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EXPLORATION RADIOLOGIQUE DE L'URETRE

C. PANGAUD, O. ROUVIERE, D. LYONNET Hopital E. Herriot - Lyon

Le diagnostic des anomalies urétrales repose toujours actuellement sur les méthodes radiologiques conventionnelles. Quelle que soit la méthode d'opacification utilisée l'objectif est d'obtenir une opacification urétrale de qualité par la réalisation de clichés d'urétrographie mictionnelle (au cours d'une UIV, d'une cysto-urétrographie rétrograde ou suspubienne), complétés selon les cas et la technique par une étude rétrograde de l'urètre antérieur (urétrographie rétrograde). L'UIV reste l'examen de base et de première intention compte tenu de l'exploration "physiologique" du haut et du bas appareil qu'elle permet de réaliser. L'apport des autres méthodes d'imagerie telles que l'échographie, la tomodensitométrie, l'IRM reste limité à quelques indications spécifiques et toujours en complément de l'urétrographie.

1. TECHNIQUES D'EXPLORATION

Quelle que soit la technique utilisée, des clichés sans préparation et pré-mictionnels sont systématiques.

1.1. L'UIV

L'urétrocystographie descendante représente le dernier temps de l'UIV après obtention d'une réplétion vésicale suffisante et d'une concentration de produit de contraste adéquate (obtenue par l'injection intraveineuse d'une dose de 2 ml par KG de poids d'un produit à 38% d'iode).

Les clichés permictionnels sont réalisés au cours d'une miction franche et ininterrompue jusqu'à son terme. Chez l'homme, les clichés sont réalisés en incidence oblique postérieure, debout, parfois en décubitus. Chez la femme la position verticale, de profil, assise avec un matériel adapté est de règle.

Une urétrographie rétrograde peut compléter l'examen au décours de l'UIV si le remplissage urétral est insuffisant (obstacle de la région cervicale, obstacle sur le trajet urétral).

1.2. Méthodes d'opacification directe de l'urètre masculin

Elles sont indiquées lorsque l'UIV n'a pas permis d'obtenir des clichés satisfaisants (insuffisance rénale, résidu post mictionnel trop important, miction insuffisante ou non contrôlée), ou dans certains cas d'emblée lorsqu'une étude spécifique de l'urètre est nécessaire dans le cadre d'une pathologie du bas appareil (contrôle après intervention sur l'urètre ou la prostate, lésions post traumatiques), parfois chez un patient insuffisant rénal.

1.2.1. Urétrographie rétrograde

L'examen effectué après vidange vésicale est réalisé après mise en place d'une sonde dans l'urètre juxta méatique (sonde à ballonet 12 CH). L'injection de produit de contraste est réalisée à l'aide d'un dispositif de perfusion, la pression d'injection étant contrôlée afin d'éviter une effraction urétrale. Cette technique d'opacification rétrograde permet d'obtenir un remplissage satisfaisant de l'urètre antérieur qui représente la première phase de l'urétrocystographie rétrograde. Les clichés d'urétrographie mictionnelle après désondage sont réalisés dans des conditions identiques à l'UIV.

Les complications traumatiques de cet examen sont essentiellement représentées par les effractions de la muqueuse urétrale (opacification des structures vasculaires péri-urétrales, des réseaux veineux périnéaux et pelviens) résultant en général d'une pression d'injection mal contrôlée ; elles sont favorisées par les urétrites et les obstacles de type sténose ou contraction du sphincter strié.

1.2.2. Cysto-urétrographie sus-pubienne

L'introduction du produit de contraste s'effectue par ponction directe de la vessie par voie percutanée sus pubienne. Une technique rigoureuse de cathétérisme sur une vessie bien remplie est indispensable.

1.3. Méthodes d'opacification directes de l'urètre féminin

1.3.1. La cysto-urétrographie rétrograde

La briéveté de l'urètre féminin permet de placer très facilement après désinfection locale, une petite sonde vésicale (sonde 18 cm 12 CH). L'opacification est assurée par une tubulure de perfusion raccordée à un flacon de produit de contraste. L'étude mictionnelle est effectuée en position debout après retrait de la sonde selon les mêmes règles techniques que les clichés réalisés au décours d'une UIV

1.3.2. L'urétrographie rétrograde

Elle ne s'impose qu'exceptionnellement : exploration de lacunes ou diverticules urétraux, duplication urétrale.

2. PRINCIPAUX ASPECTS NORMAUX

2.1. Urètre masculin

2.1.1. Etude mictionnelle de l'urètre masculin

Au cours d'une miction franche, les variations physiologiques du calibre urétral sont visibles sur les clichés et permettent de distinguer les différents segments anatomiques de l'urètre.

Le col vésical ouvert forme une image d'entonnoir qui, en fin de miction, se confond avec le canal trigonal. L'extrémité de cet entonnoir représente l'orifice supérieur de l'urètre prostatique. L'urètre prostatique, légèrement renflé à sa partie moyenne, a un aspect fusiforme. La saillie du veru montanum se traduit au niveau de sa face postérieure par une lacune allongée à grand axe vertical, prolongée vers le bas par une ou deux lignes claires plus ou moins divergentes (crête urétrale et replis muqueux). La saillie du veru permet de reconnaître 3 segments : susmontanal, montanal et sousmontanal. L'urètre membraneux est un segment court et étroit, à bords parallèles, situé entre deux zones plus larges (segment prostatique et bulbaire). Son extrémité proximale est souvent impossible à individualiser de l'urètre sous montanal. Un relâchement incomplet du sphincter strié provoque un retrécissement plus ou moins marqué des segments sousmontanal et membraneux. L'urètre antérieur a des bords réguliers. Le cul de sac bulbaire, à son extrémité postérieure, est un segment modérément élargi. La fossette naviculaire se traduit par une petite zone dilatée, ovalaire, située immédiatement avant le méat, dont la largeur est variable avec la position de la verge. Un jet large est normalement visible au delà du méat.

2.1.2. Etude rétrograde de l'urètre masculin

L'aspect observé au cours d'une injection rétrograde est très différent du précédent et ne correspond pas à l'image "physiologique" de l'urètre. Ces particularités morphologiques sont liées à l'obstacle relatif que constitue le segment membraneux étroit, souvent associé à un relâchement incomplet du sphincter strié. L'urètre antérieur (distendu par la pression d'injection en amont de l'obstacle membraneux) apparaît plus large que sur les clichés mictionnels. Au niveau du cul de sac bulbaire le calibre de l'urètre s'effile brutalement en changeant de direction avant le segment membraneux. L'urètre postérieur est habituellement mal rempli par le mince filet de produit de contraste qui franchit le segment membraneux.

2.2. Urètre féminin

2.2.1. Etude mictionnelle de l'urètre féminin

L'aspect typique est représenté par un canal fusiforme, dont la portion proximale, évasée, est située entre 2 zones étroites : l'une, très courte, juxtacervicale (extrémité de l'entonnoir cervical) et l'autre, distale, représentée par le segment intermédiaire (entourée d'un anneau fibreux). Un court segment rétroméatique plus ou moins évasé, inconstant, représente la fossette naviculaire.

A côté du type "fusiforme" habituel, on distingue le type "cylindrique" à bords parallèles, et le type "conique" où le col, largement ouvert en entonnoir, se poursuit par les bords de l'urètre qui se rapprochent progressivement jusqu'au niveau du méat.

2.2.2. Etude rétrograde de l'urètre féminin

Le remplissage de l'urètre par cette méthode est toujours très insuffisant et ne permet pas d'apprécier son véritable calibre.

3. PRINCIPAUX ASPECTS PATHOLOGIQUES

3.1. Urètre masculin

3.1.1. Les anomalies de nombre

L'absence d'urètre accompagne une absence de vessie. On peut à l'extrême, y inclure l'extrophie vésicale où l'urètre n'est pas totalement absent mais très court sans sa paroi antérieure.

Les dédoublements urétraux très rares complets (22 % des cas) ettoujours dorsal, incomplet (78 % des cas) ventral ou dorsal.

3.1.2. Les anomalies de dimension

3.1.2.1. Les anomalies de longueur

Les allongements, toujours acquis sont rares, soit par plastie, soit par étirement d'origine extrinsèque.

Les urètres courts sont essentiellement congénitaux, les épispadias et les hypospadias. Les épispadias sont caractérisés par un urètre court présentant un abouchement ectopique sur le dos de la verge. Les hypospadias sont caractérisés par un abouchement ectopique du méat urétral à la face ventrale de la verge, souvent associé à une sténose du méat.

3.1.2.2. Les anomalies de calibre

* Les dilatations : Elles peuvent être la conséquence d'une intervention antérieure (loge de résection, patch urétral) ou constituer des séquelles d'une lésion obstructive opérée.

* Les sténoses : Elles s'accompagnent toujours d'une dilatation d'amont et c'est même cette dilatation qui leur confère leur caractère pathologique. Il faut tout particulièrement insister en ce domaine sur la nécessité d'une miction franche et d'une verge bien déroulée. Rappelons que nombre de ces sténoses ne se voient pas ou se voient mal sur l'urétrographie rétrograde, surtout si elles ne siègent pas sur l'urètre antérieur.

Les causes congénitales essentiellement les valves de l'urètre postérieur liées à l'existence de deux replis latéraux muqueux, empêchent l'évacuation de l'urine dans son sens physiologique mais ne présentant pas de caractère obstructif au cours d'une injection rétrograde, les replis étant alors plaqués contre la paroi urétrale. Elles siègent au niveau de l'urètre prostatique, le plus souvent dans la région sous montanale (type I). Plus rarement, il s'agit de valves sus-montanales (type II) ou même d'un diaphragme transmontanal (type III).

Les sténoses post-traumatiques de l'urètre membraneux après fractures du bassin avec déplacement ; l'urètre est alors cisaillé par l'aponévrose moyenne du périné entraînée par les fragments osseux. Elles s'accompagnent volontiers de déformations : angulation, décalage, liées au déplacement des deux segments de l'urètre de part et d'autre de la rupture (intérêt des clichés de profil strict).

Les sténoses traumatiques iatrogènes qui sont actuellement les plus fréquentes et peuvent être secondaires à de multiples manoeuvres : toutes les interventions directes sur l'urètre, endoscopie, sonde urétrale à demeure. Dans tous les cas, le résultat est le même : c'est la survenue d'une cicatrisation scléreuse rétractile. Elles ont des localisations préférentielles : loge prostatique en cas de résection, urètre bulbaire où les traumatismes par fausse route sont fréquents, extrémité distale de l'urètre : méat et région rétro-méatique où les blessures par frottement sont assez habituelles.

Les causes infectieuses : les sténoses gonoccocciques sont devenues rares actuellement, elles sont classiquement multiples donnant un aspect moniliforme à l'urètre périnéal jusqu'à son segment bulbaire. Les sténoses tuberculeuses sont dans la quasi totalité des cas de siège périnéal postérieur (bulbaire). Leur aspect n'a rien de spécifique, il faut signaler l'association fréquente à des lésions de prostatite cavitaire. Les sténoses bilharziennes sont presque toujours périnéales postérieures. Leur diagnostic repose sur les signes radiologiques associés (calcifications vésico-urétérales et surtout sur l'anamnèse).

Les causes tumorales : souvent la tumeur n'est pas obstructive en raison de souplesse de l'urètre. De telles lésions se manifestent donc par des images lacunaires. C'est dire que les sténoses tumorales sont très rares, par un cancer prostatique.l'urètre postérieur apparaît alors étranglé et non laminé, les tumeurs vésicales végétantes, les tumeurs primitives de l'urètre (carcinomes).

Les autres causes sont exceptionnelles. Signalons simplement que les causes lithiasiques n'existent pratiquement pas au niveau de l'urètre. Un calcul urétral est, en effet, toujours secondaire à un rétrecissement préexistant.

3.1.3. Les anomalies de forme et de situation

Les compressions ou écrasements de l'urètre par les masses prostatiques qui déforment le segment postérieur prostatique. L'hypertrophie des lobes latéraux comprime l'urètre suivant une direction transversale et le lamine. Parfois, l'hypertrophie des lobules antérieurs (préurétraux) de la glande marque une encoche sur le bord antérieur de l'urètre initial. Le développement marqué ou préférentiel du lobe médian va refouler en avant le bord postérieur de l'urètre initial.

Du fait de la dysurie, élément majeur de la maladie prostatique, la miction n'est pas franche et l'aspect observé sur les clichés per mictionnels peut être différent des différents décrits. Le plus souvent le filet d'urine est postérieur, suivant la limite postérieure de l'urètre ; il décrit ainsi une courbe de situation très postérieure et très concave en avant qui fait parler, à tort, de refoulement postérieur de l'urètre par l'adénome alors que seul son bord postérieur est déplacé en arrière.

Certes un cancer, lorsqu'il s'étend jusqu'à l'urètre, donne des aspects différents dont certains ont été déjà décrits : urètre étranglé (c'est-à-dire étroit sous toutes les incidences) et non laminé, urètre rigide, vertical, souvent dévié latéralement sur le cliché de face, urètre à bords irréguliers, grignotés, lacunaires.

L'aspect de laminage régulier, même s'il est dans la grande majorité des cas observé dans un adénome, ne permet pas d'affirmer sans réserves ce diagnostic, pouvant s'observer dans une prostatite chronique.

Les autres compressions urétrales sont infiniment plus rares: les compresssions par des masses ou des collections périnéales (abcès, hématomes, phlegmons...), par des kystes sous-urétraux, par un diverticule urétral (cette compression apparaît en cours de miction, lorsque le diverticule se remplit sur le bord inférieur de l'urètre dans sa portion périnéale, plutôt postérieure).

3.1.4. Les images d'addition

Elles peuvent se définir comme la présence d'urine en dehors de la lumière urétrale normale.

3.1.4.1. Les poches urétrales bien limitées

Les diverticules congénitaux réalisent une lésion à caractères bien précis : uniques, à la face inférieure de l'urètre au niveau du segment périnéal, surtout postérieur, ovalaire, allongée sous l'urètre. Leur abouchement dans l'urètre est proximal, postérieur et se fait par une partie rétrécie (pédicule), leur extrémité antérieure est libre, terminée en cul-de-sac.

Les urétrocèles sont beaucoup plus fréquentes et presque toujours d'origine traumatique, presque toujours à la face inférieure de l'urètre et dans le segment périnéal, habituellement hémisphérique. La communication avec l'urètre est toujours très large : le plus souvent, elle se fait à plein canal, l'ouverture étant aussi large que la poche elle-même.

Les fausses routes siègent habituellement au niveau du cul-de-sac bulbaire ou de l'urètre périnéal est expliqué par leur pathogénie. L'aspect est voisin de celui d'une urétrocèle, parfois il est semblable à celui d'une fistule borgne avec un trajet irrégulier, dans d'autres cas se présente comme une image d'additioin "en doigt de gant" avec une ouverture à plein canal dans l'urètre.

Les fistules borgnes représentent des séquelles d'une ancienne fistule qui s'est incomplètement refermée.

L'opacifications des canaux glandulaires est une cause fréquente d'images d'addition urétrales qui peuvent se voir lors d'un obstacle en aval, au cours d'une infection, ou encore en l'absence de cause évidente et leur signification pathologique devient discutable. Les glandes intéressées sont la prostate, les glandes de Cowper, les glandes de Littre.

Les opacifications prostatiques ont des caractères communs : elles siègent au niveau de l'urètre postérieur, le plus souvent postéro-latérales et leur direction grossièrement perpendiculaire à l'axe de l'urètre. L'opacification des canaux glandulaires sont des images d'addition presque toujours multiples de forme cylindrique, souvent ramifiée. Les images d'addition diverticulaires ont la forme de petites poches, généralement de quelques millimètres de diamètre, régulières, s'ouvrant dans l'urètre par un canal plus étroit revêtant un aspect diverticulaire. Elles répondent à de petits abcès prostatiques évacués vers l'extérieur. Les grosses cavités creusant un lobe prostatique sont en général d'origine tuberculeuse. Rappelons qu'après résection prostatique, l'opacification des canaux prostatiques au cours de la miction est une constatation tout-à-fait habituelle.

Les glandes de Cowper des images d'addition allongées, parallèles à l'urètre, situées au-dessous et en dehors de lui dans sa portion périnéale postérieure (bulbaire), présentant un aspect coudé vers le haut. Lorsque l'opacification est complète, l'image se compose d'un canal long, terminé en arrière dans le voisinage de l'urètre membraneux par un petit bouquet de fines arborisations répondant aux canaux situés dans le parenchyme de la glande.

Contrairement au diverticule, le canal dilaté de la glande de Cowper a un siège habituellement plus postérieur, une situation un peu latéralisée, ne comprime pas l'urètre au cours de la miction, et surtout, son abouchement dans l'urètre se fait par son extrémité antérieure et non point postérieure, comme le diverticule.Sur le plan radiologique, du fait de leur situation latéralisée par rapport à l'urètre, les glande de Cowper opacifiées seront sur les clichés mictionnels pris en oblique, projetées, l'une au-dessous et en arrière de l'urètre (celle du côté soulevé) eet l'autre au niveau même de l'urètre, donc superposé à lui.

Les glandes de Littre sont de très petites glandes situées dans la paroi de l'urètre antérieure, surtout dans sa partie supérieure et dont l'opacification traduit pratiquement toujours une infection (urétrite chronique).

L'utricule prostatique (reliquat vaginal embryologiquement) est unique, siége à la face postérieure de l'urètre prostatique, médian, en forme de goutte renversée, oblique en haut et en arrière et s'ouvre par son extrémité antéro-inférieure effilée au centre de la lacune du veru montanum.

L'opacification des vésicules séminales et des déférents :

L'opacification des vésicules séminales donne des images d'addition uni ou bilatérale mais unique pour chaque côté, siégeant à la partie postéro-supéro-latérale de l'urètre prostatique, à bords irréguliers, marqués de profonds sillons.

Reflux dans un uretère en abouchement ectopique dans l'urètre : l'image d'addition est à la partie postéro-latérale de l'urètre prostatique, oblique en haut et en dehors et en arrière, remontant derrière la vessie.

3.1.4.2. Les extravasations

On peut en observer au niveau de l'urètre prostatique ou de l'urètre membraneux réalisant des flaques irrégulières dans le tissu cellulaire du pelvis. Elles sont presque toujours d'origine traumatique. En dehors de ces cas très particuliers, les extravasations se font essentiellement au niveau de l'urètre antérieur. Ce sont des extravasations dans le corps spongieux, ayant une grande tendance à diffuser, entourant l'urètre "en manchon". Elles sont drainées par les veines de la verge que l'on voit précocément s'opacifier pour rejoindre les plexus pelviens.

3.1.4.3. Les fistules urétrales

Elles peuvent se faire vers la peau : périnée, face inférieure de la verge, vers le rectum. Radiologiquement, elles revêtent l'aspect classique avec un trajet plus ou moins large, irrégulier, tomentueux, avec soit un écoulement vers l'extérieur soit une opacification rectale.

3.1.5. Les lacunes

Elle sont rares et les causes sont multiples.

-Les tumeurs primitives (épithéliomas) donnent beaucoup plus de sténoses que de lacunes, les tumeurs papillaires présentent des bords festonnés ou frangés et une base d'implantation nette, les polypes de l'urètre. Les condylomes siègent surtout au niveau du méat mais peuvent également envahir l'urètre surtout dans son segment antérieur.

L'envahissement de l'urètre par une tumeur prostatique ou vésicale n'est pas rare. Leur existence, non exceptionnelle, souligne l'intérêt majeur de l'étude mictionnelle chez les malades porteurs d'une tumeur vésicale, d'autant que l'étude endoscopique n'est pas toujours facile à réaliser.

- Les calculs Il n'y a pas de calculs urétraux primitifs et il est indispensable que se soit antérieurement développée une sténose qui empêche l'évacuation du calcul.

- Les caillots S'ils peuvent, lorsqu'ils sont gros, s'accumuler dans la vessie, ils stagnent rarement dans l'urètre car sont habituellement évacués.

3.2. Urètre féminin

3.2.1. Les anomalies de calibre

Il s'agit essentiellement de sténoses avec dilatation d'amont. Ces sténoses peuvent s'observer sur tout le trajet urétral mais se rencontrent surtout dans la moitié distale jusqu'au méat. Souvent le diagnostic reste hésitant, d'autant plus qu'il n'est pas rare d'observer des divergences entre les données du cliché radiologique et celles du calibrage instrumental.

Il faut pour évoquer l'hypothèse d'un rétrécissement significatif, deux éléments :

- une disparité de calibre nette, soit entre deux segments de l'urètre, soit entre l'urètre et le jet d'aval visible au-delà de l'urètre ;

- la présence d'un segment dilaté ayant une limite distale franche, légèrement convexe vers le bas.

Lorsque la zone suspecte se situe à la partie moyenne de l'urètre et se traduit par un rétrécissement progressif et bien centré, réalisant un aspect "en queue de radis", cela est caractéristique d'un relâchement incomplet du sphincter strié.

Les causes infectieuses et les causes traumatiques restent les plus habituelles.Des causes congénitales (valves urétrales) ont été rapportées. Des causes tumorales sont possibles.

3.2.2. Les images d'addition

Elles sont essentiellement représentées par les diverticules de l'urètre, ou poches sous-urétrales. Elles ne sont pas exceptionnelles chez la femme, surtout chez les malades consultant pour des infections urinaires basses récidivantes mais elles sont fréquemment méconnues si l'on ne réalise pas systématiquement une étude mictionnelle au cours des urographies intraveineuses.

Leur situation est assez fixe, le plus souvent à la partie moyenne de l'urètre et plus rarement dans le tiers distal ou le tiers proximal, habituellement postéro-latérale. Lorsque leur opacification est difficile, leur évacuation l'est aussi. C'est pourquoi il faut insister sur l'intérêt d'un cliché post-mictionnel immédiat, centré assez bas pour que l'urètre se projette sur le cliché.

3.2.3. Les lacunes

Elles sont rares, mais on peut observer des lacunes tumorales (les aspects radiologiques sont identiques à ceux décrits pour les tumeurs de l'urètre masculin), des caillots, des corps étrangers,une urétérocèle prolabée dans l'urètre. L'oedème muqueux présente un aspect strié longitudinalement (beaucoup plus souvent le fait d'un collapsus que d'un oedème muqueux). Il existe d'ailleurs, au niveau de l'urètre féminin, une crête longitudinale médiane postérieure qui contribue souvent, surtout lors d'une miction peu franche, à donner un aspect strié du conduit.

En fait, en matière d'urètre féminin comme d'urètre masculin, le problème technique est essentiel : une miction franche, avec une urine bien concentrée et des clichés de bonne qualité, résolvent la grande majorité des problèmes. Une technique déficiente ne permet, le plus souvent, pas de conclure et risque de faire méconnaître une grande partie de la pathologie.

4. AUTRES METHODES D'IMAGERIE D'EXPLORATION DE L'URETRE

Ces méthodes n'ont qu'un intérêt ponctuel et ne sont jamais envisagées en première intention.

4.1. L'échographie de l'urètre

Cet examen réalisable chez l'homme peut fournir des renseignements morphologiques et uro-dynamiques.

Par son approche tridimensionnelle de l'urètre, elle permet une appréciation morphologique satisfaisante de l'urètre antérieur. L'exploration est réalisée à l'aide d'une sonde 5 ou 7 MHz sur la face dorsale ou ventrale de la verge. L'instillation rétrograde de sérum physiologique permet l'étude de la lumière urétrale jusqu'au niveau du segment bulbaire (le maintien du remplissage se fait soit par une petite sonde de FOLLEY maintenue en place par le ballonnet gonflé dans la fossette naviculaire soit au cours d'une miction contrariée par la mise en place d'une pince à verge). L'apport de l'échographie peut résider dans l'appréciation de la longueur exacte d'une sténose lorsqu'on envisage la pose d'une endoprothèse urétrale, dans l'évaluation de la fibrose spongieuse associée qui pourrait avoir une incidence sur le schéma thérapeutique. L'échographie peut fournir une étude des tissus péri urétraux lors de processus pathologiques sténosants (fibrose cicatricielle), elle permet en outre de visualiser les poches annexielles de l'urètre (diverticule, urétrocèle et utricule), elle peut repérer la présence d'une éventuelle lithiase.

Le segment bulbaire peut être exploré par voie transcrotale et transpérinéale.

L'urètre postérieur peut être exploré par voie endorectale dans le plan longitudinal, l'étude mictionnelle fournissant une étude morphologique et dynamique de l'urètre prostatique.

4.2. L'IRM

Cette technique est essentiellement utilisée dans l'exploration de l'urètre féminin, la recherche d'extension locale de tumeur urétrale. Certains préconisent son intérêt dans le bilan des traumatismes de l'urètre postérieure afin d'évaluer la voie d'abord chirurgicale la mieux adaptée et le risque de dysfonctionnement de l'érection (évaluation des corps caverneux, déplacement du parenchyme prostatique).

4.3. La TDM

Elle fournit un complément d'informations en cas d'anomalie péri urétrale notamment chez la femme (poche sous urétrale, fistule). Elle peut permettre, en cas d'anomalie congénitale, de rechercher des malformations associées à des corps érectiles (racines des corps caverneux).

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