Rayonnements ionisantsInstitut Universitaire de Médecine du
Travail de Rennes
mis à jour le 18 mars 1999
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| Rayonnement | Ce qui arrête le rayonnement |
| Rayonnement a | Feuille de papier, air |
| Rayonnement b | Plexiglas, aluminium, laiton, quelques mètre d'air |
| Rayonnement g et X | Plomb, béton baryté, acier |
| Neutron | Eau, paraffine |
Epaisseur moitié d'un écran
: l'épaisseur nécessaire pour diviser par 2 la dose
de rayonnement.
Nucléide : espèce atomique définie par son nombre
de masse ( nombre total de nucléon A ), son numéro atomique
( nombre de proton Z ) et son état énergétique
nucléaire.
Radioactivité : phénomène de transformation spontanée
d'un nucléide avec émission de rayonnements ionisants.
Radionucléide (radioélément) : nucléide
radioactif.
(Le curie (Ci) correspond à l'ancienne unité de radioactivité : 1Ci = radioactivité d'un gramme de radium = 37GBq).
Les rayonnements cosmiques de haute énergie interagissent avec les noyaux des atomes de l'atmosphère terrestre. Ils créent :
Exposition médicale
La dose reçue est principalement due au radiodiagnostic. Les
doses en radiothérapie sont beaucoup plus élevées
mais plus surveillées et contrôlées (estimé
à 1 mSv par an).
Retombées des 450 essais nucléaires
aériens (estimées à 3,8 mSv par an, en décroissance
lente).
L'accident de Tchernobyl a exposé les Français à
50 m Sv supplémentaires en 1986.
Exposition domestique
Elle est due aux objets luminescents avec des peintures au tritium,
aux anciens récepteurs de télévision, à
certaines céramiques dentaires, à l'isolation accrue
des bâtiments (=> augmentation du radon), aux vols en haute
altitude.
Pour la population générale, l'exposition aux sources
domestiques et industrielles serait d'environ 10 m Sv par an.
Elle est surtout externe et plus rarement interne. Parmi les travailleurs les plus exposés, on peut citer :
Sources scellées
- mesure d'épaisseur, de densité, pesage (rayons
X, divers appareils à sources radioactives : Prométhéum
147, Krypton 85, Strontium 90, Américium 241, Césium
137, Cobalt 60) (70 % des équipements),
- contrôle non destructif des pièces métalliques
de soudures, d'œuvres d'art (rayons X, gammagraphes à Iridium
192) (10 % des équipements),
- chromatographie en phase gazeuse avec détecteur à
capture d'électrons contenant une source radioactive (9 % des
équipements),
- mesure d'humidité et de densité des sols (7 % des
équipements),
- analyse d'alliages par fluorescence X (1 % des équipements),
- stérilisation de matériels ou de denrées, modifications
de propriétés (accélérateurs de particules,
irradiateurs gamma au Cobalt 60),
- mesures de niveaux avec appareils à source radioactive (Américium
241, Césium 137, Cobalt 60),
-détecteurs de fumées, paratonnerres, stimulateurs cardiaques.
Sources non scellées
Leur utilisation est très variée : étude
d'hydrologie, contrôles de procédés dans l'industrie
chimique, suivi d'usure de pièces mécaniques, recherche
de fuites dans les canalisations, …
Dose inférieure à 0,3 Gray : Aucun symptôme
Dose comprise entre 0,3 et 1 Gray : Chute discrète du nombre des lymphocytes, difficile à apprécier. Elle est spontanément réversible. Il y a peu de signes cliniques chez la plupart des individus, parfois quelques signes neurovégétatifs avec asthénie, céphalées, nausées.
Dose comprise entre 1 et 2 Grays : Nausées, vomissements, céphalées débutent dans les 6 heures qui suivent l'exposition et peuvent durer 24 à 48 heures. Il y a une chute précoce du nombre des lymphocytes qui ne dépasse pas 50 % du taux initial et dont le chiffre reste supérieur à 1000 lymphocytes par mm3. On note une dépression transitoire et retardée des autres lignées sanguines. Le sujet doit être hospitalisé pour surveillance. La guérison est de règle, le plus souvent sans aucun traitement.
Dose comprise entre 2 et 5 Grays
: Nausées, vomissements, apparaissent dans les 2 heures. Puis
surviennent : asthénie intense, hyperthermie possible, chute
rapide du nombre des lymphocytes dont le taux est inférieur
à 50 % du taux initial soit inférieur à 1000
lymphocytes par mm3 dès les premières heures. Cette
latence clinique est mise à profit pour éradiquer les
foyers infectieux. Un dosage des anticorps anti-CMV sera effectué.
La reprise évolutive est dominée par l'aplasie médullaire
et ses conséquences cliniques, constituant la phase critique
du 15 ème au 30 ème jour.
La guérison est la règle sous réserve d'un traitement
hématologique bien conduit.
Dose comprise entre 5 et 15 Grays : En plus des syndromes prodromiques et hématopoïétiques qui sont majeurs, s'ajoute un syndrome viscéral gastro-intestinal avec nausées, vomissements, diarrhées et hémorragies digestives. En l'absence de greffe de moelle, la mort est quasi certaine.
Dose supérieure à 15 Grays : Il apparaît des troubles neurologiques et cardiaques, les réactions cutanées sont précoces. Aucun traitement n'est efficace et le sujet meurt en moins de 48 heures.
Atteinte de la peau :
Entre 3 et 8 Grays : apparition d'un érythème. Au delà
de 5 Grays, épidermite sèche.
Entre 12 et 20 Grays : épidermite exsudative. (Le temps de
survenue des lésions est d'environ 3 semaines)
Au-delà de 25 Grays : nécrose de la peau.
Séquelles : elles peuvent être importantes au-delà
de 10 Grays : atrophie d'un segment cutané ou muqueux, télangiectasies,
dyskératose, dyschromie… mais aussi troubles fonctionnels avec
douleurs, troubles de la sensibilité, de la vascularisation
ou de la mobilité.
Effets sur les gonades :
Les cellules germinales testiculaires sont très radiosensibles.
Une dose de 4 Grays suffit pour entraîner une stérilité
définitive. Une hypospermie de plusieurs mois peut se voir
pour une dose de 0,2 Gray. Mais les cellules de Sertoli sont très
radiorésistantes, il n'y aura ni impuissance ni diminution
des hormones.
La radiosensibilité des ovaires est inférieure à
celle des testicules, elle varie avec l'âge. La stérilité
survient pour des doses supérieures à 8 Grays.
Effets sur l'œil :
La partie la plus sensible de l'œil est le cristallin. Une radioexposition
peut entraîner une cataracte survenant dans un délai
variable : plus de 5 ans pour des doses inférieures à
2 Grays, 1 an pour des doses supérieures à 10 Grays.
On peut voir également :
Effets sur la thyroïde
Les glandes endocrines sont en général assez résistantes
sauf la thyroïde pour laquelle les effets pourront être
retardés de 10 à 15 ans avec l'apparition d'une hypothyroïdie.
4.2.1 Période de préimplantation (6 ème – 9 ème jours)
Les cellules sont indifférenciées et totipotentes. En cas d'exposition à une dose élevée, il y a mort cellulaire et avortement passant inaperçu. Sinon quelques cellules sont détruites et remplacées : une seule cellule survivante suffit pour assurer le développement complet de l'embryon.
4.2.2 Embryogénèse (jusqu'au 60 ème jour)
C'est la période la plus radiosensible. Il y a risque de malformations, de maldéveloppement du système nerveux central.
Eviter d'irradier toute femme enceinte.
En cas de grossesse méconnue, les conséquence sont fonction
de l'âge du fœtus et des doses reçues.
C'est une circonstance exceptionnelle en
milieu professionnel. Ce n'est pas une urgence thérapeutique
: toute autre affection doit être traitée en priorité.
Le pronostic dépend de la dose reçue qu'il faut évaluer
le plus précisément possible en développant le
dosimètre en urgence. L'étude des conditions de surexposition
tente de connaître la répartition de la dose sur le corps
de la personne irradiée ; en effet, s'il existe un territoire
médullaire sain, on pourra attendre une repopulation de la
moelle aplasique.
L'examen clinique est important pour faire un premier tri approximatif
de gravité des personnes exposées.
Les signes cliniques immédiats ne surviennent que pour des
doses supérieures à 1 Gray et ils surviennent d'autant
plus vite que la dose est importante.
Les examens complémentaires doivent être faits rapidement
:
Si une exposition aux neutrons est suspectée,
on fait une anthropogammamétrie, un recueil des phanères
et des objets portés par le sujet pour mesurer leur activité
et évaluer la dose reçue.
En cas de signe de gravité, on pratiquera un bilan prétransfusionnel,
voire un typage HLA en vue d'une greffe ultérieure. En pratique
pour une exposition externe :
Par contact
La contamination externe sur peau saine est un accident bénin.
On veillera à ce que le sujet atteint ne porte pas ses mains
à sa bouche et ne fume pas. Il faut veiller à la protection
du personnel soignant par des gants. Le traitement est réalisé
sur place et sans retard : élimination des radioéléments
par déshabillage et lavage doux avec protection des orifices
naturels. La zone est ensuite séchée et des mesures
par un détecteur attestent de la décontamination, puis
rhabillage avec des vêtements nouveaux.
Afin de déterminer le suivi médical
du travail des personnes exposées, l'employeur est tenu de
les classer en catégories selon le niveau d'exposition susceptible
d'être atteint dans les conditions normales de travail :
- catégorie A : travailleurs directement affectés à
des travaux sous rayonnements ionisants dont les conditions de travail
sont susceptibles d'entraîner un dépassement des 3/10
des limites annuelles d'exposition.
- catégorie B : travailleurs non directement affectés
à des travaux sous rayonnements ionisants dont les conditions
de travail entraînent un dépassement du 1/10 mais ne
peuvent être susceptibles d'entraîner un dépassement
des 3/10 des limites annuelles d'exposition, (l'exposition des apprentis
de 16 à 18 ans et les étudiants, pour les besoins de
formation, ne peut dépasser également ce dernier niveau).
- autres travailleurs non exposés professionnellement, comme
la population générale, ils sont soumis à la
radioactivité naturelle et la limite d'exposition globale est
de 5 mSv par an.
Les limites annuelles d'exposition tiennent compte de la dose maximale
autorisée qui correspond aux 10/10.
Exposition externe exclusive
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pour un homme |
pour une femme |
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| Corps entier |
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| Extrémités |
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| Cristallin |
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Pour la femme enceinte, l'exposition abdominale
et par extension du corps entier doit être inférieure
à 10 mSv.
Exposition interne exclusive, pour chaque radioélément
est déterminée une Limite Annuelle d'Incorporation.
(L'incorporation doit être nulle pour les femmes allaitantes).
Expositions associées externes et internes : il existe également
des limites annuelles.
- d'ordre administratif :
- d'ordre technique :
- d'ordre médical :
Les affections provoquées par les rayonnements ionisants sont indemnisées au titre du tableau 6 du RG et 20 du RA. En 1990, sur 49 décès pour maladies professionnelles, 6 étaient imputables aux rayonnements ionisants :