La sténose hypertrophique du pylore est connue depuis le 17ème siècle, mais la première description exacte a été faite par Hirschsprung en 1888. La pyloromyotomie extramuqueuse telle qu’elle est encore réalisée aujourd’hui a été décrite par un chirurgien français, Fredet, en 1907.
Définition
Il s’agit d’une hypertrophie sténosante du muscle pylorique, faisant obstacle à la vidange gastrique.
Anatomie
L'anatomie est au mieux étudiée sur une coupe longitudinale

Figure 1 : Sténose hypertrophique du pylore. Coupe longitudinale de l'olive.
Elle n’est pas connue, aucune des hypothèses soulevées jusqu’à présent n’a pu être confirmée (irritation
muqueuse, hypergastrinémie, médicaments pendant la grossesse, anomalies de l’innervation intrinsèque).
Il y a par contre des facteurs génétiques. La sténose du pylore est plus fréquente chez le garçon
que chez la fille
Clinique
Dans la forme typique, les symptômes débutent chez un nourrisson en parfaite santé,
après un intervalle libre de
3 à
L’examen clinique doit rechercher des ondulations péristaltiques à l’inspection à jour frisant de l’hypochondre gauche. La palpation de l’hypochondre droit permet très souvent de retrouver l’olive pylorique, à condition que l’enfant soit parfaitement calme. Cet examen clinique doit aussi apprécier l’état général et rechercher des signes de déshydratation.
Confirmation du diagnostic
Elle repose sur l’échographie, parfaitement fiable entre des mains entraînées. L’olive a un aspect
en cocarde en coupe transversale.
En coupe longitudinale, on voit bien l’hypertrophie musculaire et
l’allongement du canal
muqueux, hyperéchogrène (Fig 2). L’épaisseur du muscle est de

Figure 2 : échographie d'une sténose du pylore.
Les indications du TOGD sont devenues très rares. On le réserve aux rares cas où l’échographie est douteuse. L’ingestion de baryte permet de mettre en évidence la stase et le retard à la vidange gastrique, ainsi que l’image directe de l’olive, avec son canal pylorique très fin et allongé, et son empreinte sur l’estomac et le duodenum (Fig 3a et 3b).

Figures 3a et 3b : TOGD d'une sténose du pylore.
Stase gastrique, peu de passages duodénaux, défilé pylorique très étroit.
Formes cliniques
L’assocation à un reflux gastro-oesophagien est fréquente, parfois avec hernie hiatale (syndrome de Roviralta). Dans ce cas, l’intervalle libre peut être très court ou manquer complètement, les vomissements peuvent parfois être striés de sang.
L’association avec un ictère à bilirubine libre est classique, il disparaît avec le traitement de la sténose du pylore.
La sténose hypertrophique du pylore est en règle isolée, les malformations associées sont très rares.
Diagnostic différentiel
La clinique et l’échographie sont en règle si typiques que le diagnostic de sténose hypertrophique du pylore est facile dans la grande majorité des cas. Il faut éliminer le reflux gastro-oesophagien, les erreurs diététiques, les vomissements de cause infectieuse ou métabolique, le volvulus gastrique et les exceptionnelles dyskinésies antrales.
Bilan et traitement
Dès le diagnostic établi, l’enfant doit être hospitalisé en milieu chirurgical pour bilan, réanimation pré-opératoire et intervention.
Le bilan biologique doit rechercher les conséquences nutritionnelles et les perturbations hydroélectrolytiques liées aux vomissements : alcalose métabolique, hypochlorémie, hypokaliémie, déshydratation extra-cellulaire, baisse des facteurs de coagulation, hypoalbuminémie.
La période de réanimation pré-opératoire visant à
corriger tous ces troubles est en général de
Le traitement est chirurgical , mené par une incision ombilicale qui ne laisse quasiment pas de cicatrice. Après extériorisation complète de l'olive (Fig 4), on réalise une pyloromyotomie extramuqueuse, donc sans ouverture de la lumière digestive.

Figure 4 : aspect per-opératoire de l'olive pylorique.
La sonde gastrique est ôtée
en fin d’intervention, et la perfusion après le réveil.
L'alimentation est reprise progressivement
Les complications sont exceptionnelles. Une brèche muqueuse en per-opératoire doit être recherchée systématiquement, et immédiatement aveuglée par un point de suture : reconnue, elle est sans gravité, mais méconnue, elle aboutit à une péritonite. Une pyloromyotomie insuffisante entraîne la poursuite de la symptomatologie, il s’agit d’une erreur technique. Les problèmes de paroi (infection, éventration) sont prévenus par une bonne préparation pré-opératoire de la peau ombilicale.