Troubles mentaux et du comportement liés à l'utilisation de
substances psycho-actives (F10-F19)
Ce groupe comprend de nombreux troubles variés, de gravité et de
symptomatologie diverses, mais qui sont tous liés à l'utilisation
d'une ou de plusieurs substances psycho-actives, prescrites ou non par un
médecin. Le troisième caractère du code identifie la
substance impliquée, alors que le quatrième caractère sert
à spécifier les tableaux cliniques; les quatrièmes
caractères doivent être utilisés, selon les besoins, pour
chacune des substances indiquées; il convient toutefois de noter que les
quatrièmes caractères du code ne sont pas tous applicables
à chaque substance.
L'identification de la substance psycho-active doit se faire à partir de
toutes les sources d'information possibles. Ces dernières comportent:
les informations fournies par le sujet lui-même, les analyses de sang,
d'urine, etc., les symptômes physiques et psychologiques
caractéristiques, les signes et comportements cliniques, les drogues
trouvées chez le patient, les renseignements de tierces personnes bien
informées. De nombreux sujets consomment plusieurs catégories de
substances psycho-actives différentes. Le diagnostic principal se fera,
si possible, en fonction de la substance toxique (ou de la catégorie de
substances toxiques) qui est responsable du tableau clinique ou qui en
détermine les caractéristiques essentielles. Des diagnostics
supplémentaires doivent être codés quand d'autres
substances psycho-actives ont été consommées en
quantité suffisante pour provoquer une intoxication (quatrième
chiffre .0), des conséquences nocives (quatrième chiffre .1), une
dépendance (quatrième chiffre .2) ou d'autres troubles
(quatrième chiffre .3-.9).
Le diagnostic de troubles liés à l'utilisation de substances
multiples (F19) doit être réservé à des cas
où le choix des substances psycho-actives se fait de façon
chaotique et sans discrimination, ou dans lesquels il n'est pas possible de
différencier les effets provenant des unes ou des autres.
A l'exclusion de : abus de substances n'entraînant pas de
dépendance (F55)
Les subdivisions suivantes peuvent être utilisées comme
quatrième chiffre avec les rubriques F10-F19 :
.0 Intoxication aiguë
État consécutif à la prise d'une substance psycho-active
et entraînant des perturbations de la conscience, des facultés
cognitives, de la perception, de l'affect ou du comportement, ou d'autres
fonctions et réponses psychophysiologiques. Les perturbations sont
directement liées aux effets pharmacologiques aigus de la substance
consommée, et disparaissent avec le temps, avec guérison
complète, sauf dans les cas ayant entraîné des
lésions organiques ou d'autres complications. Parmi les complications,
on peut citer: les traumatismes, les fausses routes avec inhalation de
vomissements, le delirium, le coma, les convulsions et d'autres complications
médicales. La nature de ces complications dépend de la
catégorie pharmacologique de la substance consommée et de son
mode d'administration.
États de transe et de possession au cours d'une intoxication par une
substance psycho-active
Intoxication pathologique
Ivresse :
. SAI
. alcoolique aiguë
"Mauvais voyages" (drogues)
.1 Utilisation nocive pour la santé
Mode de consommation d'une substance psycho-active qui est préjudiciable
à la santé. Les complications peuvent être physiques (par
exemple hépatite consécutive à des injections de
substances psycho-actives par le sujet lui-même) ou psychiques (par
exemple épisodes dépressifs secondaires à une forte
consommation d'alcool).
Abus d'une substance psycho-active
.2 Syndrome de dépendance
Ensemble de phénomènes comportementaux, cognitifs et
physiologiques survenant à la suite d'une consommation
répétée d'une substance psycho-active, typiquement
associés à un désir puissant de prendre la drogue,
à une difficulté à contrôler la consommation,
à une poursuite de la consommation malgré des conséquences
nocives, à un désinvestissement progressif des autres
activités et obligations au profit de la consommation de cette drogue,
à une tolérance accrue, et, parfois, à un syndrome de
sevrage physique.
Le syndrome de dépendance peut concerner une substance psycho-active
spécifique (par exemple le tabac, l'alcool ou le diazépam), une
catégorie de substances (par exemple les substances opiacées), ou
un ensemble plus vaste de substances psycho-actives pharmacologiquement
différentes.
Alcoolisme chronique
Dipsomanie
Toxicomanie
.3 Syndrome de sevrage
Ensemble de symptômes qui se regroupent de diverses manières et
dont la gravité est variable; ils surviennent lors d'un sevrage complet
ou partiel d'une substance psycho-active consommée de façon
prolongée. La survenue et l'évolution du syndrome de sevrage sont
limitées dans le temps et dépendent de la catégorie et de
la dose de la substance psycho-active consommée immédiatement
avant l'arrêt ou la réduction de la consommation. Le syndrome de
sevrage peut se compliquer de convulsions.
.4 Syndrome de sevrage avec delirium
État dans lequel le syndrome de sevrage décrit sous le
quatrième chiffre .3 se complique d'un delirium (voir les
critères de F05.-). Cet état peut également comporter des
convulsions. Lorsque des facteurs organiques jouent également un
rôle dans cette étiologie, l'état doit être
classé en F05.8.
Delirium tremens
.5 Trouble psychotique
Ensemble de phénomènes psychotiques survenant durant ou
immédiatement après la consommation d'une substance
psycho-active, qui ne peuvent être entièrement expliqués
par une intoxication aiguë et qui n'entrent pas dans le cadre d'un
syndrome de sevrage. Ce trouble se caractérise par la présence
d'hallucinations (typiquement auditives, mais souvent également
polysensorielles), d'une distorsion des perceptions, d'idées
délirantes (souvent de type paranoïaque ou persécutoire), de
perturbations psychomotrices (agitation ou stupeur), et d'un affect anormal,
pouvant aller d'une peur intense à l'extase. Les fonctions
élémentaires ne sont habituellement pas touchées, mais il
peut exister un certain degré d'obnubilation de la conscience,
n'atteignant toutefois jamais le caractère d'une confusion grave.
Hallucinose alcoolique
Jalousie alcoolique
Paranoïa alcoolique
Psychose SAI alcoolique
A l'exclusion de : trouble psychotique résiduel ou de survenue
tardive, induit par l'alcool ou d'autres substances psycho-actives (F10-F19
avec le quatrième chiffre .7)
.6 Syndrome amnésique
Syndrome dominé par la présence de troubles chroniques de la
mémoire (faits récents et anciens). La mémoire
immédiate est habituellement préservée et la
mémoire récente est plus sévèrement
perturbée que la mémoire des faits anciens. Il y a habituellement
des perturbations manifestes de la perception du temps et de la chronologie des
événements, ainsi que des difficultés à apprendre
des matières nouvelles. Le syndrome peut comporter une fabulation
intense. Les autres fonctions cognitives sont d'habitude relativement
préservées et les troubles mnésiques sont sans commune
mesure avec les autres perturbations.
Psychose ou syndrome de Korsakov, induit par l'alcool ou d'autres substances
psycho-actives ou sans précision
Trouble amnésique induit par l'alcool ou les drogues
A l'exclusion de : syndrome de Korsakov non alcoolique (F04)
.7 Trouble résiduel ou psychotique de survenue tardive
État dans lequel les modifications, induites par les substances
psycho-actives, des cognitions, des affects, de la personnalité ou du
comportement persistent au-delà de la période où l'on
estime que la substance psycho-active a des effets directs. La survenue de la
perturbation doit être directement liée à la consommation
de la substance. Les cas où le début du trouble est
retardé par rapport à un (des) épisode(s) d'abus d'une
substance psycho-active ne doivent être notés ici que s'il existe
des arguments clairs et précis permettant d'attribuer le trouble aux
effets résiduels de la substance. Les flashbacks peuvent être
différenciés d'un état psychotique, en partie parce qu'ils
sont épisodiques et souvent de courte durée, et en partie parce
qu'ils reproduisent des expériences antérieures liées
à l'alcool ou à d'autres substances psycho-actives.
Démence :
. alcoolique SAI
. et autres altérations des fonctions cognitives durables, moins
sévères
Flashbacks
Syndrome cérébral alcoolique chronique
Trouble (des) :
. affectif résiduel
. perceptions persistant, induit par des substances hallucinogènes
. psychotique de survenue tardive, induit par des substances psycho-actives
. résiduel de la personnalité et du comportement
A l'exclusion de : état psychotique induit par l'alcool ou d'autres
substances psycho-actives (F10-F19 avec le quatrième chiffre .5)
syndrome de Korsakov induit par l'alcool ou d'autres substances psycho-actives
(F10-F19 avec le quatrième chiffre .6)
.8 Autres troubles mentaux et du comportement
.9 Trouble mental ou du comportement, sans précision
F10.- Troubles mentaux et du comportement liés à l'utilisation
d'alcool
[voir pages 338-341 pour les subdivisions]
F11.- Troubles mentaux et du comportement liés à l'utilisation
d'opiacés
[voir pages 338-341 pour les subdivisions]
F12.- Troubles mentaux et du comportement liés à l'utilisation de
dérivés du cannabis
[voir pages 338-341 pour les subdivisions]
F13.- Troubles mentaux et du comportement liés à l'utilisation de
sédatifs ou d'hypnotiques
[voir pages 338-341 pour les subdivisions]
F14.- Troubles mentaux et du comportement liés à l'utilisation de
cocaïne
[voir pages 338-341 pour les subdivisions]
F15.- Troubles mentaux et du comportement liés à l'utilisation
d'autres stimulants, y compris la caféine
[voir pages 338-341 pour les subdivisions]
F16.- Troubles mentaux et du comportement liés à l'utilisation
d'hallucinogènes
[voir pages 338-341 pour les subdivisions]
F17.- Troubles mentaux et du comportement liés à l'utilisation du
tabac
[voir pages 338-341 pour les subdivisions]
F18.- Troubles mentaux et du comportement liés à l'utilisation de
solvants volatils
[voir pages 338-341 pour les subdivisions]
F19.- Troubles mentaux et du comportement liés à l'utilisation de
drogues multiples et troubles liés à l'utilisation d'autres
substances psycho-actives
[voir pages 338-341 pour les subdivisions]
Cette catégorie doit être utilisée quand au moins deux
substances psycho-actives sont utilisées, sans qu'il soit possible de
déterminer laquelle est principalement en cause dans le trouble. Cette
catégorie doit également être utilisée quand la
nature exacte de certaines -voire de l'ensemble- des substances psycho-actives
utilisées est incertaine ou inconnue, de nombreux consommateurs de
drogues multiples ne sachant pas exactement eux-mêmes ce qu'ils
prennent.