L'audiologiste en réadaptation: un intervenant à découvrir

 
 




Entendons-nous bien: l'audiologiste n'a rien à voir avec le domaine de l'audiovisuel ! L'audiologiste est un professionnel para-médical des troubles de la communication humaine reliés aux problème auditifs. Détenteur d'un baccalauréat et d'une maîtrise en orthophonie-audiologie, il doit aussi être membre de l'Ordre des orthophonistes et audiologistes du Québec. Au Québec, on dénombre 176 audiologistes dont 60% oeuvrent en milieu hospitalier (principalement en diagnostic) et 21% en centre de réadaptation (1). L'Institut de réadaptation en déficience physique de Québec emploie actuellement 11 audiologistes travaillant auprès de la clientèle de tout âge présentant une déficience auditive ou des acouphènes.
 
 
 
 

De façon générale, l'audiologiste s'occupe de la prévention de la surdité, de l'évaluation de l'audition et des problèmes de communication (exceptions faites des troubles de langage, parole et voix, spécialités de l'orthophoniste) chez toute personne présentant une baisse d'audition ou des acouphènes (bourdonnements d'oreille). Il recommande les appareils auditifs et les aides de suppléances à l'audition adaptées aux besoins de chacun (décodeur pour la télévision, amplificateur de téléphone, etc.). On associe d'ailleurs souvent l'audiologiste à l'utilisation d'équipements techniques impressionnants tels la cabine audiométrique insonorisée où se font les différents tests auditifs, l'analyseur électro-acoustique ou encore l'impédancemètre. Il est vrai que l'audiologiste doit maîtriser ces instruments et répondre à des normes strictes pour s'assurer de la validité des examens audiologiques. Il doit aussi être au fait des développements technologiques (implant cochléaire, appareils auditifs numériques?) Toutefois, il ne s'agit que d'une partie de son champ d'action. Les appareils auditifs et les aides de suppléance sont des outils importants mais ils ne règlent pas l'ensemble des problèmes de communication, loin de là.
 
 

La particularité de l'audiologiste en réadaptation est d'examiner non seulement les incapacités auditives mais aussi les obstacles et les situations de handicap engendrées par la surdité en tenant compte des particularités de la personne et de ses habitudes de vie. Cette vision globale amène l'audiologiste à intervenir non seulement auprès de la personne atteinte mais aussi auprès de son entourage, de son milieu de vie et à travailler en collaboration avec d'autres professionnels (orthophonistes, psychologues, audioprothésistes, travailleurs sociaux,?). Les modalités d'intervention sont donc variées et adaptées aux besoins de chaque usager selon sa problématique propre: thérapie individuelle ou de groupe, sensibilisation, formation, entraînement auditif, etc.
 

Voici quelques exemples illustrant la diversité de notre pratique:
 
 

Les parents de Pénélope (2 ans) viennent d'apprendre que leur fille présente une surdité permanente probablement de degré profond. L'audiologiste de l'hôpital les réfère au centre de réadaptation. L'audiologiste de l'équipe de réadaptation tentera de répondre aux nombreuses questions des parents sur la surdité, recommandera des appareils auditifs et entreprendra une thérapie hebdomadaire en entraînement auditif pour développer les habilités auditive de Pénélope. Avec le reste de l'équipe, il guidera aussi les parents dans le choix du mode de communication (signes ou oral).
 
 

Rémi (4 ans) vient de recevoir un implant cochléaire. L'audiologiste débute avec lui et ses parents un suivi intensif de 3 mois en entraînement auditif pour amener Rémi à utiliser au maximum le nouvel accès auditif que lui procure son implant.
 
 

Pierre-Yves (10 ans) communique par signes et fréquente maintenant une classe régulière de son quartier avec le support d'un interprète. En septembre, l'audiologiste est allée à son école pour faire une sensibilisation sur la surdité auprès des élèves de sa classe afin de faciliter son intégration scolaire.
 
 

Paul (30 ans) a des bourdonnements d'oreille (acouphènes) qui l'empêchent parfois de dormir. Le médecin lui a confirmé qu'il n'y avait aucun traitement médical possible. Inquiet, il rencontre maintenant une audiologiste qui prend le temps de répondre à ses questions. Elle examine avec lui les différentes alternatives possible afin de diminuer son dérangement (groupe de support, masqueur d'acouphènes, etc...).
 
 

Ginette (45 ans) est réceptionniste et éprouve certaines difficultés à faire son travail en raison d'un problème d'audition qui s'est accentué récemment. L'audiologiste visite son milieu de travail afin d'analyser les adaptations qui seront nécessaires (amplificateur téléphonique, réduction du bruit ambiant, etc...).
 
 

Mme Rodrigue (75 ans) présente une surdité et vit dans un centre d'accueil. Les préposés ont énormément de difficultés à se faire comprendre et elle s'isole de plus en plus. L'audiologiste leur offre une formation sur les stratégies facilitant la communication avec des personnes présentant une surdité. Ces trucs simples leur serviront avec plusieurs autres usagers car la surdité est une problématique fréquente chez les personnes âgées.
 
 

Évidemment, ces exemples ne constituent qu'un échantillon des interventions réalisées par les audiologistes de l'IRDPQ. Nous sommes aussi impliqués dans l'accueil de stagiaires, la formation-réseau et la recherche. Si vous ou l'un de vos proches présentez un problème d'audition ou tout simplement si le monde de la surdité vous intéresse, vous pouvez compter sur l'audiologiste pour être à votre écoute.
 
 


Marie-Claude Bédard, M.O.A.

audiologiste à l'Institut de réadaptation en déficience physique de Québec (IRDPQ) Programme en déficience sensorielle

(enfants-adolescents)

1998
 
 
 
 

Références:

  1. Site Internet de l'Association québécoise des orthophonistes et audiologistes www.aqoa.qc.ca
  2. Site Internet de l'Ordre des orthophonistes et audiologistes du Québec: www.ooaq.ca.qc
  3. Fougeyrollas, P. et coll. (1996). Révision de la proposition québécoise de classification . Processus de production du handicap. Document du CQCIDIH.