PROGRAMMATION D'ADAPTATION PROFESSIONNELLE

AU CENTRE FRANÇOIS-CHARON

 

Évaluation et préparation à l'intégration au travail

 

Gabriel Cabanne, Chef d'unité

 

L'unité de Reclassement professionnel reçoit des personnes atteintes de déficiences motrices (associées ou non à d'autres déficiences) et vivant des incapacités persistantes qui limitent ou empêchent le retour au travail

 

Au cours des dernières années, certains facteurs ont influencé, évolution des services d'évaluation et de préparation à l'intégration au travail. Qu'il s'agisse de l'évolution des lois qui encadrent le retour au travail (Société de l'assurance automobile du Québec et Commission de la santé et de la sécurité du travail), de l'accroissement du nombre de clients, de la complexité des problèmes vécus par certaines personnes ou de la rigidité du marché du travail, les intervenants se sont adaptés à ces nouvelles conditions et les services rendus ont évolué en ce sens

 

Dans ce texte, nous soulignons les éléments importants, dont les intervenants doivent tenir compte, dans le contexte actuel de retour au travail ou aux études de nos clients :

 

  • le client, ses caractéristiques,

  • son cheminement dans les services offerts.

  • quelques impacts des aspects légaux

  • la compatibilité entre la personne et son milieu de travail;

  • les complémentarités avec nos partenaires

     

  • Enfin, nous survolons les résultats obtenus au cours des deux dernières années et les défis que nous avons à relever.

     

    Le client, ses caractéristiques

     

    Quelques données quantitatives

     

     

    1985-1986 1986-1987

    1. 295

     

     

    1988-1989 1988-1989

    1. 366

     

    1989-1990

    343

     

     

    Dans 70% des cas, le niveau de scolarité atteint est le secondaire non terminé. Cette donnée est très stable depuis 5 ans.

     

    Le nombre d'hommes référés augmente :

    1385 : 76% d'hommes

    1990 : 81% d'hommes

     

    La tranche d'âge la plus fréquente se situe entre 22 et 39 ans Cette donnée est stable. Cependant, le nombre de clients de 50 ans et plus croît lentement, mais régulièrement.

     

    De 45% à 50% des clients sont du Québec métropolitain, les autres clients étant de l'Est du Québec.

     

    Le métier pré-accidentel, pour la très grande majorité des clients, est de type non spécialisé (souvent à risques) ou métier technique.

     

    Au moment de leur référence en adaptation professionnelle, il s'est écoulé en moyenne 3 ans 2 mois depuis leur accident ou l'apparition de leur maladie (Moyenne SAAQ--CSST-MSSS 1989-1990)

     

    Autres caractéristiques

     

    En plus des incapacités persistantes que vivent les clients, nous ne pouvons ignorer certaines caractéristiques spécifiques qui influencent le profil d'adaptation tant sociale que professionnelle :

     

     

    Les personnes atteintes de déficiences de naissance n'ont pas toujours le vécu scolaire, socio-familial et professionnel équivalent aux autres personnes de leur âge. Ce manque de vécu peut se traduire par un manque de réalisme. Aussi il est beaucoup plus long et complexe de réussir une intégration au travail ou aux études dans ce contexte

     

    Les personnes atteintes de déficiences acquises (accident, maladie) ont l'avantage de posséder ce vécu socio-professionnel mais le désavantage de comparer leur situation antérieure à leur situation actuelle. Leur

    " capacité d'adaptation ", pour compenser cette différence, est directement proportionnelle à un succès possible de retour au travail ou d'amélioration de leur qualité de vie.

     

    La relativité de la situation du handicap : deux personnes atteintes des mêmes déficiences et incapacités peuvent s'adapter à leur situation de manière très différente. L'environnement génère, bien sûr. des situations qui limitent ou empêchent le retour au travail (milieu rural ou urbain accessibilité, ouverture des employeurs etc.). D'autres facteurs peuvent aussi modifier le processus de retour au travail : la motivation, les habiletés psycho-affectives, les gains secondaires à des situations d'incapacités, l'âge, l'absence de scolarité ou de formation suffisante, le temps écoulé entre l'accident et la référence en adaptation professionnelle.

     

    L'évolution prévisible ou non de la situation du client influence aussi l'ampleur des moyens mis en œuvre. Des personnes atteintes de pathologies telles que des amputations, des lésions médullaires, des déficiences motrices cérébrales, certains traumatismes osseux, tendineux et musculaires...cheminent dans leur processus de retour aux études ou au travail (que ce processus soit court ou long) de manière prévisible. Les critères de début d'intervention, la durée, les critères de fin d'intervention et " le succès " ou " l'échec éventuel " sont en général prévisibles en tenant compte du facteur cité précédemment, soit la " relativité situation du handicap ".

     

    Cette évolution peut être moins prévisible vis-à-vis d'autres pathologies telles que les traumatismes cranio-cérébraux, les maladies dégénératives, les maladies rhumatismales. Tout au moins l'évolution peut être longue, parfois surprenante mais aussi remise en question selon chaque personne

     

    Cheminement du client dans les services offerts

     

    Il montre les différentes étapes par lesquelles la personne peut évoluer pour acquérir ou réacquérir un potentiel de retour aux études ou au travail.

     

    Quelques impacts des aspects légaux

     

    Il faut souligner à la fois la valeur des programmes de réadaptation professionnelle accessibles à certains citoyens (les accidentés du travail, les accidentés de la route) et l'iniquité que ces mêmes programmes créent. Cet état de fait est connu. Il est socialement dramatique pour ceux qui, dans leur malchance, n'étaient pas au travail ou sur la route lors de leur accident. L'iniquité est évidemment tout aussi grande pour les personnes atteintes de maladie.

     

    La valeur des moyens mis en œuvre par la SAAQ et la CSST est réelle et unique. Les succès de retour au travail (par diverses modalités, le remplacement de revenu, etc.) sont socialement très valables. Cependant, les personnes qui bénéficient de ces programmes doivent apprendre à assumer, avec les services auxquels elles ont droit, les obligations qui vont de pair, puisqu'elles sont privilégiées par rapport à d'autres personnes qui n'ont pas accès à ces mêmes services.

     

    L'Office des personnes handicapées du Québec offre diverses subventions (stages rémunérés, adaptation de poste de travail) qui peuvent compléter d'autres formes de supports et de subventions offerts aussi par les centres de main-d'œuvre fédéraux et provinciaux.

     

     

    La compatibilité entre la personne et son milieu de travail

     

    Une intégration réussie aux études ou au travail, nécessite obligatoirement la connaissance et la superposition de trois éléments fondamentaux :

     

     

    l'employeur,

    les tâches de travail, (au besoin la formation requise) le poste de travail;

     

     

    Chacun de ces trois points doit être évalué. Les intervenants de l'unité de Reclassement professionnel travaillent spécifiquement sur les deux premiers. L'exploration du marché du travail relève des centres d'emplois réguliers ou spécialisés tant au niveau fédéral que provincial.

     

    Aussi les intervenants doivent :

     

     

     

    Les complémentarités avec nos partenaires

     

    L'unité de Reclassement professionnel est un maillon important du processus de retour au travail ou aux études de notre clientèle.

     

     

    Dans le tableau suivant nous montrons, aux diverses étapes d'intervention avec qui les intervenants et les clients travaillent à l'extérieur du Centre François-Charon

     

     

    Champs d'intervention

     

    Complémentarité

     

     

    Évaluation des capacités et limitations fonctionnelles* en vue :

    • de retourner au travail antérieur
    • d'intégrer un emploi déterminé
    • d'identifier les capacités potentielles

     

    Conseillers

    • SAAQ
    • CSST
    • centres de main-d'œuvre réguliers ou spécialisés

     

    Employeurs/Syndicats

    Consultants :

    • médecins
    • spécialistes

     

     

    Prise de conscience des capacités et limites de la personne :

    • confrontation
    • adaptation de la personne à sa situation

     

     

    Information au(x) référent(s)

    Référence à des spécialistes

    Milieux de stage

    Employeurs

    Milieux scolaires

    Centre de travail adapté

     

     

    Développement du potentiel d'employabilité

     

     

    Centre de main d'œuvre rguliers ou spécialisés

    Conseillers SAAQ-CSST

    Employeurs

    Centre de formation professionnelle

    Milieux scolaire

    Centres de travail adapté

    Milieux de stage

     

     

    Adéquation entre la personne, les tâches, le poste de travail et le milieu de travail

     

     

    Employeurs/Syndicats

    Conseillers SAAQ-CSST

    Office des personnes handicapées du Québec

    Centres de main-d'œuvre réguliers ou spécialisés

     

     

    Suivis

     

     

    Référents, employeurs, milieux scolaire

     

    *Fonctionnel : relatif aux fonctions biologiques, motrices et psychologiques.

     

     

     

    Les résultats

     

    Sous forme de tableau, voici les résultats pour 474 clients (années 1988-1989 et 1989-1990). Ce sont les recommandations faites aux référents à la fin de chaque processus. Pour certains clients, les succès sont moins élevés que pour d'autres. Il s'agit dont de moyennes.

     

    D'autre part, nous avons noté qu'après relances sur tous les dossier de la SAAQ, et un pourcentage important de dossiers de la CSST, l'écart entre les recommandations et la réalité peut être de + 10%.

     

     

    Les défis

     

    Les défis que nous avons à relever sont les suivants :

     

     

     

     

     

     

    Ce document n'est qu'un survol du contexte dans lequel nous évoluons. Il peut expliquer nos méthodes de travail spécifiques. Il permet de dégager les supports que nous pouvons offrir aux clients et aux intervenants. Pour ceux-ci, il importe en termes d'intégration au travail d'être tenaces et en même temps réalistes.

     

    Une évolution sociale en termes d'intégration à l'emploi existe, mais il faut reconnaître que sans support légal (SAAQ, CSST, OPHQ en particulier), les mentalités évoluent. . . lentement. A nous de faire notre travail. de poursuivre nos efforts de complémentarité pour que les personnes qui veulent retourner au travail puissent identifier leurs possibilités et intégrer le marché de l'emploi.

     

    Référence : Propos de réadaptation, vol. 9, no 4, juin 1991, p. 7-10.

     

     

    COMMENT PRÉPARER LA PERSONNE HANDICAPÉE A SON INTÉGRATION AU TRAVAIL: une approche comporte mentale

     

    Michèle B. Bériau, ergothérapeute et conseillère en adaptation au travail, Louis Gauthier, conseiller en adaptation au travail

     

    Marginalisée par son vécu et sa déficience physique, la personne handicapée l'est aussi par un système d'éducation peu ouvert à ses besoins et par un monde du travail qui lui est traditionnellement fermé. On assiste donc à une brisure dans le processus normal de socialisation et à un retard dans l'atteinte des besoins essentiels tels que décrits par Maslow.

     

    Bien sûr, l'Année internationale de la personne handicapée ainsi que les lois récentes votées par les différents paliers gouvernementaux améliorent sa situation. Mais est-ce réellement suffisant pour lui permettre de vivre de façon satisfaisante ?

     

    Le processus de normalisation se manifeste dans nos manières collectives d'agir, de penser et de sentir, influençant ainsi notre conduite personnelle. En réalité, il s'exerce sous la forme de règles, de normes, de modèles sociaux dont nous nous inspirons pour que notre action soit acceptable en société. Ainsi le travail y est extrêmement valorisé, il permet d'indiquer par des moyens tangibles son statut social, son utilité au groupe.

     

    Il faut donc tenter de briser le cercle vicieux qu'est la marginalisation et trouver des moyens et méthodes pour permettre à la personne handicapée de prendre conscience de la réalité-travail.

     

    Nous pouvons dresser un portrait robot de l'individu pouvant bénéficier d'une approche comporte mentale : jeune, sous-scolarisé, sans expérience de travail. Ajoutons à cet ensemble la problématique posée par les personnes traumatisées crâniennes. Quels moyens pouvons-nous élaborer afin de rencontrer leurs besoins spécifiques en vue de faciliter leur intégration au marché du travail régulier ou adapté ?

     

    L'unité de Reclassement professionnel du Centre François-Charon, par ses activités, tente de pallier au manque d'expérience de travail des individus et de voir à l'évaluation de leur potentiel physique ainsi qu'à leur orientation professionnelle. L'idée maîtresse de cette approche est de tenter de recréer à l'intérieur de ce que nous appelons les îlots d'adaptation au travail un milieu d'activités qui se rapproche le plus possible de la réalité.

     

    Nous utilisons actuellement cinq îlots d'adaptation qui sont l'imprimerie, le clérical, la menuiserie d'établi, la mécanique et la serre.

     

    Afin de nous assurer d'un cadre d'action normalisant et structuré, un moniteur qualifié agit comme contremaître d'îlot. Sa tâche consiste à répartir le travail, à en vérifier la qualité et à évaluer le rendement de l'individu. Il devient donc un collaborateur précieux pour l'intervenant en charge de l'évaluation, par l'observation des gestes, comportements et attitudes adoptés par les bénéficiaires.

     

    Il est important à ce niveau que les personnes se sentent responsables de leur action. Tous les îlots ont un but commun, offrir des conditions de travail qui favorisent et facilitent ces gestes, attitudes et comportements de travail.

     

    Notre outil privilégié est le " Profil des habiletés et habitudes nécessaires à l'intégration au marché du travail " document regroupant toutes les normes sociales de base relatives au travail. Si l'individu souhaite non seulement intégrer mais aussi demeurer en emploi, il doit posséder ou du moins avoir conscience de ces normes.

     

    Tout au long de l'évaluation, le conseiller en adaptation au travail supervise et s'assure de la collaboration des bénéficiaires sous sa responsabilité. Il les rencontre en entrevue, avec ou sans le moniteur, afin de discuter du contenu du profil par rapport au vécu de la semaine. Suite à cette rencontre, il est important de déterminer des objectifs hebdomadaires que l'individu devra chercher à atteindre. Le séjour à l'unité est d'une durée d'environ 6 à 8 semaines.

     

    Le professionnel doit consulter et soutenir la personne dans ses démarches, porter une attention particulière à sa condition physique et psychologique de façon à respecter son vécu.

     

    Mieux préparée aux exigences du travail, consciente de ses limites physiques et mieux orientée dans un choix professionnel, il est probable que les chances d'embauchage soient améliorées, et qu'une fois placée, la personne se trouve bien dans son cadre d'activités.

     

    Référence : Propos de réadaptation, vol. 5, no 1, février 1984, p. 6.

     

     

    DE L'APPARITION DE LA DÉFICIENCE PHYSIQUE À L'INTÉGRATION SUR LE MARCHÉ DU TRAVAIL : l'aspect psychologique

     

    Jean-Louis Gauthier, c.o.

     

    L'apparition d'une maladie ou d'une déficience sur le plan physique et la rupture d'équilibre qui s'ensuit entre la personne et son milieu biologique, social, professionnel, peuvent provoquer une instabilité temporaire ou permanente (rare) sur le plan psycho-affectif.

     

    Cette instabilité peut se manifester de diverses façons. Dans un premier temps, nous aborderons les principales réactions psychologiques observées dans le processus du rétablissement d'un équilibre psychologique; dans un second, celles manifestées dans la recherche d'un équilibre professionnel.

     

    Vers le rétablissement d'un équilibre psychologique

     

    La première réaction observée est celle du choc avec son bouleversement mental et ses coupures aux plans émotionnel et social. Envahie par une grande anxiété. par une peur, la personne ne peut plus ni penser, ni planifier, ni décider, ni agir de façon appropriée et coutumière. Elle est pour ainsi dire en état de panique...

     

    Constatant les limites imposées sur le plan physique et celles des activités de la vie courante; constatant aussi l'évolution favorable de la maladie, la régression de la déficience accompagnant les traitements et les exercices ainsi que l'apparition de manifestations comme la chaleur, les picotements, etc., la personne est passée de l'étape de la reconnaissance partielle de son état et de sa situation à celle d'espoir de récupération.

     

    Pour certains, une période de négation de la réalité a suivi. S'étendant sur une période de quelques semaines, elle s'est manifestée sous la forme d'une adaptation transitoire permettant d'agir d'une façon réaliste tout en évitant d'anticiper les tensions et les problèmes futurs.

     

    Pour d'autres, la majorité, la phase de reconnaissance de leur état est apparue. par le biais du personnel médical, des autres patients, des obstacles rencontrés et du ralentissement de la récupération, la possibilité de l'existence de séquelles permanentes a fait son chemin.

     

    Cette prise de conscience de la perte d'une partie importante de soi, d'un changement significatif dans le sujet, s'est manifestée par une gamme de réactions psychologiques. La personne s'est sentie chagrinée, triste, déprimée, dépressive. On a alors observé une diminution de son tonus neuropsychologique d'où l'insomnie, la fatigue, la perte d'appétit, etc.

     

    Avant le retour à la personnalité antérieure, la personne peut avoir manifesté d'autres types de réactions : la gêne, la frustration, l'agressivité, la culpabilité et enfin l'adaptation à son état. Cette adaptation apparaît quand la personne cesse de généraliser la déficience à tout son être, fait le bilan de ses possibilités et manifeste le désir de les exploiter au maximum. C'est alors que débute la négociation avec les différentes composantes de son environnement physique et psycho-social.

     

    Vers le rétablissement d'un équilibre au niveau du travail

     

    Tous et chacun nous vivons dans un cadre temporel; l'activité travail y représente encore une activité majeure pour l'ensemble des québécois.

    En plus d'être source de revenu qui nous permet soit d'exister, soit de vivre ou d'atteindre un niveau de vie plus élevé, le travail est aussi source de dépense d'énergie et de temps. Occupant une partie importante de l'existence, il façonne un mode de vie en ce sens que le reste du temps de la personne en dépend. Il définit un rôle et un statut. Le travail est aussi source d'expérience significative car il donne un but dans la vie et permet une multitude de relations travailleur travailleurs, travailleur - patron, etc. En résumé, on peut dire que le travail représente une des situations humaines la plus susceptible de satisfaire tous les niveaux de besoins : physiologiques, de sécurité, d'appartenance, d'estime, de se sentir utile, de connaître, etc.

     

    À partir des fonctions et des significations du travail, vous pouvez soupçonner les réactions psychologiques rencontrées dans cette recherche d'un équilibre au plan travail : sentiments d'insécurité, d'inutilité, de solitude, d'injustice, de dépréciation et de dépendance. Cette recherche est source de tracas, de doutes, de frustrations et d'anxiété. Elle pourra être source de régression, de retrait, d'isolement, de démission, mais aussi source de revalorisation, d'enrichissement, d'indépendance, de persévérance incroyable, de satisfaction et de fierté, résultant de l'atteinte de l'objectif, malgré les obstacles rencontrés.

     

    Résumons. Dès l'apparition de la lésion ou l'annonce du diagnostic de la maladie, la phase de choc a surgi avec son bouleversement mental et sa coupure aux plans émotionnel et social. Peu à peu, la personne a pris connaissance de l'événement et de sa situation (aspect cognitif) pour ensuite passer à la prise de conscience de la signification émotionnelle de ces derniers. Après avoir intégré de façon cognitive et émotionnelle l'événement et sa situation, et après avoir atteint un équilibre intra-psychique, elle s'est retournée vers l'extérieur et l'avenir. En d'autres termes, elle a décidé ou du moins essayé de maintenir ou de rétablir un équilibre professionnel avec tous les obstacles et les réactions qu'un tel objectif comporte.

     

    Référence : Propos de réadaptation, vol. 5, no 1, février 1984, p. 10.