AVANT PROPOS

Cet ensemble de recommandations concerne le bon usage des examens complémentaires et des demandes d'avis spécialisés dans une centaine de situations médicales courantes.
Une telle démarche globale, qui n'était autrefois qu'une exigence intellectuelle, est aujourd'hui devenue, pour tous, une contrainte économique et une discipline professionnelle, car il faut admettre avec lucidité que la prescription d'un examen complémentaire n'a de sens que si le résultat de celui-ci est susceptible d'être mis au service d'un objectif de santé individuelle ou collective.

En médecine, générale ou de spécialité, les problèmes et les solutions sont toujours les mêmes :
- reconnaître ses propres limites de compétence, c'est-à-dire déterminer les moments où il devient opportun de solliciter un avis spécialisé ;
- privilégier une démarche orientée par l'inventaire et la réflexion clinique plutôt que s'engager dans une succession de conduite dites systématiques et qui ne sont en fait que des habitudes.


Mais la multiplicité et la rapidité d'évolution des techniques d'investigation, et la difficulté à évaluer la pertinence de chaque examen complémentaire dans le cadre d'une pratique non spécialisée, sont des obstacles objectifs à une parfaite maîtrise du plateau technique.
C'est pourquoi, de novembre 1992 à décembre 1996, un groupe de réflexion a réuni une trentaine de médecins du CHU : cliniciens de divers niveaux d'expérience médicale ainsi que responsables de laboratoires.
Pour chaque discipline, un coordinateur a sélectionné les situations courantes de sa spécialité et a élaboré des recommandations en collaboration avec l'ensemble des consultants concernés, cliniciens ou de laboratoire.
Ces recommandations ont été soumises à la critique de l'ensemble du groupe, et amendées.
La plupart ont été ensuite évaluées en pratique courante, dans 6 unités fonctionnelles de services cliniques volontaires, et modifiées une seconde fois, avec le concours technique de Françoise Riou, médecin de santé publique.

Ce fascicule fera l'objet d'une mise à jour régulière, prenant en compte l'évolution des pratiques et vos propres remarques.

Finalement, il s'agit bien de la conviction qu'à une maîtrise purement comptable des dépenses de santé, il faut sans conteste préférer une maîtrise éclairée par la réflexion médicale.
A nous, médecins hospitaliers de relever ce défi.

Gilles EDAN
Coordinateur du Groupe de réflexion

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