1. Définir un nouveau-né à terme, prématuré, post-mature et hypothrophique.
2. Donner les critères de détermination de l'âge gestationnel d'un nouveau-né.
3. Définir le score d'Apgar.
4. Décrire les principaux critères cliniques de l'examen neurologique normal du nouveau-né.
1. Avoir examiné un nouveau-né normal
2. Déterminer son âge gestationnel
3. Prendre les principales mensurations du nouveau-né.
4. Noter les particularités de l'examen cardiovasculaire et pulmonaire, cutané, génito-urinaire et digestif du nouveau-né.
5. Effectuer cliniquement le dépistage de la luxation congénitale de hanche.
6. Effectuer l'examen neurologique du nouveau-né
7. Remplir le premier certificat de santé du 8ème jour de vie.
Période périnatale : 28è semaine de gestation
au 7ème jour de vie.
Période néonatale : 1er au 28ème jour de vie
Au moment de la naissance, le nouveau-né passe de la vie aquatique
materno-dépendante intra-utérine à l'autonomie aérienne.
Pour que cette transition soit harmonieuse, il faut :
- l'instauration d'une respiration efficace,
- une adaptation du système circulatoire,
- la prise en charge par le rein de la régulation du milieu intérieur,
- l'autonomisation de la thermorégulation,
- la mise en place d'une glycorégulation.
Particularités de la circulation foetale (figure
1) :
- le sang oxygéné venant du placenta, passe par la veine ombilicale
puis le canal veineux d'Arantius avant de rejoindre la veine cave inférieure,
puis l'oreillette droite.
- Il existe une large communication entre l'oreillette droite et l'oreillette
gauche : le foramen ovale.
- Le canal artériel entre l'artère pulmonaire et l'aorte, permet
au sang venant de l'oreillette droite de passer en grande partie dans l'aorte
(car les résistances vasculaires pulmonaires sont très élevées).
Les deux ventricules cardiaques fonctionnent donc "en parallèle" chez le foetus.
A la naissance, le déplissement pulmonaire et le clampage du cordon entraînent une chute rapide des résistances capillaires pulmonaires, une augmentation du débit sanguin pulmonaire et une diminution des pressions dans les cavités cardiaques droites, une augmentation des pressions dans les cavités cardiaques gauches.
La création de ces systèmes à basse et haute pression
entraîne une disparition progressive des deux shunts (foramen ovale
et canal artériel).
Les deux ventricules cardiaques fonctionnent alors "en série".
La fermeture des shunts va se faire progressivement et de façon réversible durant environ une semaine ; pendant cette période, si les résistances pulmonaires restent élevées, on peut assister à une persistance ou un retour en circulation foetale.
La sécrétion du liquide intra-pulmonaire s'arrête quelques heures avant l'accouchement. La compression thoracique, lors du passage par la filière génitale, permet l'évacuation d'une partie de ce liquide. Une grande quantité du liquide intra-pulmonaire sera résorbée par voie veineuse et lymphatique trans-alvéolaire.
La mise en route de la respiration dans les vingt secondes suivant l'expulsion (premier cri) est déclenchée par des mécanismes non entièrement élucidés (stimuli sensoriels : froid, passage du milieu liquide au milieu aérien ; stimuli chimiques : acidose secondaire au clampage du cordon,...)
Ces premiers mouvements respiratoires vont entraîner une expansion alvéolaire.
Pour qu'il y ait création d'une capacité résiduelle fonctionnelle nécessaire aux échanges gazeux, la présence du surfactant pulmonaire est indispensable.
Cette substance lipido-protidique a des propriétés tensio-actives permettant de maintenir les alvéoles ouvertes en fin d'expiration.
La production du surfactant par les pneumocytes n'est efficace qu'en fin de grossesse (35 semaines).
Pendant la vie foetale, l'équilibre du milieu intérieur est
assurée par le placenta.
Les fonctions glomérulaires et tubulaires du rein sont en général
satisfaisantes chez le nouveau-né à terme mais elles ne s'adaptent
pas toujours bien aux diverses situations pathologiques.
Elle ne sera efficace que chez le nouveau-né à terme.
Après l'accouchement, la température de l'enfant va s'abaisser
très rapidement.
Les risques d'hypothermie sont élevés, en particulier chez le
prématuré qui n'a pas de système de thermorégulation
efficace.
La nutrition transplacentaire va brusquement s'interrompre à la naissance.
Le maintien d'une glycémie efficace va être assurée d'abord
par la glycogénolyse hépatique relayée rapidement par
l'alimentation lactée.
Les fonctions digestives (motricité et absorption) ont une maturation
progressive durant la grossesse et les premières semaines de vie.
Elle est indispensable pour une bonne prise en charge adaptée à
chaque nouveau-né car les résultats de cette enquête permettront
d'orienter l'examen du nouveau-né en fonction des éléments
susceptibles de retentir sur l'état de l'enfant.
Les renseignements seront pris auprès des parents, de l'équipe
obstétricale, du médecin de famille.
- maladie héréditaire familiale,
- décès inexpliqué en période néonatale,
risque de maladie métabolique,
- notion de consanguinité.
Maladie antérieure à la grossesse pouvant, directement ou par l'intermédiaire du traitement, avoir un effet sur le foetus.
- modalités de surveillance,
- examens paracliniques (échographies, sérologies : rubéole,
toxoplasmose, Hbs, HIV),
- âge maternel :
- groupe sanguin O ou Rh- : risque d'incompatibilité foeto-maternelle,
- conditions socio-économiques :
- gémellité : risque de prématurité, d'hypotrophie,
de difficultés obstétricales,
- métrorragies : risque d'anémie,
- diabète maternel mal équilibré :
- HTA - toxémie gravidique :
- Infections :
- prise de médicaments :
- Intoxication : tabac, alcool, autres drogues :
En pratique, toute pathologie maternelle pendant la grossesse devra être connue.
- Terme théorique
- rupture des membranes amniotiques de plus de 10 heures : risque d'infection.
- hydramnios - oligoamnios : risque de malformations.
- durée et progression du travail
- éventuelles manoeuvres instrumentales
- voie basse ou césarienne (indication).
- le liquide amniotique teinté, les anomalies du rythme cardiaque foetal,
du doppler foetal sont des signes de souffrance neurologique.
- pathologie funiculaire : risque de souffrance
- drogues maternelles, anesthésie
- état du placenta.
La durée de la grossesse est calculée en semaines d'aménorrhée
(donc à partir du 1er jour des dernières règles).
- Nouveau-né à terme : né entre 37 et 42
semaines de gestation (259 à 293 jours)
- Nouveau-né prématuré : né avant 37 semaines
de gestation (< ou = 258 jours).
- Nouveau-né postmature : né après 42 semaines
de gestation (> ou = 294 jours).
- La date de début des dernières règles permet de dater de façon assez certaine le début de la grossesse mais :
La courbe de température donne la date d'ovulation, mais elle est rarement faite.
- L 'échographie foetale précoce : faite avant 12 semaines de gestation, les mesures du foetus par échographie permettent de dater la grossesse à 5 jours près.
- Autres critères obstétricaux :
L'évaluation pédiatrique de la maturité va être comparée à l'âge gestationnel annoncé par les obstétriciens :
Iils permettent une appréciation de l'âge gestationnel à
l'inspection de l'enfant.
Le score de Farr (Tableau I), permet de coter différents
éléments morphologiques (aspect de la peau, oedèmes,
lanugo, aspect des oreilles, organes génitaux externes, tissu mammaire,
plis plantaires). Ces éléments sont cotés de 0 à
4 puis le total comparé à des abaques donne une âge gestationnel.
2.1.2.2.2 Les critères neurologiques
(Tableau
II) et en particulier l'examen du tonus permettent d'évaluer l'âge
neurologique. Risques d'erreur :
- pathologie neurologique,
- nouveau-né sous sédatifs,
- autres pathologies.
2.1.2.2.3 les autres critères pédiatriques, sont rarement effectués en pratique (âge électroencéphalographique, âge visuel,...).
Le nouveau-né est :
- eutrophique, si son poids se situe entre le 3è et le 97è
percentile pour son âge gestationnel.
- hypotrophique, si son poids est inférieur au 3è percentile
pour son âge gestationnel.
En pratique, on parle en général d'hypotrophie quand le retard de croissance n'affecte que le poids, et de retard de croissance intra-utérin quand le retard affecte également les autres critères (taille, périmètre crânien).
- hypertrophique, si son poids est supérieur au 97è percentile pour son âge gestationnel.
Le poids, la taille et le périmètre crânien seront mesurés systématiquement pour chaque nouveau-né, puis comparés à des courbes de référence (fig. 2).
Chaque nouveau-né est "classé" en fonction des deux critères
:
- maturité (à terme, prématuré, postmature),
- trophicité (eutrophique, hypotrophique, hypertrophique).
En effet, les risques encourus et la prise en charge sont différents pour chaque catégorie.
Le nouveau-né à terme a :
- un poids moyen de 3300 g,
- une taille moyenne de 50 cm,
- un périmètre crânien moyen de 35 cm.
Dès la naissance, il convient d'évaluer l'état de l'enfant afin de mettre éventuellement rapidement en route les manoeuvres de réanimation.
Les gestes suivant sont systématiquement réalisés
:
- Placer l'enfant sur une table chauffante.
- Aspirer bouche, pharynx, narines si on a la notion d'inhalation de
liquide amniotique, il faut aspirer directement en trachéal sous laryngoscope
ou après intubation avant de débuter la ventilation.
- Préciser rapidement, les rythmes cardiaque et respiratoire, la
qualité du cri, la couleur du bébé et les réponses
à la stimulation cutanée.
- Ces cinq critères cotés de 0 à 2 permettent de déterminer
le score d'Apgar : il est pratiqué à 1 et 10 minutes de vie
(Tableau III). Cette évaluation permet de
guider la conduite à tenir vis-à-vis du nouveau-né :
- Passage systématique d'une sonde souple pour vérifier
la perméabilité des choanes, de l'oesophage et de l'anus.
- Température
- Glycémie éventuelle (dextrostix) - risque majoré
chez le prématuré : l'hypotrophie, l'enfant de mère diabétique
- Examen appareil par appareil (voir suite du cours)
- Systématiquement :
Tous ce gestes doivent être effectués avec le maximum d'asepsie.
Après l'examen initial réalisé en salle de travail, l'enfant,
s'il va bien, va être gardé 5 jours en moyenne à la maternité
auprès de sa maman.
Pendant cette période, l'enfant en observation, sera revu par un pédiatre
au moins à deux reprises à J1 et J5 afin de déceler toute
anomalie.
C'est le meilleur critère de fonctionnement de ces deux appareils
: rose rouge homogène sur tout le corps à l'exception possible
des pieds, mains (acrocyanose).
Chez les bébés de couleur, inspecter les muqueuses.
- La respiratoire est régulière :
- Le thorax est :
- Le murmure vésiculaire est audible, symétrique.
- L'enfant respire bouche fermée, sauf pendant les cris.
- Sont pathologiques :
- Toute anomale respiratoire doit conduire à pratiquer une radiographie pulmonaire et des gaz du sang. Elle impose le transfert du bébé en unité de néonatologie.
L'examen se fera dans le calme, avec un stéthoscope de petit diamètre réchauffé, sur un enfant ne pleurant pas.
- La palpation permet de préciser la position du coeur.
- La fréquence cardiaque au repos est rapide, entre 120 et 160/minute variant en fonction de l'activité du bébé :
- La découverte d'un souffle à cet âge doit entraîner une surveillance répétée mais n'a pas une signification univoque :
- La cyanose précoce, permanente, non améliorée par l'oxygène doit faire soupçonner une transposition des gros vaisseaux.
- La palpation des pouls est systématique aux membres supérieurs et inférieurs :
- Appréciation de l'hémodynamique
L'examen est complété par l'auscultation du crâne, des vaisseaux du cou et de l'abdomen à la recherche d'un souffle vasculaire.
Toute anomalie suspectée sur la position du coeur, son volume, etc... doit conduire à demander des examens complémentaires (radio pulmonaire, ECG, échographie cardiaque, gaz du sang).
- A la naissance la peau est recouverte d'un enduit blanchâtre adhérent : le vernix caséosa.
- La peau est de couleur rose vif et chaude avec parfois une légère cyanose palmoplantaire :
- Il faut connaître certaines particularités sans signification pathologique :
- Les anomalies localisées à la région sacrée :
- Ictère dit physiologique : apparaît vers le 3ème jour, ne se prolonge en règle pas au delà de 3 semaines.
- L'abdomen est volontiers légèrement météorisé,
facilement dépressible,
- Un diastasis des droits est banal,
- Le foie peut déborder le rebord costal de 1à 2 cm,
- La rate n'est pas palpable,
- Le méconium, d'aspect brun verdâtre est émis dans les
24 premières heures. L'absence d'émission à la 36è
heure doit faire rechercher notamment : une mucoviscidose, une hypothyroïdie,
une maladie de Hirsprung.
Doivent attirer l'attention :
- une anomalie de volume de l'abdomen surtout si elle est associée
à des vomissements ; un ventre "plat" fait suspecter une malformation
digestive haute (atrésie de l'oesophage, hernie diaphragmatique,...),
- une masse anormale abdominale :
- une hernie inguinale :
- le cordon ombilical : blanc jaunâtre (gelée de Wharton), sa tranche de section laisse voir deux artères et une veine ombilicale. Il sèche et tombe en 8 à 15 jours. Une artère ombilicale unique fait rechercher une malformation digestive ou génito-urinaire associée.
- Les reins peuvent être normalement palpables surtout à gauche.
- Vérifier l'absence de globe vésical.
- Il faut noter la première miction et la qualité du jet urinaire.
Une miction difficile en goutte à goutte chez le garçon, traduit
l'existence de valves de l'urètre postérieur, urgence thérapeutique
(risque de lésions rénales).
- La première miction peut être retardée jusqu'au 3ème
jour.
A la naissance, les organes génitaux externes sont souvent oedématiés.
- le scrotum est plus ou moins plissé avec un raphé médian,
- les testicules sont en position variable : dans les bourses, ou à
l'anneau,
- on précise : la taille de la verge, la position de l'orifice urétral
(épi, hypospadias),
- il existe presque toujours un phimosis serré,
- l'hydrocèle vaginale est fréquente et régresse spontanément.
- petites lèvres et clitoris sont transitoirement hypertrophiées
;
- il faut apprécier les orifices urétral et vaginal ;
- on recherche une éventuelle imperforation de l'hymen.
- des sécrétions muqueuses épaisses,
- des métrorragies (pseudomenstruation),
- dans les deux sexes, une hypertrophie mammaire avec même sécrétion
lactée possible ;
- l'évolution se fait spontanément vers la régression
en quelques jours.
2.4.5.4 Toute ambiguïté sexuelle
doit être reconnue et prise en charge dès les premiers jours.
Elle pose deux problèmes :
- celui de ne pas déclarer abusivement un sexe déterminé,
- celui de ne pas méconnaître une hyperplasie congénitale
des surrénales mettant la vie en danger.
- les anomalies les plus courantes sont les anomalies des doigts (surnuméraire,
syndactylie), les pieds bots et les luxations de hanche,
- Comparer la longueur et le volume des membres.
- Vérifier la souplesse des articulations.
- Rechercher une asymétrie des mouvements.
Toute hanche luxée ou luxable doit être découverte dès les premiers jours de vie. En effet, bien que l'examen des hanches demande une certaine expérience, le traitement de la hanche luxable est souvent simple (langeage en abduction) si elle est découverte rapidement ; par contre l'évolution d'une hanche luxable non diagnostiquée en période néonatale peut être catastrophique.
Dépistage de la luxation congénitale de hanche
|
Figure 1 : Recherche de l'instabilité des hanches
(ressaut - signe d'Ortolani) |
Figure 1
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Figure 2 : Dans un deuxième temps, les mains écartent les cuisses l'une de l'autre et les index refoulent les cuisses d'arrière en avant. Si l'on sent un ressaut, il traduit une hanche luxée réductible (figure 4). |
Figure 2
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Figure 3 : Le ressaut de sortie. |
Figure 3
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Figure 4 : Le ressaut de rentrée. |
Figure 4
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Figure 5 : Méthode de Barlow |
Figure 5
![]() |
Le dépistage d'une anomalie de la hanche doit être
particulièrement rigoureux quand il existe la notion de cas familial,
d'un accouchement par le siège, d'anomalie des pieds (talus,...). Il
faut alors réaliser une échographie du bassin à 4 mois.
On conseille vivement chez tous les enfants une radiographie du bassin à
4 mois.
L'inspection recherche une tuméfaction médiane traduisant l'existence d'un spina bifida nécessitant une prise en charge rapide en milieu neurochirurgical. On en précisera le degré (myéloméningocèle plus ou moins ouvert) et les troubles neurologiques qu'il entraîner (béance anale, troubles mictionnels, paraplégie,...)
Une fossette coccygienne profonde, une touffe de poils en région sacrée doivent alerter également.
Rechercher un torticolis (mieux visible quand l'enfant est vu de dos).
Les clavicules sont systématiquement palpées à la recherche de fracture.
- périmètre crânien normal entre 33 et 37 cm,
- le crâne doit être examiné :
- La bosse sérosanguine est un épanchement cutané. La résorption a lieu en quelques jours. Elle peut chevaucher une suture. (schéma 2).
- Le céphalhématome est un épanchement sous-périosté plus préoccupant devant faire rechercher une fracture du crâne (parfois associée à une hémorragie intracrânienne (schéma 2)).
- On doit apprécier sa mobilité.
- On recherche la présence éventuelle d'un ptérigium
coli, d'un goître, d'une fistule.
- La palpation des muscles sternocléido-mastoïdiens recherche
un hématome associé souvent à une attitude en torticolis.
- S'assurer de l'absence de fente palatine, vélopalatine, de bec
de lièvre, de dents.
- On recherche un frein de la lange qui peut gêner la succion.
- Une grosse langue doit faire penser à une hypothyroïdie.
- Dès la naissance, doivent être diagnostiqués : l'imperforation
des choannes, le syndrome de Pierre Robin (QS).
- On recherche une éventuelle dysmorphie, une obliquité des
palpébrales, un hypertélorisme.
- Les oreilles : niveau d'implantation, forme du pavillon, présence
d'un conduit.
- Les yeux : conjonctives, iris, pupille, taille des globes oculaires, larmoiements
:
L'examen neurologique du nouveau-né peut être variable, dépendant
de son état de veille, de sa faim, de son instabilité. C'est
pourquoi il devra être répété s'il persiste un
léger doute au premier examen.
Il comprend l'étude du tonus actif et passif, de sa mobilité
; mais aussi l'évaluation des déficiences sensorielles, du comportement,
de la vie de relation.
- La posture est le reflet du tonus passif. Elle doit être appréciée sur l'enfant en état d'éveil calme. Le bébé est en quadriflexion reflétant la prépondérance des muscles fléchisseurs chez le nouveau-né à terme.
- L'étude des angles :
- Le signe du foulard (figure 5)
- Retour en flexion de l'avant-bras : étendre l'avant-bras du nouveau-né qui est spontanément en flexion et évaluer le retour en flexion de celui-ci (côté présente, absent, retardé,...)
Il est apprécié par l'évaluation de la gesticulation spontanée du bébé qui, éveillé, bouge bras et jambes en permanence.
- Redressement des membres inférieurs et du tronc (fig. 6)
Il faut maintenir l'enfant en position debout en soutenant le thorax sous les bras. Quand les plantes des pieds prennent appui sur la table d'examen, on observe une contraction puis-sante des membres inférieurs en extension, puis du tronc. On assiste à une contraction active des fléchisseurs du cou dans le redressement d'arrière en avant et à une contraction active des extenseurs du cou dans le redressement d'avant en arrière.
- Succion - déglutition (fig. 7)
On apprécie la force, le rythme et le synchronisme.
- le grasping des doigts (fig. 8)
La stimulation palmaire par le doigt de l'examinateur entraîne une forte
flexion des doigts qui se referment sur l'objet stimulant.
Quand la contraction est puissante, il est possible de soulever l'enfant ainsi
aggripé du plan du lit. (réponse à la traction). (fig.
9)
- Réflexe de Moro (fig. 10)
Soulever légèrement les épaules du plan d'examen en tirant
le bébé par les mains. Lorsque les mains sont lâchées,
le réflexe est déclenché par un changement d'angulation
de la tête et du tronc :
- Allongement croisé (fig. 11)
Stimuler un pied en frottant la plante, le membre inférieur maintenu
en extension. La réponse obtenue à l'autre membre inférieur
:
- Marche automatique (fig. 12)
L'enfant maintenu debout, légèrement penché ébauche
alors des pas de marche en po-sant le talon d'abord, s'il est à terme.
- Réflexe des points cardinaux
Quand on chatouille le pourtour des lèvres du bébé avec
les doigts, celui-ci va tourner la tête du côté stimulé.
- Enfin, on notera avec soin l'intensité du cri, de même que son caractère aigu ou non :
- Vision
Le bébé est attiré par la lumière douce, tournant
la tête vers celle-ci.
On note un début de poursuite oculaire quand on parvient à capter
son attention par la vision d'un objet de couleur contrastée (ex. cible
noir blanc, visage,....)
- Audition : le nouveau-né réagit au bruit, à la voix.
- Réaction gustative :
- Perception, contact : réceptivité de la peau aux stimulations tactiques (caresses, pi-qûres,...)
On apprécie :
- les états de veille et de sommeil,
- les degré de vigilance,
- les capacités d'adaptation (reconnaissance, accoutumance à
l'environnement),
- les capacités d'échange,
- les manifestations de colère.
- la phénylcétonurie (dosage de la phénylalaninémie),
- l'hypothyroïdie congénitale (dosage de la TSH).
- l'hyperplasie congénitale des surrénales (dosage de la 17
OH progestérone).
- la mucoviscidose (dosage de la trypsine immuno-réactive).
- la drépanocytone.
Le prélèvement de sang se fait sur un papier buvard.
L'examen du nouveau-né est donc un temps primordial. Il doit faire participer les parents.
Il permet de rechercher une anomalie somatique, neurologique mais il permet aussi d'évaluer les performances du tout petit.
Cet examen doit tenir compte des phases d'éveil, de la disponibilité du bébé ; il doit être complet mais court et donc doit être répété si besoin.
L'examen du nouveau-né fait durant la première semaine est reporté dans le carnet de santé et permet de remplir le certificat obligatoire des 8 premiers jours de vie.