La dissection aiguë de l'aorte (DAA) est le résultat,
à partir d'une déchirure de l'intima, d'un clivage longitudinal
plus ou moins étendu de la média aortique. (fig. 1).
 |
Ce clivage aboutit à la création
:
- d'un chenal de dissection, alimenté par le flux sanguin
à partir de la porte d'entrée,
- séparé du chenal physiologique par le cylindre
interne,
- et limité à l'extérieur par le cylindre externe.
Le cylindre interne peut présenter plus ou moins loin vers l'aval,
d'autres déchirures analogues à la porte d'entrée,
que l'on nomme 'ré-entrées', et qui font 're'-communiquer
le chenal de dissection avec le chenal physiologique.
Une DAA n'est par contre jamais circonférentielle, et respecte
habituellement un 'mur' postérieur. |
La porte d'entrée siège dans plus de deux tiers
des cas sur l'aorte ascendante. Elle se présente comme une déchirure
intimale habituellement transversale, de plusieurs centimètres de
long. Des traits de refend sont cependant possibles. Cette porte d'entrée
peut aussi siéger sur la crosse, sur l'isthme, sur la descendante,
voire plus rarement sur l'aorte abdominale.
Le chenal de dissection progresse
de façon particulière le long de l'aorte, dans le sens
antérograde : (fig.2) d'abord antéro-droit sur l'ascendante,
il devient supérieur sur l'horizontale, puis postéro-gauche
sur la descendante, continuant à s'enrouler autour de son axe. L'extension
d'aval est très variable, mais elle peut être très
étendue, atteignant les fémorales. Cette progression hélicoïdale
explique l'atteinte préférentielle de certains axes vasculaires
: TABC, artère rénale gauche, ... Ces vaisseaux peuvent être
simplement comprimés à leur origine par le chenal de dissection
; ou être eux-mêmes disséqués. Ceci explique
les accidents ischémiques que l'on observe dans les DAA. Enfin,
il faut savoir qu'à partir d'une porte d'entrée, la progression
du processus disséquant peut aussi se faire dans le sens rétrograde.
C'est ainsi qu'à partir d'une porte d'entrée sur la crosse,
la dissection peut venir en rétrograde disséquer l'aorte
ascendante. |
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Lorsque l'ascendante est disséquée, la bascule du cylindre
interne vers l'axe de l'aorte peut être responsable du capotage d'une
des commissures de la valve aortique (qui s'attache sur lui), et induire
ainsi une
insuffisance aortique.
La dissection rétrograde vers le culot aortique peut, -mais
c'est rare-, intéresser les artères coronaires (moins de
7% des cas).
1.2 Classification
L'ensemble de ces lésions assez complexes a conduit plusieurs auteurs
à proposer des classifications, dont l'utilité est importante
pour prendre les décisions thérapeutiques. (fig.3).
1.2.1 La plus commune est celle de DE BAKEY, qui distingue trois types
:
- le type I : où la porte d'entrée siège sur 1'ascendante,
et dont le chenal de dissection s'étend plus ou moins loin au delà
de l'aorte ascendante ;
- le type II : où la porte d'entrée siège également
sur l'ascendante, mais où le chenal est limité à l'ascendante
(cette forme est rare) ;
- le type III : où la porte d'entrée siège en
aval de la sous-clavière gauche, sur la descendante, et où
le chenal s'étend plus ou moins loin vers l'aval.
1.2.2 Plus simple, et plus près de la réalité est
la classification de SHUMWAY :
- le type A regroupe toutes les dissections intéressant l'aorte
ascendante, quelque soit le siège de la porte d'entrée, et
quelle que soit l'étendue du chenal de dissection vers l'aval.
- le type B concerne toutes les autres dissections qui débutent
en aval de la sous-clavière gauche.
1.3 Fréquence
Elle est diversement appréciée, selon que l'on regarde des
séries autopsiques ou des séries cliniques.
Pour fixer les idées, on peut dire :
- que la fréquence globale serait de l'ordre de 5 à 10
par an et par million d'habitants ;
- que l'incidence autopsique serait de l'ordre de 2 à 3 pour
mille dans les hôpitaux généraux, et de 1% dans les
services de cardiologie.
Elle est observée avant tout dans la tranche d'âge 40
à 70 ans, et l'homme est touché trois fois plus que la femme.
Mais elle peut être rencontrée à tout âge, et
dans ces cas, les sexes sont à égalité.
1.4 Mécanismes étiologiques
Ia DAA est une affection mal élucidée, dont les mécanismes
intimes ne sont pas clairement établis.
Cependant, pour qu'une DAA puisse se produire, il est nécessaire
que préexistent des altérations de la média. Il s'agit
(de façon simplifiée) d'une part d'une raréfaction
et d'une fragmentation des fibres élastiques, et d'autre part, d'une
dégénérescence de cette média, sous forme de
vacuoles de substance mucoïde, parfois dénommée "média-nécrose
kystique".
Mais les causes de cette dégénérescence sont mal
connues :
- en dehors de syndromes particuliers, comme le syndrome de MARFAN,
où ces modifications de la média s'observent avec une fréquence
élevée ;
- plusieurs facteurs favorisants ont pu être invoqués
:
-
facteurs endocriniens, comme au cours de la grossesse ;
-
facteurs métaboliques, mais les DAA reproduites chez l'animal, à
partir de régimes carencés, n'ont jamais pu trouver d'équivalent
chez l'homme ;
-
facteurs hémodynamiques, et en particulier l'HTA. Mais si on retrouve
un pourcentage élevé d'HTA dans les DAA, (environ 70%), il
n'en demeure pas moins vrai qu'il n'a pu être établi aucun
lien de causalité reproductible entre l'HTA et les DAA.
Plus intéressantes sont les constatations de SCHLATMANN, qui à
partir d'examens autopsiques constate que la dégénérescence
de la média n'est pas spécifique de la DAA, et a tendance
à augmenter avec l'âge mais :
- qu'elles se rencontrent à un plus jeune âge chez les
sujets porteurs d'un MARFAN ;
- que la notion 'quantitative' lui paraît im portante, entre
les aortes disséquées et celles qui ne le sont pas ;
- que la notion d'impact hémodynamique joue certainement un
rôle, au moins sur la porte d'entrée ; plus de 60% des portes
d'entrée siègent en effet sur l'ascendante, au point d'impact
du jet sanguin éjectionnel du VG.
1.5 Pronostic
Le travail princeps de HIRST (1958) portant sur 505 cas de DAA non traitées
a révélé le pronostic effroyable de cette affection
: la mortalité est en effet de :
- 22% à la première heure ;
- 50% à la 48ème heure ;
- 70% à la fin de la première semaine ;
- 90% au troisième mois ;
- 95% à la fin de la première année.
Dans 90% des cas, la mort est en relation avec l'hémorragie
secondaire à la rupture du cylindre externe de l'aorte disséquée.
Cette rupture se fait dans plus de 70% des cas dans le péricarde.
2 Ce qu'il faut apprendre
2.1 Le diagnostic est facile à évoquer
dans une forme typique :
Devant la douleur initiale : (présente dans 80 à 95%
des cas)
- thoracique ;
- constrictive, intense, durable ;
- surtout évocatrice si elle est migrante (+++), d'abord thoracique,
puis dorsale et enfin abdominale.
Cette douleur aura d'autant plus de valeur qu'elle s'accompagnera
:
- d'un ECG normal ;
- de signes ischémiques transitoires ou non : accidents neurologiques
de type déficitaire ; ischémie d'un membre ; oligurie voire
anurie ;
- d'un souffle diastolique d'insuffisance aortique, surtout si l'on
avait la certitude qu'il n'existait pas auparavant.
Face à ce tableau fonctionnel plutôt riche, les constatations
d'examen sont pauvre :
- un état de choc est fréquent, mais rarement marqué
et durable ;
- il convient de rechercher une HTA, mais il faut savoir se méfier
d'un certain degré de collapsus, qui, chez un hypertendu habituel,
peut simuler des chiffres tensionnels normaux ;
- rechercher aussi (cf. supra) des signes d'ischémie, et un
souffle d'IA ;
- mais surtout rechercher des signes de tamponnade, qui constitueraient
un signe de gravité patent (dyspnée aggravée par le
décubitus ; turgescence des jugulaires ; gros foie sensible).
Dans ce contexte, la constatation, sur le cliché thoracique
de face, d'
un élargissement du médiastin serait de
très grande valeur, d'autant que serait également constatée
une image de double contour, au niveau du bouton aortique. on recherchera
également un épanchement pleural gauche (+ ou - abondant).
2.2 Devant un tel tableau, le doute n'est guère
permis :
Il faut transférer ce patient en milieu de chirurgie cardiaque
(en Unité de Soins Intensifs), sous couvert d'un traitement
antalgique puissant, et d'un traitement anti-hypertenseur, s'il en est
besoin. C'est là :
- que l'on pourra au mieux éliminer un piège diagnostique.
Dans la pratique, on ne discute guère que :
-
l'infarctus du myocarde, en raison du syndrome douloureux. Mais
les signes électriques sont là patents (signes d'ischémie
myocardique, réalisant au mieux l'onde de PARDI) ;
-
les ruptures d'un anévrisme de l'aorte thoracique, mais le
tableau de choc hémorragique est habituellement plus marqué
et plus durable, et la douleur initiale ne possède pas ce caractère
migrant si particulier.
-
plus 'piégeantes' sont les ruptures spontanées de l'aorte,
mais c'est là un accident exceptionnel, qui conduit à la
même attitude pratique.
2.3 C'est là que prennent place les examens d'imagerie
:
2.3.1 L'échocardiographie :
- permet un diagnostic de certitude (#80% des cas), en visualisant les
deux chenaux, et en révélant souvent les mouvements impressionnants
du cylindre interne ;
- vérifie l'existence ou non d'un hémopéricarde,
et son caractère compressif.
- C'est en outre un examen simple, facile à faire au lit, rapide,
et peu coûteux.
Dans les cas où cet examen n'apporte pas la certitude, il faut
alors se tourner vers d'autres investigations plus lourdes et plus coûteuses.
2.3.2 Le scanner :
- a amélioré ses performances, dans les conditions de l'urgence
;
- il est susceptible de fournir des images indiscutables, en montrant
sur les différentes coupes de l'aorte, les deux chenaux, et le cylindre
interne ;
- il précise l'extension vers l'aval ;
- comme l'échographie, il peut ne pas montrer avec certitude
le niveau de la porte d'entrée.
2.3.3 L'aortographie :
- vit actuellement des échecs des deux précédentes
méthodes ;
- sera réalisée de préférence en cinéma,
qui montrera mieux que des clichés fixes, l'opacification décalée
des deux chenaux, et dans le plus grand nombre de cas, la porte d'entrée.
- permet encore d'évaluer l'extension d'aval avec précision,
et dépiste les branches artérielles éventuellement
touchées par le processus disséquant.
2.3.4 Quant à l'IRM :
- elle est bien évidemment capable de donner d'excellentes images
d'une DAA ;
- mais, actuellement, elle ne se prête pas encore très
bien aux conditions d'examen en urgence d'un malade fragile.
2.4 Le traitement ne souffre aucun délai
2.4.1 Il est bien entendu, dans les types A (ou I et II), exclusivement
chirurgical, et conduit en urgence vraie.
2.4.1.1 Les principes de ce traitement :
- remplacer l'aorte ascendante, afin de mettre le patient à
l'abri de la cause première de décès, à savoir
la rupture de l'aorte en intra-péricardique ;
- emporter la porte d'entrée : ceci peut conduire, si elle n'est
pas retrouvée sur l'aorte ascendante, à étendre l'exploration
chirurgicale sur la portion horizontale de la crosse ;
- fermer le faux chenal vers l'aval, afin d'éviter la persistance
de son alimentation, et prévenir les risques d'évolutivité
ultérieure.
- le réaccolement des deux cylindres sera aussi conduit sur
le culot aortique, surtout s'il existe un capotage de l'une des commissures
de la valve aortique, afin de corriger la fuite aortique, sans avoir à
procéder au remplacement valvulaire.
2.4.1.2 La réalisation pratique :
- l'une des difficultés techniques de cette chirurgie a longtemps
été liée à l'extrême fragilité
de la paroi aortique, responsable d'hémorragies per ou post-opératoires
qui ont grevé la mortalité de ce type d'intervention. Ce
problème a été transformé par l'introduction
de colles biologiques, qui ont permis une reconstitution solide de l'aorte.
- l'intervention est conduite sous circulation extra-corporelle (CEC),
et pendant le temps du clampage aortique (donc de l'ischémie myocardique)
la protection du myocarde est assurée par différents procédés
dont le plus répandu est la cardioplégie froide. En cas d'extension
sur la crosse, différentes techniques permettent d'assurer la protection
de la vascularisation cérébrale.
- vers l'aval, le chenal de dissection est soigneusement "encollé",
et les deux cylindres suturés l'un à l'autre, avant d'y solidariser
l'extrémité distale du tube de dacron, afin de reconstituer
une aorte "normale" ; (fig.4A) ;
- vers l'amont, une réparation identique est entreprise si un
certain degré de dissection rétrograde s'est produit, et
en tout cas dès qu'il existe une insuffisance aortique en relation
avec la bascule du cylindre interne et d'une commissure valvulaire.
- le remplacement de l'aorte est assuré par un tube de tissu
synthétique (dacron tissé étanche), suturé
à ses deux extrémités en termino-terminal aux deux
tranches de section aortique ; (fig.4B) ;
- dans certaines circonstances (dilatation importante du culot aortique
; dilacération de la racine de l'aorte ; valve aortique antérieurement
pathologique ; ... ), on peut être amené à réaliser
une intervention plus complexe décrite par BENTALL : (fig.5)
|
-
une prothèse valvulaire mécanique est
solidarisée à l'extrémité proximale du tube
de dacron. Cet ensemble est suturé à l'anneau aortique, après
excision de la valve ;
-
ceci excluant les orifices des artères coronaires, il est indispensables
de réimplanter ces derniers sur le tube. Ceci se fait habituellement
par suture latéro latérale de la paroi aortique en périphérie
des ostia coronaires, à la périphérie de petits orifices
découpés en regard dans la paroi du dacron. L'anastomose
distale du tube se faisant sur l'aorte distale comme précédemment.
|
2.4.1.3 Les résultats immédiats :
- la mortalité "Opératoire" (C'est-à-dire, par
convention internationale, la mortalité de l'intervention et des
30 premiers jours postopératoires) est actuellement de l'ordre de
10%.
- les causes essentielles de cette mortalité sont :
-
des accidents hémorragiques ;
-
des accidents cardiaques (défaillance ventriculaire gauche ; troubles
du rythme ventriculaire ; ... ) essentiellement liés à des
défauts de protection myocardique per-opératoire.
- il faut insister sur deux facteurs pré-opératoires extrêmement
péjoratifs, lorsqu'ils existent :
-
un accident neurologique d'origine centrale ;
-
une oligurie sévère, et surtout une anurie vraie.
2.4.2 Dans les types B (ou III), le traitement initial est en principe
médical :
- (sauf s'il existe à l'évidence des signes de fissuration).
- il sera conduit en USI d'un service de chirurgie cardiaque (+++)
;
- sous contrôle monitoré de la TA ;
- en administrant, -si le patient est hypertendu-, des drogues hypotensives
à la seringue
électrique. En cas de TA normale, une simple surveillance soumise
à la même rigueur sera de mise ;
- une indication chirurgicale de deuxième intention ne sera
prise que devant :
-
la reprise d'un syndrome douloureux important ;
-
de signes patents de fissuration : épanchement pleural gauche ;
élargissement de la silhouette de l'aorte descendante ; déglobulisation
;
- dans ces cas, le principe de la chirurgie répond aux mêmes
règles qu'au niveau de l'aorte ascendante. La résection du
segment aortique porte habituellement sur l'isthme, siège le plus
fréquent de la porte d'entrée dans ce type de DAA ;
- le risque particulier de la chirurgie sur l'aorte thoracique descendante
étant celui de paraplégie (entre 1 et 3%), liée aux
problèmes spécifiques de protection de la vascularisation
de la moelle épinière.
2.5 La recherche de l'étiologie
N'est pas la préoccupation immédiate, car le traitement d'urgence
prime. C'est donc souvent a posteriori que cette enquête sera conduite
:
2.5.1 le phénomène particulier est l'existence d'une dégénérescence
de la média aortique :
vacuoles de substance mucoïde désorganisant ou remplaçant
les fibres élastiques. L'examen anatomo-pathologique des fragments
prélevés en salle d'opérations sera particulièrement
utile.
2.5.2 Des syndromes particuliers...
comme le
syndrome de MARFAN (arachnodactylie, sub-luxation du cristallin,
caractère familial), ou comme le
syndrome d'EHLERS DANLOS
(dysplasie héréditaire du tissu élastique) comportent
avec une fréquence particulière des anomalies de la média
et exposent avec une fréquence très supérieure à
celle d'une population témoin, au risque de DAA.
2.5.3 La grossesse
est classiquement retenue comme étiologie possible des DAA. Les
modifications endocriniennes qui lui sont propres sont mises en cause.
Il paraît cependant plus réaliste de considérer qu'elle
agit comme facteur favorisant ou déclenchant (rôle de l'HTA)
chez une femme dont l'aorte présenterait déjà des
modifications prédisposantes de la média.
2.5.4 Certaines cardiopathies congénitales ont pu être incriminées
:
coarctation, bicuspidie aortique. Là encore ce sont plus les phénomènes
hémodynamiques particuliers induits par ces cardiopathies (HTA ;
impact d'un 'jet' d'éjection particulièrement traumatisant)
qui peuvent jouer un rôle déclenchant sur une aorte déjà
pathologique. Que de considérer ces cardiopathies comme des étiologies
à part entière.
2.5.5 Les traumatismes
ne peuvent en aucun cas induire de DAA sur une aorte structurellement normale.
Deux accidents particuliers, doivent cependant être signalés,
d'origine iatrogène :
-
une DAA lors d'un cathétérisme artériel rétrograde
: c'est exceptionnel, et habituellement limité ;
-
une DAA à partir du site de canulation artérielle au cours
d'une CEC.
2.5.6 Quant à l'athérome
il ne saurait être retenu comme étiologie d'une DAA.
Il peut tout au plus être une association 'de hasard', en relation
avec l'âge, chez un patient porteur par ailleurs de lésions
spécifiques de la média aortique.
2.6 Le devenir à long terme
2.6.1 Ie devenir à long terme est conditionné par trois types
de facteurs :
2.6.1.1 Avant tout le devenir de l'aorte disséquée,
en aval de la réparation. Si le faux chenal est susceptible de se
thromboser, ce qui constitue une certaine forme de "guérison", dans
un nombre relativement élevé de cas, il demeure alimenté
(rôle des ré-entrées). Dans cette éventualité,
il existe un risque potentiel d'évolution vers une dilatation progressive
du segment disséqué, et la constitution d'un véritable
anévrisme, avec son risque propre de rupture.
2.6.1.2 La reprise du processus disséquant sur un segment
d'aorte demeuré intact en aval de la DAA initiale. La décision
thérapeutique sera fonction de la localisation anatomique.
2.6.1.3 Des événements indépendants de la DAA
elle-même, et avant tout :
- les accidents coronariens ;
- les accidents vasculaires cérébraux ;
- les affections néoplasiques, dont on sait que la fréquence
augmente avec l'âge.
2.6.2 La surveillance de ces patients reposera donc :
-avant tout sur la surveillance de l'aorte elle-même, au mieux par
scanner. Examen dont la fréquence décroîtra avec le
temps : trimestrielle la première année par exemple, semestrielle
la seconde, annuelle par la suite.
-cette surveillance radiologique ne saurait dispenser d'une surveillance
cardiologique régulière, dont la périodicité
sera similaire en l'absence d'événement clinique particulier.
2.6.3 La mortalité tardive
est cependant plus souvent en rapport avec des accidents indépendants
de la dissection elle-même (coronaires ; cerveau ; cancer) que d'accidents
spécifiques en relation avec la maladie initiale.