1 Les signes d'appel
1.1 La douleur
Dans un premier temps il est essentiel de préciser les différentes
caractéristiques de cette douleur :
- Horaire et type de douleur :
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Mécanique
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Inflammatoire
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calmée par le repos
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peu ou pas calmée par le repos
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pas de réveil nocturne
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réveil nocturne vers 3-4 heures
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pas de raideur matinale
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raideur matinale
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- Mode
de début : brutal ou insidieux
- Evolution
:
- Amélioration : spontanée, sous traitement (lesquels?),
position antalgique ?
- Aggravation : brutale ou progressive ?- Intensité
: Il existe des échelles d'auto-évaluation
-
Facteurs déclenchants
- Type de douleur : brûlure, décharge électrique
continue ou paroxystique
- Site de la douleur : site initial (articulaire, para-articulaire
ou autre) ou irradiations
Cas particuliers - Interprétation de la douleur chez le nourrisson
et le jeune enfant :
Même après l'acquisition de la parole, l'enfant n'exprimera pas
la douleur comme un adulte. Il faut donc accorder d'autant plus d'importance
à l'observation et aux commentaires des parents.
- Difficulté
de localiser la douleur
- Impotence
fonctionnelle résultante : enfant grognon dès qu'on le mobilise,
difficultés de déshabillage, diminution des activités
ludiques, position antalgique et attitude vicieuse.
- Retentissement
psychomoteur. Les douleurs chroniques peuvent être responsables d'un
état d'apathie
- Réactions
émotionnelles (cris, pleurs ...). Elles peuvent aider à évaluer
l'intensité de la douleur mais dépendent d'autres phénomènes
(la faim, la fatigue, la peur du médecin ...)
1.2 Déformations
Elles peuvent être : congénitales ou acquises ( => date de début
)?, douloureuses, aggravatives
1.3 Fractures
Il faut alors essayer de savoir si elle est survenue sur un
os sain ou pathologique.
Si elle est survenue pour un traumatisme minime (ex : chute de sa hauteur) ou
même sans traumatisme, alors il s'agit d'une fracture pathologique.
2 Sémiologie articulaire
- Préciser
l'horaire de la douleur.
- Rechercher l'existence d'une
raideur matinale et préciser sa
durée.
- Analyse des
signes locaux :
- couleur, rougeur, aspect cyanotique, etc...
- gonflement (= hydarthrose)? : impression de rénitence (plutôt
liquidien) ; impression d'empâtement (plutôt synovite)
- augmentation ou diminution de la chaleur cutanée.
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Amplitudes articulaires :
- Mobilité active ( mouvements effectués par le patient)
- Mobilité passive ( mouvements imposés par l'examinateur)
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Le poignet
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Le coude
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Les métatarsophalangiennes
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3 Sémiologie tendineuse
3.1 Signes fonctionnels
- douleur
d'installation progressive,
- augmentée
par la mise en jeu des muscles concernés,
- calmées
par le repos puis permanentes.
3.2 Examen physique
la douleur est réveillée par :
- la
palpation du tendon notamment au niveau des insertions tendineuses,
- la
mise en tension passive du tendon,
- la
contraction contre résistance du muscle qui reproduit la douleur.
4 Sémiologie musculaire
- Douleur :
- crampes
- myalgies : douleurs souvent mal localisées, souvent insomniantes
-
Amyotrophie : fonte musculaire, évaluée comparativement
à l'autre côté.
-
Déficit musculaire
5 Sémiologie rachidienne
5.1 Syndrome douloureux
5.1.1 Définitions
- cervicalgie
: douleur localisée au rachis cervical.
- névralgie
cervico-brachiale : douleur par atteinte d'une racine cervicale appartenant
au plexus brachial.
- dorsalgie.
- lombalgie
: douleur localisée au rachis lombaire.
- sciatique
: douleur provenant du rachis lombaire irradiant au membre inférieur
selon le trajet L5 ou S1.
- cruralgie
: douleur provenant du rachis lombaire irradiant au membre selon le trajet des
racines L3 ou L4.
5.1.2 Interrogatoire
Il préciser les caractères : horaire de survenue, facteurs favorisants
tels que la toux.
5.1.3 Examen clinique
- mobilité rachidienne lombaire :
en flexion : chez les grands enfants et les adolescents, on peut
utiliser le test de Schöber pour apprécier la mobilité
élective du segment lombaire, qui est proportionnelle à l'augmentation
de distance séparant deux points lombaires lors du passage de la
position debout à la position penchée en avant. Le point inférieur
est situé à l'intersection de la verticale passant par les
épineuses et de l'horizontale tangente à l'espace L5-S1 ;
le point supérieur est mesuré 10 cm plus haut.
en latéroflexion : recherche d'une cassure.
en extension : recherche d'une douleur provoquée, évocatrice
d'une pathologie de l'arc postérieur.
- mobilité rachidienne cervicale :
- mesure de la distance menton-sternum ou occiput-mur
- étude des rotations
- mobilité dorsale :
- elle est très faible. On peut mesurer la mobilité des articulations
costo-vertébrales par la mesure de l'ampliation thoracique : différence
de périmètre de la poitrine entre inspiration et expiration
forcées.
- points
douloureux à la palpation :
au niveau rachidien.
au niveau paravertébral : contracture musculaire.
signe de la sonnette : la palpation latérorachidienne de l'émergence
de la racine réveille l'irradiation douloureuse au membre inférieur.
- signes
de tension radiculaire :
signe de Lasègue : l'enfant étant en décubitus
dorsal , on soulève le membre inférieur en extension. Le signe
de Lasègue est dit positif si cette manoeuvre réveille une
douleur dans le membre inférieur. Il faut noter l'angle pour
lequel la douleur apparaît . Il témoigne d'une atteinte radiculaire
L5 et S1.
signe de Thomas (ou Lasègue inversé) : L'enfant
étant en décubitus ventral, on fléchit le genou sur
la cuisse. Le signe de Thomas est dit positif si cette manoeuvre réveille
une douleur en face antérieure de cuisse. Il témoigne
d'une atteinte radiculaire L3 ou L4.
- examen
neurologique à la recherche :
- paresthésies,
- déficit sensitif subjectif,
- déficit moteur,
- réflexes ostéotendineux,
- signes pyramidaux.
- examens
des sacro-iliaques :
- le patient se plaint d'une fessalgie,
- douleurs à la pression en regard des épines iliaques postéro-supérieures,
signe du trépied : l'appui prononcé au niveau du sacrum réveille
une douleur des sacro-iliaques (patient en décubitus ventral).
5.2 Déformation
5.2.1 Dans le plan frontal : la scoliose
Il faut la rechercher systématiquement chez tout enfant,
spécialement en période pubertaire.
Elle associe une inclinaison latérale, à droite ou à
gauche de la verticale, à une rotation autour de l'axe rachidien, responsable
de la gibbosité.
Diagnostic différentiel : attitude scoliotique où il
n'y a pas de rotation des corps vertébraux. Les déformations
disparaissent en décubitus ventral et en antéflexion du tronc.
Elle est due à une inégalité de longueur des membres
inférieurs, une attitude vicieuse de hanche. Il faut toujours faire
un examen neurologique complet à la recherche de maladies neurologiques
sous-jacentes.
A l'inspection on note :
- une déviation latérale par rapport à un fil à
plomb placé en regard de l'épineuse de C7.
- on recherche la gibbosité, l'enfant étant penché
en avant. C'est une saillie des côtes liée à la rotation
des corps vertébraux. Sa hauteur se mesure du côté sain,
symétriquement à la ligne des épineuses.
5.2.2 Dans la plan sagittal :
- cyphose
: accentuation de la courbure dorsale,
- hyperlordose
: accentuation de la lordose lombaire ou cervicale.
En résumé
La sémiologie de rhumatologie pédiatrique peut être :
- soit isolée : dominée par la douleur ou la déformation,
- soit associée, d'où la recherche :
des antécédents personnels,
des antécédents familiaux de rhumatisme,
de fièvre : importance, évolution dans la journée,
associée à des frissons ?
d'une asthénie, anorexie, amaigrissement,
d'une hépatosplénomégalie, adénopathies,
d'une éruption cutanée :
- de type érythémateuse, fugace,
- à type de desquamation au niveau des coudes, des genoux, des lombes,
dans le cuir chevelu (psoriasis).