Institut Mère-Enfant, annexe pédiatrique, Hôpital sud,
BP 56129, 35056 Rennes Cedex 2
2. Décrire la conduite de l'examen clinique chez un nourrisson pâle.
3. Enumérer les facteurs favorisant la survenue d'une anémie ferriprive du nourrisson.
4. Enumérer et interpréter les examens de laboratoire nécessaires pour confirmer une anémie par carence martiale.
5. Rédiger l'ordonnance du traitement d'une anémie ferriprive chez un nourrisson.
6. Enumérer les signes cliniques et biologiques d'hémolyse.
7. Citer les causes d'anémie hémolytique acquise chez l'enfant.
8. Donner les signes cliniques et biologiques de la maladie de Minkowski-Chauffard et sa thérapeutique.
9. Donner les éléments anamnestiques, cliniques et biologiques de l'hémoglobinose S.
10. Donner les éléments anamnestiques, cliniques et biologiques de la thalassémie.
L'anémie se définit par une diminution de la
masse des globules rouges ou de la concentration de l'hémoglobine circulante
par rapport aux valeurs correspondant à l'âge de l'enfant. Elle
se définit pour des valeurs inférieures à -2DS. Ainsi,
2,5% d'enfants sains sont considérés avoir une anémie
modérée.
L'anémie peut être découverte soit à l'occasion
d'une numération systématique, soit en raison de symptômes
liés à l'anémie : pâleur de la peau et des muqueuses,
asthénie, polypnée, tachycardie, céphalées, vertiges,
bourdonnements d'oreilles, souffle systolique anorganique, troubles de la
conscience.
La démarche diagnostique repose sur les éléments
suivants :
- interrogatoire et données cliniques : antécédents
de l'enfant (prématurité, gémellité, cas familiaux,
conditions d'alimentation, notions de récidive), l'ethnie, le début
brutal ou progressif, des signes cliniques associés (ictère
sans décoloration des selles ni urines foncées, splénomégalie,
hépatomégalie, adénopathies, signes hémorragiques,
douleurs articulaires ou osseuses, couleur des urines).
- données biologiques : des examens simples permettent d'orienter
le diagnostic : chiffre des globules rouges avec taux d'Hb, d'Ht, VGM, TGMHb,
numération des réticulocytes, mesure de la bilirubinémie,
sidérémie avec mesure de la capacité totale de fixation
de la transferrine et coèfficient de saturation, numération
des leucocytes et des plaquettes.
Elles sont dominées par les carences martiales.
Elles réalisent des anémies hypochromes hyposidérémiques. On distingue :
La carence en fer est fréquente et souvent nutritionnelle
surtout entre 6 mois et 2 ans. Sa découverte dans la seconde enfance
impose de rechercher une hémorragie.
Le diagnostic est en règle facile. Il est le plus souvent évoqué
devant une anémie microcytaire découverte lors d'un examen systématique,
en raison de la bonne tolérance clinique.
Le traitement martial per or est efficace. Il doit être donné
suffisamment longtemps pour restaurer les réserves. A cela s'ajoute
bien sûr le traitement d'une éventuelle hémorragie. Nous
insistons sur la nécessité d'une alimentation diversifiée.
La carence en fer constitue, selon l'O.M.S, le trouble nutritionnel le plus répandu dans le monde, environ 15% de la population mondiale. Les femmes en âge de procréer, notamment les femmes enceintes et les enfants, surtout en période de croissance rapide (les deux premières années et au cours de l'adolescence) sont les groupes à plus haut risque de carence martiale. Peu d'études ont évalué avec précision le statut du fer des enfants avec les nouveaux indicateurs biochimiques qui permettent un diagnostic précis de la carence en fer depuis le stade de la déplétion des réserves jusqu'à celui de l'anémie ferriprive.
Une étude publiée en 1989, effectuée
en France entre Décembre 1985 et Mai 1986, a montré que la carence
en fer avec des indicateurs biochimiques fiables apparaît donc largement
répandue dans une population présumée saine.
Pour les enfants nés de parents français métropolitains,
29% à 10 mois, 13% à 2 ans et 7% à 4 ans ont des signes
biochimiques évidents de carence en fer.
Pour les enfants nés de parents immigrés, les prévalences
sont respectivement de 50%; de 44% et de 15%. Il existe une anémie
par carence martiale chez respectivement 8%, 3% et 0,3% des enfants nés
de parents français métropolitains ; chez 23%, 24% et 4% nés
de parents immigrés. Ainsi donc la carence en fer et l'anémie
ferriprive sont plus répandues chez les enfants nés de parents
immigrés.
Les enfants de 10 mois ainsi que ceux nés de parents immigrés
constituent un groupe à risque.
Dans le monde, la prévalence de l'anémie est élevée :
| Au total : il n'est pas facile d'évaluer avec précision la prévalence de l'anémie en fer, d'une part parce qu'il n'y a pas eu de grandes études dans les pays où les moyens techniques le permettent, et que, d'autre part, dans les pays où la prévalence est la plus élevée, les moyens biologiques sont plus rudimentaires. Toutefois, on peu conclure que la prévalence est élevée et en particulier dans les pays en voie de développement. Plusieurs facteurs peuvent être intriqués sur lesquels nous reviendrons (schéma 1). |

Les composés contenant du fer se groupent en deux catégories :
Chez l'enfant, le fer se répartit comme suit :
Chez le nouveau-né normal la quantité totale de fer est de 75 mg/kg. Chez le prématuré elle est de 70 mg/kg. Après l'âge de 6 mois, elle est de 50 mg/kg. La teneur en fer est proportionnelle au poids du corps et à la masse hémoglobinique (la ligature précode du cordon peut diminuer le capital en fer de 15% à 30%).
La plus grande partie du fer est contenue dans l'hémoglobine. C'est un atome actif des groupes prosthétiques héminiques de nombreux enzymes.
Dans le plasma, la transferrine (sidérophyline) transporte le fer des sites d'absorption et de stockage vers la moëlle érythropoïétique. A l'état normal, elle n'est jamais saturée. Son taux augmente quand la sidérémie diminue. Le taux normal du fer sérique est de 12,5 à 25 µmol/l.
Le fer de réserve se trouve sous forme de ferritine et d'hémosidérine. Le fer de la ferritine est facilement échangeable avec la transferrine. Elle peut être dosée et son taux est proportionnel aux réserves. L'hémosidérine est une autre forme de stockage du fer. Le stockage a lieu dans le foie, dans les cellules du système réticuloendothélial et dans les précurseurs érythrocytaires de la moëlle. A la naissance, le taux de ferritine est élevé, 100 à 200 ng/ml. A l'âge de 15 ans, le taux est de 30 ng/ml. En moyenne, 1 ng/ml de ferritine sérique correspond à 10 mg de fer de réserve sous forme de ferritine.
Elle dépend de la quantité et de la forme de
fer présent dans les aliments, des interactions avec les autres composants
alimentaires et de la régulation de l'absorption au niveau de la muqueuse.
Elle se fait au niveau du duodénum et la partie haute de l'iléon
; elle est proportionnelle aux besoins. Une augmentation de l'érythropoïèse
(anémie hémolytique chronique, érythropoïèse
inefficace) ou une baisse des réserves de fer favorisant l'absorption
intestinale. Le fer héminique de la viande est mieux absorbé
que le fer végétal ou le fer ferritinique du foie et du poisson.
La viande animale a un effet facilitant de l'absorption du fer par un mécanisme
inconnu. Il existe une excellente biodisponibilité du fer du lait maternel
(45 à 75%) comparée à celle du lait de vache (10%).
La vitamine C augmente l'absorption et d'autres facteurs la diminuent (thé,
son, phytates et argile).
Les besoins en fer sont importants lors de la croissance et en particulier les deux premières années et lors de l'adolescence.
La perte de fer est faible, en moyenne 1mg/jour chez l'adulte et 20µg/kg/j chez l'enfant. Lors de l'installation des règles, les pertes sont nettement majorées.
Le capital martial d'un nouveau-né est voisin de 250 mg de la naissance à 4 mois et de 500 mg à l'âge d'un an soit une augmentation de 250 mg en 8 mois soit environ 1 mg/j.
Entre 6 mois et 10 ans, les besoins sont de l'ordre de 1 mg de fer absorbé par jour, ce qui suppose un apport alimentaire moyen de fer de 10 mg/jour, compte-tenu d'une absorption de 10%.
Tableau I : Estimated requirements of absorbed iron for boys (mg/days)
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| Requirements for growth(a) |
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| Iron Losses(b) |
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| Total requirements |
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a) Calculated from dat by Smith and Rios (9)
(b) Estimated at 0,04 mg/kg from 0-2 years and 0,03 mg/kg from
2-8 years;
- hémorragies
survenant chez le foetus avant la naissance, pendant l'accouchement ou en
période néonatale,
- oesophagite,
maladie chronique de l'intestin, ulcère, polypes, angiomes,
- parasitoses
intestinales : ankylostomes, shistosomes,
- facteurs
de saignement : médicaments, troubles chroniques de l'hémostase,
varices oesophagiennes, épistaxis et hématuries récidivantes,
règles abondantes,
- iatrogènes
: prélèvements itératifs, en particulier chez les petits
enfants.
| Au total : lorsqu'une carence d'apport peut être éliminée, il faut absolument rechercher une hémorragie. Il faut tout d'abord rechercher un saignement digestif. La recherche de sang dans les selles n'est pas un examen très pertinent. Aussi, il ne faut pas hésiter à faire une fibroscopie digestive, une colonoscopie ou une rectoscopie. |
Ces signes cliniques dépendant de l'importance et
de la durée de la carence :
- la
pâleur est un signe habituel, isolée dans les formes modérées
ou associée à d'autres symptômes dans les formes plus
graves.
- altération
de l'état général : asthénie, anorexie, tristesse,
apathie ou irritabilité, perte de poids,
- tachycardie,
souffle systolique, lipothymies, vertiges, dyspnée d'effort en cas
d'anémie sévère,
- fièvre
liée à des infections traînantes et répétées,
notamment pulmonaires et ORL,
- troubles
gastro-intestinaux en rapport avec une entéropathie exsudative et des
défauts de sécrétion des enzymes digestifs,
- hépatomégalie
et splénomégalie : modérées et inconstantes,
- ongles
fins et cassants : atrophie des papilles de la langue ; inflammations des
gencives, de l'anus et du vagin. Ceci est exceptionnel chez l'enfant et souvent
le fait de polycarences en vitamines ou oligoéléments, d'apport
ou d'absorption.
Pour affirmer le diagnostic, il faut tenir compte des variations des paramètres érythrocytaires en fonction de l'âge (tableaux II et III)
Tableau II : Valeurs normales de la numération des globules rouges
en fonction de l'âge.
(d'après référence 3)
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| Globule rouges (millions/mm3) |
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| Hémoglobine (g/100 ml) |
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| Hématocrite (%) |
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| VGM (m3) |
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| TCMH (Picogrammes) |
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| CCMH (%) |
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Tableau III : Valeurs normales et pathologiques de la ferritine
et du fer sérique
(d'après référence 3)
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| Ferritine (ng/ml) |
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| Capacité totale de la fixation de la sidérophiline (g/100 ml) |
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| Saturation de la sidérophiline (%) |
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| Fer sérique (g/100 ml) |
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| Globules rouges |
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· Hémogramme : il s'agit d'une anémie microcytaire et hypochrome. Le taux des érythrocytes est normal ou diminué. Les éléments caractéristiques sont : une diminution de l'hémoglobine inférieure à 11 g/dl, une diminution de la teneur globulaire moyenne en hémoglobine inférieure à 24 pg avant 2 ans et à 25 ensuite, un volume globulaire inférieur à 70 fl avant 1 an et inférieur à 74 fl ensuite. La concentration en hémoglobine a peu d'intérêt. Sur lames, les érythrocytes ont une taille réduite à centre pâle avec un mince anneau d'hémoglobine (annulocyte). Par ailleurs, les leucocytes sont normaux, les plaquettes un peu augmentées. Les réticulocytes sont normaux ou légèrement élevés.
· Diminution du fer sérique : la sidérémie est basse, inférieure à 10 µmol/l. La capacité totale de fixation de la transferrine est augmentée et le coefficient de saturation est diminué parallèlement au fer sérique.
· Ferritine sérique
: la ferritine est une protéine qui reflète l'état des
stocks tissulaires en fer. Sa diminution est le témoin le plus précoce
d'une carence martiale et son taux normal entre 6 mois et 2 ans, est de l'ordre
de 30 ng/ml. Une ferritine inférieure à 12 µgrammes/l (ou ng/ml)
indique une déplétion du stock de fer. Ceci étant, lors
des syndromes inflammatoires, il peut y avoir une élévation
de la ferritine pouvant persister plusieurs semaines après la période
symptomatique et il en est de même avec les atteintes hépatiques.
Aussi, lors des syndromes des maladies inflammatoires, lorsque la ferritine
est inférieure à 50 µgrammes/l, on peut craindre un déficit
en fer.
· Dosages de la protoporphyrine érythrocytaire. Il y a une accumulation de la protoporphyrine dans les globules rouges lorsqu'il y a insuffisamment de fer pour former l'hème. Il existe des accumulations de protoporphyrine lors des intoxications par le plomb et lors des déficits en fer. La limite supérieure de la protoporphyrine érythrocytaire est d'environ 3 µgrammes/g d'hémoglobine.
Aussi, ces examens biologiques permettront de classer
les étapes d'un déficit en fer :
- Première
étape : diminution de la ferritine seule qui correspond à
une diminution des réserves. Une coloration d'un étalement médullaire
pourrait montrer une telle déplétion. Les sidéroblastes
sont diminués.
- Seconde
étape : diminution du transport du fer. Cette étape est
transitoire, caractérisées par une diminution du fer sérique
et une augmentation de la capacité de fixation du fer.
- Troisième
étape : diminution de la production d'hémoglobine avec élévation
de la protoporphyrine érythrocytaire et apparition d'une anémie
et d'une microcytose.
Il existe une mauvaise réutilisation du fer à
partir des globules rouges sénescents et une baisse de l'absorption
du fer. De plus, l'utilisation d'anti-inflammatoires peut favoriser les saignements
occultes. Il s'agit le plus souvent d'une infection chronique avec syndrome
inflammatoires (augmentation de la vitesse de sédimentation, du fibrinogène
et des a 2 globulines et de la CRP), et plus
rarement, d'une inflammation aiguë
Le déficit en fer et l'inflammation se caractérisent en commun
par une anémie moyenne, un fer sérique bas, une élévation
de la protoporphyrine érythrocytaire et un volume globulaire modérément
abaissé. Deux tests de laboratoire peuvent donner des résultats
divergents. Dans l'inflammation chronique, la sidérophiline est souvent
diminuée et la ferritine normale ou élevée-; dans les
carences en fer, la sidérophiline est augmentée et la ferritine
est diminuée. Nous rappelons qu'une ferritine sérique inférieure
à 25-30µgrammes/l, chez les patients anémiques avec une arthrite
rhumatoïde, une maladie rénales ou des maladies hépatiques,
suggère une carence en fer.
-
durant la grossesse, la mère doit avoir un apport de fer
suffisant,
- ne
pas ligaturer trop tôt le cordon,
- recommander
l'allaitement maternel,
- supplémenter
les nouveau-nés à risque à partir du 2ème mois
et pendant 3 mois, 2mg/kg/jour, de fer élément. Ceci étant,
le Comité de Nutrition de l'Académie Américaine de Pédiatrie
recommande des doses complémentaires de fer en cours de la première
année de vie (commencer à 4 mois pour les enfants à terme
et à 2 mois pour les prématurés et enfants à risque)
avec une posologie qui ne devrait pas dépasser 1 mg/kg/j. pour les
enfants à terme et 2mg/kg/j. pour les pré-termes, sans dépasser
15 mg/j.
- diversifier
précocement l'alimentation avec des légumes variés et
de la viande. Nous rappelons que la biodisponibilité du fer varie considérablement
selon les aliments et leur préparation, et selon l'importance chimique
au niveau de l'intestin. Il existe deux compartiments en terme d'absorption
; les pools ferriques héminique et non héminique. Le fer héminique
présent dans l'hémoglobine et la myoglobine est bien absorbée
et relativement peu touchée par la compostion des aliments. Par contre,
le fer non héminique présent dans les légumes, les céréales
et quelques aliments d'origine animale est mal absorbé et nettement
influencé par des substances facilitatrices ou inhibitrices,
- utiliser
des laits, des farines et des céréales enrichies en fer,
- éviter
les pertes excessives de fer : traiter les maladies parasitaires, hémorragies
lors d'une gastro-entérite.
Les manifestations initiales peuvent apparaître de la naissance à l'âge adulte mais elles surviennent préférentiellement durant l'enfance. Elles sont dominées par l'anémie, l'ictère, et la splénomégalie. Le tableau est cependant variable :
- anémie normocytaire
modérée ou sévère à l'occasion des épisodes
de déglobulisation. Le taux d'hémoglobine est parfois normal
(anémie compensée).
- sphérocytose
- les réticulocytes sont toujours
augmentés, quel que soit le taux d'hémoglobine
- la résistance osmotique aux solutions
hypotoniques est diminuée mais ce test n'est pas pathognomonique de
la maladie.
- l'étude de l'autohémolyse
spontanée in vitro à 37° (test de Dacie) montre une augmentation
de la destruction spontanée des hématies ; l'autohémolyse
est prévenue par l'addition de glucose,
- le myélogramme montrerait une
hyerplasie érythroblastique
- la bilirubine indirecte est augmentée
de façon variable, l'haptoglobine est diminuée. Le fer sérique
est normal ;
- l'étude isotopique des hématies
montre une diminution de la 1/2 vie (10 à 15 jours) avec une sequestration
splénique. Cet examen est rarement fait pour le diagnostic mais parfois
avant la splénectomie.
- la notion d'une anémie
hémolytique avec sphéracytose,
- les antécédents familiaux,
- la diminution de la résistante
osmotique aux solutions hypotoniques
- absence d'anomalies des autres examens
: électrophorèse de l'hémoglobine, enzymes érythrocytaires,
coombs négatif.
- crises de déglobulisation
: accès d'hémolyse avec ictère et douleur abdominale
à l'occasion d'un épisode infectieux. Ces accidents sont habituels,
de fréquence variable et souvent modérés. Toutefois,
une déglobulisation importante peut nécessiter une transfusion.
- crises aplasiques : moins fréquentes
mais plus graves. Ce sont des crises d'érythroblastopénie transitoires
souvent dûes au parvovirus B19. Le tableau est celui d'une anémie
non régénérative pendant quelques jours.
- lithiase vésiculaire : se rencontre
surtout chez l'adolescent et l'adulte mais est possible chez l'enfant. Elle
est la conséquence de l'hémolyse chronique.
- Le diagnostic positif
est en règle facile : notion familiale, fragilité osmotique
des érythrocytes. Il peut être plus difficile dans certaines
situations : période prénatale, crises aplasiques, et formes
modérées.
- Le diagnostic différentiel se
pose avec les autres anomalies membranaires dont l'elliptocytose hériditaire.
- transfusion en cas de
déglobulisation sévère ou de crises aplasiques
- splénectomie : elle est indiquée
chez la plupart des enfants âgés de plus de 6 ans, après
avoir effectué une vaccination contre le pneumocoque. L'indication
est exceptionnelle avant l'âge de 6 ans et discutée dans les
formes bien tolérées découvertes tardivement. Après
splénectomie, l'enfant va très bien. Il reçoit une antibioprophylaxie
par la pénicilline jusqu'à l'âge de 10 ans mais il reste
prédisposé aux septicémies.
Signes cliniques :
- Pâleur : constante
souvent associée à un ictère conjonctival
- Hépatosplénomaglie : modérée
chez les sujets jeunes, elle peut devenir volumineuse et gênante chez
les enfants mal transfusés.
- le faciès est particulier en raison
de l'hyperplasie érythropoïétique : élargissement
des os malaires, hypertélorisme, aplatissement de la base du nez, protrusion
du rebord du maxillaire supérieur et de la lèvre supérieure.
Ces anomalies sont réduites voire absentes chez les enfants bien transfusés.
- retard staturo-pondéral : parfois
dès les premiers mois de vie.
Signes radiologiques :
Ils peuvent être présents dès les 6 premiers mois de vie
mais surtout à partir d'un an. Comme les anomalies morphologiques,
ils sont réduits ou absents si le taux d'hémoglobine est maintenu
près de la normale.
- élargissement
de la voute du crâne avec des striations (aspect en poil de brosse)
- ostéoporose et aspect aréolaire
de l'os
- amincissement des corticales
- le scanner a été utilisé
pour évaluer la surcharge en fer de divers organes.
Les signes biologiques :
- anémie hypochrome
et microcytaire, constante et importante. Le taux d'hémoglobine varie
entre 50 et 90 g/l et le volume globulaire moyen est inférieur à
60 fl.
- les réticulocytes sont modérément
augmentés, 2 à 6 %, ce qui témoigne d'une érythropoïèse
inefficace en raison de la précipitation de chaines a
dans les érythroblastes.
- le myélogramme : la moelle est
très riche avec hyperplasie érythroïde.
- la bilirubine est augmentée
- le fer sérique et la ferritine
sont élevés
- l'électrophorèse de l'hémoglobine
permet le diagnostic avec la présence constante d'un pourcentage élevé
d'HbF : HbF = 20 à 100 %, HbA2 = 2 à 7 %, HbA1 = parfois présent.
Evolution :
Les complications sont liées à l'hypoxie chronique et à
la surcharge en fer. Avec un support transfusionnel bien conduit, les décès
de la première décennie sont rares. La surcharge en fer est
responsable de complications : retard pubertaire, retard de croissance, insuffisance
thyroïdienne et surrénalienne, atteinte hépatique et insuffisance
cardiaque.
Traitement :
- Transfusions régulières
pour maintenir un taux d'Hb > 10 g/dl avec une chélation
du fer par Deferoxamine.
- splénectomie en cas de splénomégalie
massive avec hypersplénisme.
- transplantation médullaire allogénique
est le seul traitement efficace.
Données génétiques :
Il s'agit d'un groupe hétérogène avec divers déterminismes
génétiques :
- b
thalassémie homozygote : expression résiduelle du gêne
b
- d
b thalassémie
- b
thalassémie hétérozygote.
Diagnostic et évolution :
Ce sont les signes d'une maladie de Cooley atténuée.
L'asthénie, la splénomégalie et les anomalies morphologiques
sont moins importantes.
Le taux d'hémoglobine se maintient entre 70 et 90 g/l et souvent au
dessus de 10 g/l.
Le diagnostic repose sur l'électrophorèse de l'hémoglobine
: HbF = 20 à 100 %, HbA2 = 1 à 7 %, HbA1 = 0 à 80 % selon
le génotype.
Le pronostic est bien meilleur que dans la forme majeure. Cette forme est
compatible avec une croissance et un développement normaux. Une surcharge
en fer est possible.
Traitement :
- si le patient maintient
son taux d'hémoglobine à au moins 70 g/l, il n'est pas
transfusé.
- un support transfusionnel est parfois
nécessaire à l'âge adulte.
- la splénectomie est indiquée
si la splénomégalie est volumineuse avec un hypersplénisme.
Diagnostic positif :
- Elles
sont généralement asymptomatiques. Parfois ces enfants sont
pâles, se plaignent de fatigabilité avec une rate légèrement
palpable.
- Il existe
une pseudo-polyglobulie associée à une discrète anémie
hypochrome et microcytaire. On peut noter sur le frottis une anisocytose et
des cellules cibles. Le fer sérique est normal. L'électrophorèse
montre une augmentation de l'hémoglobine A2, 4 à 8 % (N <
3,5 %).
Evolution :
Cette forme est bien tolérée et souvent découverte fortuitement
lors d'une numération faite lors d'un bilan systématique.
Diagnostic différentiel :
Il faut d'abord éliminer la carence en fer par un dosage du fer sérique
et de la sidérophiline. La microcytose est souvent plus importante
dans la thalassémie.
Une fois éliminée une carence en fer, on effectue une électrophorèse
de l'hémoglobine. Il faut se rappeler qu'une carence en fer sous-estime
le taux d'HbA2.
- Porteurs silencieux
- Trait a thalassémique
- Anasarque foetoplacentaire de Bart
Il s'agit d'un anasarque foetoplacentaire identique à celui de la maladie
rhésus. L'enfant est prématuré et souvent mort-né.
La mort est constante. Il existe une anémie sévère. N'ayant
pas de chaine a, le sang contient Hb Bart (g
4), HbH (b4) et un peu d'Hb Portland (Z2g2).
- Hémoglobine H
Le tableau clinique évoque une maladie de Cooley atténuée.
A la naissance, c'est une anémie très hypochrome.
L'hémoglobine varie de 70 à 100 g/l avec des épisodes
de déglobulisation possibles. Le taux d'HbH varie de 3 à 30
% selon les cas. Cette hémoglobine a une forte affinité pour
l'oxygène et n'a pas d'effet Bohr, donc peu fonctionnelle.
Ces patients ont une vie normale avec quelques précautions.
C'est une maladie héréditaire à transmission autosomique récessive.
Signes d'anémie hémolytique :
- pâleur
avec subictère.
- splénomégalie
: constante et modérée jusque l'âge de 5 ans. Elle involue
par la suite.
- hépatomégalie,
souvent importante.
Crises drépanocytaires :
- crises
douloureuses vaso-occlusives : Elles sont aiguës, douloureuses, dues
à une falciformation intravasculaire responsable d'un infarctus tissulaire.
Les douleurs osseuses sont fréquentes, en particulier les mains et
les pieds avant l'âge de 5 ans. Les crises douloureuses ostéo-articulaires
peuvent s'accompagner de fièvre et simuler une ostéomyélite
ou un rhumatisme articulaire aigu. Les douleurs thoraciques et abdominales,
des accidents vasculaires, neurologiques sont classiques.
- crises
de séquestration splénique : séquestration massive d'hématies
dans la rate responsable d'une anémie sévère avant l'autosplénectomie,
parfois responsable de mort.
- crises
d'érythroblastopénie, souvent favorisées par des infections
bactériennes ou virales.
Lésions viscérales et osseuses :
Lors de l'évolution, tous les viscères peuvent être touchés
par des microthromboses.
L'infection :
C'est une cause habituelle de mort. Les germes le plus souvent en cause sont
: pneumocoque, l'hémophilus influenzae, les salmonelles et le mycoplasme.
Les ostéomyélites, les septicémies, les méningites
sont habituelles.
Electrophorèse de l'hémoglobine :
- HbS >
50 % avec présence d'un taux variable d'HbA2 et d'HbF.
En période néonatale, le déficit peut
se révéler par une jaunisse qui débute vers les 2ème
ou 3ème jours de vie ; la jaunisse est plus importante que ne le laisserait
supposer l'anémie. Les formes modérées ne nécessitent
pas de traitement ; une photothérapie est indiquée dans les
formes intermédiaires et une transfusion d'échange dans les
formes graves car l'hyperbilirubinémie néonatale peut entraîner
des séquelles neurologiques.
Un enfant avec un déficit en G6PD est cliniquement et hématologiquement
normal la plupart du temps. Quelques heures après la prise d'un agent
déclenchant (médicaments, fèves), survient une crise
brutale d'hémolyse avec fièvre, céphalées, douleurs
abdominales et lombaires, hémoglubinurie (urines de couleur rouge sombre,
coca cola ou porto). Puis l'ictère devient évident avec une
splénomégalie modérée.
La variante B(-) de type méditerrannéen est plus bruyante que
le type A(-) du sujet noir.
- au moment des crises,
la déglobulisation est souvent sévère et les réticulocytes
sont augmentés. Entre les crises, le taux des érythrocytes est
normal,
- génétique : transmission
récessive liée au sexe,
- le diagnostic repose sur la mise en évidence
du déficit en G6PD. La réticulocytose augmente l'activité
enzymatique de sorte qu'il faut en tenir compte dans l'interprétation
des résultats. Chez les hétérozygotes, le taux de G6PD
est intermédiaire entre un taux normal et un déficit comple.
- transfusion lors de
la déglobulisation sévère et parfois transfusion d'échange
en période néonatale.
En dehors des crises, l'enfant va bien.
- Le traitement est surtout préventif
: exclusion des fèves, ne pas prendre certains médicaments dont
la liste est remise au porteur du déficit.
Ces déficits sont rares, de transmission autosomique
récessive ou dominante.
Dans la forme homozygote, ils se manifestent par une anémie hémolytique
chronique. Le diagnostic repose sur la mise en évidence de l'anémie
hémolytique et l'absence ou une diminution importante de l'activité
enzymatique.
Des transfusions sont souvent nécessaires en raison de l'hémolyse.
La splénectomie est indiquée en cas de splénomégalie
avec hypersclémisme.
En conclusion, l'orientation vers une anémie hémolytique constitutionnelle est souvent facile en raison du caractère ethnique, familial, l'absence de maladie associée et la négativité du test de Coombs. Trois examens permettent le diagnostic : étude de la résistance osmotique des érythrocytes aux solutions hypotoniques, élecrophorèse de l'hémoglobine, mesure des activités enzymatiques et en particulier la G6PD chez les garçons.