats normaux

La figure 1-A montre l'aspect d'une myélographie cervicale normale en incidence de 3/4. La moelle cervicale est visible en "négatif" avec l'aspect caractéristique du renflement cervical. Sur cette incidence de 3/4, les racines droites sont bien visibles, présentant un trajet presque horizontal vers les canaux de conjugaison.

La figure 1-B montre l'aspect normal d'une saccoradiculographie en incidence de 3/4. A ce niveau, on visualise les racines de la queue de cheval. A chaque étage, les racines lombaires sortent du canal rachidien, en passant sous le pédicule de la vertèbre de même numéro (racine L1 sous le pédicule de L1, etc).

A B

Figure 1 : myélographies. A : myélographie cervicale - B : saccoradiculographie

3.2. Examens scanographiques de la moelle et du rachis

L'examen scanographique a toujours été de fort médiocre qualité dans l'exploration de la moelle dorsale. Aujourd'hui, cette exploration ne se justifie qu'exceptionnellement, l'IRM apportant toutes les informations nécessaires. Par contre, le scanner est un examen informatif sur la morphologie osseuse et discale des rachis cervicaux et lombaires. C'est aussi un bon examen pour étudier les compressions radiculaires à ces deux étages.

3.2.1. Technique

D'une façon générale, rappelons que le mode radio de profil au niveau des rachis cervical et lombaire et de face dans les exceptionnelles explorations dorsales est bien sûr indispensable afin de pouvoir localiser les coupes scanographiques.

De plus, les modes-radios permettent de déterminer l'obliquité du statif afin d'avoir un rayonnement parallèle au disque intervertébral exploré. Le mode radio avec le repérage est nécessaire pour le clinicien et il convient de trouver absolument un mode de présentation très facile à lire pour faciliter le repérage pour le médecin correspondant.

Les scanographes à rotation continue permettent des acquisitions hélicales volumiques. A partir de ces acquisitions, l'on peut effectuer des reconstructions multiplans qui sont en particulier intéressantes pour les myéloscanners aussi bien lombaires que cervicaux.

A partir de ces acquisitions volumiques, il est également possible de faire des véritables reconstructions osseuses 3D qui peuvent être très utiles pour visualiser dans l'espace des anomalies osseuses.

3.2.2. L'exploration du rachis cervical

Après avoir correctement calé la tête du patient, il convient d'exercer une traction continue sur les bras afin de diminuer les artefacts au niveau de la partie inférieure du rachis cervical.

L'examen se fait sans injection de produit de contraste, mais, comme nous l'avons vu dans le rappel anatomique, si l'on souhaite visualiser une hernie discale et / ou la racine au niveau des foramens, il est indispensable de pratiquer une injection intra-veineuse de produit de contraste afin d'opacifier les plexus veineux de l'espace épidural antérieur et des foramens. Les coupes seront les plus fines possibles (1 ou 2 mm), jointives et parallèles au plan du disque.

L'injection de produit de contraste doit se faire avec un bolus rapide (60 ml en 3ml/sec, en répétant éventuellement le bolus, si l'acquisition n'est pas assez rapide). Chaque coupe sera visualisée sur le film-laser en fenêtres parties molle et osseuse.

3.2.3. L'exploration du rachis lombaire

Le patient est installé en décubitus dorsal, les jambes demi-fléchies. L'injection de produit de contraste n'est pas utile en pathologie discale ou ostéo-discale non opérée. L'indication la plus fréquente est la recherche de hernie discale devant une symptomatologie radiculaire (souvent sciatique L5 ou S1). On explore au minimum 4 étages (de L2-L3 à L5-S1).

Les coupes sont programmées sur le mode-radio dans l'axe des disques, allant du niveau sous pédiculaire sus-jacent au niveau pédiculaire sous-jacent. L'épaisseur de coupe la plus appropriée est 3 millimètres. Les coupes doivent être jointives.

Il est indispensable de bien voir à chaque niveau la partie supérieure des foramen, le disque et les récessus latéraux. Comme à l'étage cervical, chaque coupe doit être étudiée en fenêtre tissu mou et en fenêtre osseuse.

En cas de recherche de canal étroit, le mieux est d'effectuer des coupes jointives (voire une acquisition hélicale) du rachis lombaire à partir de L2. L'on pourra ensuite effectuer des reconstructions dans tous les plans de l'espace.

L'étude d'une récidive de sciatique opérée doit se faire sans et avec injection de produit de contraste, afin de tenter de différencier un fragment discal d'une fibrose post-opératoire.

3.2.4. Résultats normaux

La figure 2 montre l'aspect d'un examen tomodensitométrique cervical normal. A ce niveau, la moelle est visible sans injection intra-thécale au sein des espaces sous-arachnoïdiens. La figure 2-A montre une coupe passant par les foramens sans injection de produit de contraste et la figure 2-B la même coupe après injection de produit de contraste. On observe une prise de contraste des veines foraminales et épidurales. La figure 2-C montre une coupe passant par un disque en fenêtre tissus mous. La même coupe est visualisée sur la figure 2-B en fenêtre osseuse.

A

B

C

D

Figure 2 : exploration tomodensitométrique cervicale. A : coupe foraminale sans injection de produit de contraste - B : coupe foraminale après injection de produit de contraste - C : coupe discale en fenêtres tissus mous - D : coupe discale en fenêtres osseuses.

La figure 3 montre un examen tomodensitométrique lombaire normal en fenêtre tissus mous. La figure 3-A correspond à une coupe discale. Il faut noter qu'à l'étage lombaire le sac dural est silhouetté par la graisse épidurale. La figure 3-B montre l'aspect d'une coupe foraminale. Les racines, qui sortent par les foramens sont bien visibles puisqu'elles sont entourées par du tissu graisseux.

A

B

Figure 3 : examen tomodensitométrique du rachis lombaire. A : coupe discale - B : coupe foraminale.

La figure 4 montre des myéloscanners obtenus avec un appareil tomodensitométrique de dernière génération permettant la réalisation d'acquisition volumique hélicale. La figure 4-A montre l'aspect d'un myéloscanner cervical, reformaté dans un plan frontal. Les racines droites normales, se dirigeant vers les foramens, sont parfaitement visualisées. A gauche, il faut noter l'existence de méningocèles (le patient avait un arrachement du plexus brachial d'origine traumatique). La figure 4-B montre un myéloscanner dorsal reformaté en coupes sagittales. La moelle est visible en négatif, silhouettée par les colonnes de LCR pré et rétro-médullaires qui sont opacifiées par le produit de contraste injecté en intra-thécal. La figure 4-C montre un myéloscanner en coupes axiales au niveau du cône terminal. Le cône, entouré par les racines de la queue de cheval qui s'en détachent, présente un aspect en "crabe" caractéristique.

A

B

C

Figure 4 : exemples de myéloscanners. A : myéloscanner cervical - B : myéloscanner dorsal - C : myéloscanner lombaire.

3.3. IRM

3.3.1. Généralités

L'IRM est l'examen de choix dans l'exploration de la pathologie médullaire puisqu'elle permet la réalisation directe de coupes sagittales ainsi qu'une visualisation de la moelle sans utilisation de produit de contraste intra-thécal. Elle permet de plus l'analyse du tissu médullaire qui est impossible avec toute autre exploration. L'apport de l'IRM dans l'exploration de la pathologie radiculaire est moins net du fait de la mauvaise visualisation en IRM de l'os compact et donc des ostéophytes. Cet examen tend cependant actuellement à supplanter le scanner même en pathologie radiculaire, surtout en postopératoire.

Il est difficile d'obtenir un examen de bonne qualité en pathologie médullaire. L'utilisation d'antennes de surfaces est indispensable. A l'heure actuelle, de nombreux constructeurs développent des antennes en réseau de phase qui permettent l'exploration, au cours d'un même examen de la totalité de la moelle et du rachis sans déplacer le patient. L'utilisation d'un appareil d'IRM à haut champ magnétique (1 à 1.5 Tesla) est souhaitable afin de pouvoir obtenir des coupes fines. La difficulté de la réalisation d'un examen par IRM tient à la petite taille des structures étudiées ainsi qu'à l'existence de nombreux artefacts de flux et de mouvement. Ces artefacts sont surtout gênants au niveau du rachis dorsal. Ils sont liés aux battements du LCR, qui sont maximum au niveau de la moelle thoracique, ainsi qu'au flux sanguin dans le coeur et les gros vaisseaux. Ces artefacts s'observent principalement en séquence pondérée en T2 ou en séquence pondérée en T1 après injection de produit de contraste paramagnétique. Au niveau du rachis cervical, il peut exister des artefacts liés aux mouvements de déglutition du patient.

De nombreuses techniques ont été développées pour améliorer les images en diminuant ces artefacts. Les méthodes utilisant la synchronisation cardiaque sont de moins en moins utilisées du fait de leurs difficultés de mise en oeuvre et de leurs résultats inconstants. Les techniques les plus souvent utilisées sont les méthodes de saturation dans le plan de coupes, l'utilisation de gradients compensateurs du flux et la réduction des temps d'écho grâce au développement d'appareils ayant des gradients plus performants.

3.3.2. Réalisation des examens

La préparation du patient est fondamentale et passe par un interrogatoire personnalisé permettant de vérifier l'absence de contre-indications à la réalisation de l'IRM (pacemaker, clips vasculaires, implants métalliques..). L'installation du patient sur l'antenne de surface doit être méticuleuse en vérifiant soigneusement l'alignement du rachis dans le plan sagittal. Le centrage sera fait au milieu de la zone à étudier (régions cervicale, thoracique ou lombaire).

3.3.3. Types de séquences utilisées

Séquences de repérage. Il s'agit de séquences en écho de gradient très rapides (quelques secondes) destinées à positionner les coupes. Elles sont réalisées quelque soit l'étage étudié dans le plan coronal afin de positionner les coupes sagittales.

Coupes sagittales pondérées en T1. Ce sont les coupes de base, réalisées au début de l'examen. Elles permettent une visualisation globale de l'ensemble de la moelle à l'étage étudié ainsi qu'une bonne étude des corps vertébraux et des disques.

Coupes sagittales pondérées en T2. Actuellement on utilise des séquences en écho de spin rapide (fast spin écho ou FSE) qui permettent dans un temps d'acquisition raisonnable d'obtenir des coupes fines avec un excellent rapport signal/bruit et relativement peu artefacts de flux. Ce type de séquence permet de visualiser la moelle ainsi que les colonnes de liquide céphalo-rachidien (LCR) pré et rétro médullaires qui sont en hypersignal (effet myélographique). On visualise également le retentissement sur ces colonnes des saillies discales ou ostéo-discales.

Récemment, certains constructeurs proposent la réalisation de séquence de FSE volumique. On peut ainsi obtenir des coupes sagittales jointives extrêmement fines qui peuvent ensuite être reformatées dans n'importe quel plan de l'espace.

Coupes axiales en séquence pondérée en T1. Ce type de coupes peut être utilisé pour étudier la moelle ou les racines. Pour l'étude de la moelle, il vaut mieux pratiquer des coupes assez épaisses (6 à 7 mm) afin d'augmenter le rapport contraste/bruit. Par contre, l'étude des racines demande la réalisation de coupes fines (3 à 5 mm). L'étude des racines en séquence axiale pondérée en T1 est intéressante surtout à l'étage lombaire où le contenu du canal de conjugaison est principalement graisseux. L'étude des racines et des disques se fait au mieux en inclinant les coupes dans le plan de chaque disque à l'aide d'acquisitions multi-angles - multi-coupes.

Coupes axiales ou axiales obliques en séquence pondérée en T2*. Ce type de séquence permet d'obtenir un effet myélographique sur des coupes axiales. Elle permet également une bonne visualisation des disques. Le problème dans l'utilisation de ces séquences est l'existence artefacts de susceptibilité magnétique au niveau des interfaces os - tissu mou qui peuvent majorer des sténoses. Ces séquences peuvent également être utilisées en mode d'acquisition 3D et on obtient ainsi une pile de coupes très fines qui peuvent ensuite être reformatées dans n'importe quel plan de l'espace.

Séquence avec saturation de la graisse. La saturation de la graisse s'utilise principalement en séquence pondérée en T1 après injection de produit de contraste paramagnétique et permet de distinguer une prise de contraste pathologique du signal graisseux des corps vertébraux.

Injection de produit de contraste paramagnétique. En pathologie médullaire ou intradurale extra-médullaire, l'injection de produit de contraste paramagnétique est fondamentale permettant de mettre en évidence certaines lésions, en particulier les tumeurs intradurales extra-médullaires et de mieux analyser les lésions intra-médullaires. L'injection de produit de contraste paramagnétique est aussi utile pour analyser les racines cervicales grâce à la visualisation des plexus veineux.

3.3.4. Suggestions de protocoles

1) Pathologie médullaire (étages cervical, thoracique ou cône terminal)

a- Acquisition de coupes frontales de repérage en séquence d'écho de gradient.

b- Coupes sagittales en séquence pondérée en T1.

c- Coupes sagittales en séquence de fast spin écho pondérée en T2.

d- Coupes sagittales en séquence pondérée en T1 après injection de produit de contraste paramagnétique.

e- Coupes axiales obliques en séquence pondérée en T1 après injection de produit de contraste paramagnétique centrées sur les anomalies observées sur les séquences précédentes.

2) Pathologie radiculaire

Etage cervical

a- Acquisition de coupes frontales de repérage en séquence d'écho de gradient.

b- Coupes sagittales en séquence pondérée en T1.

c- Coupes sagittales en séquence de fast spin écho pondérée en T2.

d- Coupes axiales obliques ou en acquisition volumique en séquence pondérée en T2* dans l'axe des disques pathologiques.

e- L'examen peut être complété par la réalisation de coupes axiales obliques pondérées en T1 dans l'axe des disques après injection de produit de contraste paramagnétique.

Etage lombaire

a- Acquisition de coupes frontales de repérage en séquence d'écho de gradient.

b- Coupes sagittales en séquence pondérée en T1.

c- Coupes sagittales en séquence de fast spin écho pondérée en T2, éventuellement en acquisition volumique qui pourra être ensuite reformatée. Ce type de séquence permet souvent une très belle visualisation des racines lombaires et sacrées.

d- Coupes axiales obliques en séquence pondérée en T1 dans l'axe des disques étudiés.

e- Coupes sagittales pondérées en T1 après injection de produit de contraste paramagnétique.

f- Coupes axiales obliques en séquence pondérée en T1 après injection de produit de contraste paramagnétique.

L'injection de produit de contraste en pathologie discale lombaire n'est justifiée que pour l'exploration post-opératoire.

3.3.5. Résultats normaux

La figure 5 montre l'aspect en IRM de la moelle cervico-dorsale, explorée avec une antenne de type réseau de phase qui permet de visualiser la quasi-totalité de la moelle (du trou occipital à T11) en une seule acquisition. La figure 5-A est une coupe sagittale en séquence pondérée en T1. La moelle présente un signal grisé, les colonnes de LCR pré et rétro-médullaires apparaissent en hyposignal. La graisse épidurale est visible au niveau du rachis dorsal sous la forme d'un hypersignal intense derrière la colonne de LCR rétro-médullaire. L'examen n'est pas strictement normal car le patient présente de discrètes protrusions discales cervicales. La figure 5-B montre le même patient en séquence sagittale pondérée en T2 (acquisition de type FSE). La moelle présente un hyposignal par rapport aux colonnes de LCR pré et rétro-médullaires qui sont en hypersignal (effet pseudo-myélographique).

A

B

Figure 5 : exploration de la moelle cervico-dorsale en IRM. A : coupe sagittale en séquence pondérée en T1 - B : coupe sagittale en séquence de fast spin écho pondérée en T2

La figure 6 montre l'aspect de coupes axiales en séquence d'écho de gradient pondérée en T2* (acquisition volumique). La figure 6-A correspond à une coupe passant par un disque intervertébral (son signal est un peu plus élevé que celui de l'os compact). Le LCR est en hypersignal et la moelle apparaît en hyposignal au centre du canal rachidien. La qualité de l'examen permet la visualisation des radicelles qui convergent en direction du foramen. La figure 6-B montre l'aspect d'une coupe foraminale. L'hypersignal intra-foraminal est dû principalement aux plexus veineux à circulation lente.

A

B

Figure 6 : coupes axiales en séquence pondérée en T2* au niveau du rachis cervical.: coupe discale - B : coupe foraminale.

La figure 7 montre l'aspect d'un examen IRM du rachis lombaire. La figure 7-A est une coupe sagittale en séquence pondérée en T1. L'extrémité du cône terminal se projette en regard de la vertèbre L1. Les racines de la queue de cheval sont visibles à la partie postérieure du sac dural. La graisse épidurale postérieure est bien visible, en arrière du sac dural et entre les apophyses épineuses. La figure 7-B montre une IRM lombaire en incidence sagittale pondérée en T2 (séquence FSE). L'examen a été réalisé en haute résolution (512x256) ce qui permet une très belle visualisation des racines de la queue de cheval. La figure 7-C montre une coupe axiale en haute résolution en séquence pondérée en T2 (séquence FSE) passant par la vertèbre L2. Les racines de la queue de cheval sont bien visibles à la partie postérieure du canal rachidien. Les figures 7-D et 7-E montrent l'aspect du rachis lombaire au niveau L5-S1 en coupes axiales pondérées en T1. La figure 7-D correspond à une coupe foraminale passant par la vertèbre L5. Les racines L5, qui viennent de passer sous les pédicules de la vertèbre, sont bien visibles au niveau de leur sortie du canal de conjugaison, silhouettées par la graisse foraminale. La figure 7-E montre l'aspect de la coupe discale L5-S1. Les deux gaines radiculaires des racines S1 sont visibles en arrière du disque L5-S1, silhouettées par la graisse épidurale.

A

B

C

D

E

Figure 7 : exploration IRM du rachis lombaire. A : coupe sagittale pondérée en T1 - B : coupe sagittale pondérée en T2 (FSE) - C : coupe axiale en séquence pondérée en T2 passant par la vertèbre L2 - D : coupe axiale en séquence pondérée en T1 à l'étage L5-S1 (coupe foraminale) - E : même séquence, même orientation, coupe discale.

4. BIBLIOGRAPHIE

1- MANELFE Claude - Imagerie du Rachis et de la Moelle - Vigot - 1990 - 801 pages

2- HALIMI Philippe - Imagerie de la Moelle et du Rachis - Médecine-Sciences Flammarion - 1992 - 436 pages

3- BOSSY Jean - Anatomie Clinique : Neuro-anatomie - Springer-Verlag - 1989 - 475 pages