Institut Mère-Enfant, annexe pédiatrique, Hôpital sud,
BP 56129, 35056 Rennes Cedex 2
1. Décrire les situations pouvant conduire à une carence affective.
2. Définir la carence affective larvée.
3. Décrire les phases de Robertson.
4. Décrire les processus affectés par la carence affective.
5. Décrire l'hospitalisme.
6. Enumérer les facteurs influants sur l'étendue des conséquences d'une carence affective prolongée.
7. Donner les mesures préventives permettant de diminuer le traumatisme de l'hospitalisation.
La relation entre l'enfant et sa mère, ou un substitut
maternel stable, joue un rôle primordial pour le développement
général de l'enfant.
La privation prolongée de soins maternels chez le tout jeune enfant
peut avoir des effets graves et de grande portée sur son caractère,
et par conséquent sur tout son avenir.
Il peut y avoir carence maternelle caractérisée dans diverses situations qui sont les suivantes :
On parle de carence larvée lorsqu'il existe
une insuffisance, une distorsion ou une discontinuité des rapports
entre l'enfant et ses parents, en particulier la mère, sans qu'il y
ait de séparation physique.
La carence larvée peut avoir des conséquences pathologiques
aussi graves que celles d'une séparation frustrante caractérisée.
On parle de carence sévère lorsqu'il
y a un placement prolongé et frustrant de l'enfant dans une institution,
des ruptures répétées des liens avec les figures maternelles
ou même des relations extrêmement frustrantes avec les parents.
La carence maternelle sévère, précoce (< 2 ans) et
prolongée est ordinairement psychopathogène ou génératrice
d'inaffectivité.
Trois phases ont été décrites par Robertson pour le jeune enfant d'âge préscolaire :
A la fin de cette période de séparation, l'enfant peut présenter des réactions au domicile de ses parents telles que troubles du sommeil, refus alimentaire, énurésie, tics, dépression, mutisme, attachement excessif à la mère ou au contraire apparent détachement,...Les parents doivent être prévenus de la possibilité de ces troubles afin de pouvoir les prendre en charge le mieux possible.
Les effets de la séparation varient selon la phase de la réaction à la séparation dans laquelle le sujet se trouve et qui dépend à son tour de facteurs tels que l'âge au moment de la séparation, la durée de la séparation, l'existence d'un substitut maternel pendant la séparation, le maintien de contacts avec les parents et la qualité de l'adaptation et des relations avant l'épisode de séparation.
La carence des soins maternels retentit différemment sur différents processus. Les plus vulnérables semblent être :
SPITZ a décrit en 1945 l'hospitalisme, terme
caractérisant l'état d'enfants souffrant de carences affectives
massives et prolongées.
Ce syndrome se traduit par :
La dépression anaclitique survient lorsque l'enfant est mis en état de frustration après avoir vécu une bonne relation avec sa mère. La symptomatologie est comparable à celle des dépressions de l'adulte, son évolution peut être favorable si l'enfant retrouve de bonnes relations dans un délai de 3 à 5 mois. Dans le cas contraire, le pronostic rejoint celui de l'hospitalisme, avec en particulier le risque d'une détérioration intellectuelle.
Le ralentissement progressif du développement général dont s'accompagne une carence prolongée peut être arrêté ou même inversé s'il est mis fin à la situation frustrante au cours des deux premières années de vie, et en particulier dans les 12 premiers mois.
Les enfants élevés en institution sont néanmoins toujours inférieurs aux enfants du même âge en ce qui concerne l'intelligence générale, la mémoire visuelle, la conceptualisation, la fonction verbale et l'adaptation scolaire.
Les séjours hospitaliers peuvent être améliorés par :
Les effets de la séparation peuvent être atténués par la préparation psychologique de l'enfant, qui doit recevoir par le médecin (et non ses parents initialement) des informations claires, simples et corrélées à son développement général sur les raisons de son hospitalisation.
Chez le nourrisson, ces informations sont reçues par la mère, leurs effets (anxiété, dépression,...) sont alors perçus par l'enfant à travers elle.
Si la présence de la mère durant l'hospitalisation est souhaitable, elle peut modifier le comportement de l'équipe soignante, voire même devenir pesante (mère opposante, contrôlante, ...).