Sarah McFee

Conseillère technique, ergothérapie, APF

 

Choisir une aide technique

 

 

Nous savons que le fauteuil roulant existe depuis des siècles et on peut retrouver son illustration sur des gravures très anciennes. Mais la plupart des aides techniques sont relativement récentes et encore très peu connues du grand public. L'arrivée de ces produits sur le marché est due à plusieurs phénomènes parmi lesquels un changement dans les mentalités. L'idée qu'il ne faut pas simplement aider les personnes handicapées, mais aussi les aider à être plus autonomes dans la vie quotidienne a fait son chemin. La société de consommation a pris conscience que les personnes handicapées représentaient un marché non négligeable. Enfin les progrès spectaculaires dans le domaine des nouvelles technologies ces dernières décennies ont permis d'apporter des solutions à de nombreuses personnes handicapées. Citons par exemple les contrôles de l'environnement pour les tétraplégiques, les synthèses de parole pour les personnes sans communication orale, les ordinateurs, la téléphonie...

 

QU'EST-CE QU'UNE AIDE TECHNIQUE?

 

Si tout le monde est d'accord pour considérer le lève - personne, les couverts adaptés et la planche de transfert comme des aides techniques il n'est pas facile de trouver une définition consensuelle qui permet de dire avec précision ce qui est, est encore ou n'est plus, une aide technique.

 

 

Définition (norme internationale ISO 9999)

 

Aide technique (pour personne handicapée) : tout produit, instrument, équipement ou système technique utilisé par une personne handicapée, fabriqué spécialement ou existant sur le marché, destiné à prévenir, compenser, soulager ou neutraliser la déficience, l'incapacité ou le handicap.

 

 

 

La notion d'aide technique recouvre donc un champ très large. Selon cette définition, les seringues, les stimulateurs cardiaques et les mains artificielles, par exemple, en feraient partie. Dans cet article ne seront évoqués que les appareils qui :

- permettent à une personne d'être plus autonome dans sa vie de tous les jours;

- augmentent la sécurité et/ou son confort ou celui de son entourage;

- jouent un rôle de prévention;

- facilitent la tâche de l'entourage.

 

Sera volontairement exclu l'appareillage, ou ensemble de pièces qui soutiennent, maintiennent, corrigent (orthèses : corsets; semelles orthopédiques, etc.) ou remplacent (prothèses : jambes; mains, etc.) une partie du corps.

La norme internationale ISO 9999 établit une classification des aides techniques pour les personnes handicapées. Pour des raisons citées ci-dessus, cet article ne traite pas des orthèses et prothèses.

 

 

CLASSIFICATION DES AIDES TECHNIQUES :

norme internationale ISO 9999

 

03 Aides pour le traitement et l'entraînement. (Exemples : barres parallèles et appareils de verticalisation, systèmes d'alarmes d'incontinence, coussins et matelas anti-escarre).

06 Orthèses et prothèses.

09 Aides pour les soins personnels et la protection. (Exemples : aides pour incontinents, vêtements adaptés et aides pour s'habiller et se déshabiller, sièges et surélévateurs de WC, sièges et tapis de bains antidérapants, douches et lavabos).

12 Aides pour la mobilité personnelle. (Exemples : planches et disques de transfert, lève-personnes, cannes, déambulateurs, poussettes, fauteuils roulants, cycles, aménagements de voiture).

15 Aides pour les activités domestiques. (Exemples: couverts adaptés, brosses à légumes, bagues d'assiette et assiettes à butée, éviers, balais, ciseaux).

18 Aménagements et adaptations des maisons et autres immeubles. (Exemples : tables, sièges et lits réglables, surélévateurs de pieds de meuble, barre d'appui, dispositifs d'ouverture et de fermeture de portes, de fenêtre et de rideaux, robinets à levier, ascenseurs et plates-formes élévatrices).

21 Aides pour la communication, l'information et la signalisation. (Exemples : loupes, tourne-pages, porte-livre, téléphones, intercoms, ordinateurs, tableaux de communication et synthèses de parole).

24 Aides pour manipuler produits et biens. (Exemples: aides pour ouvrir les bouteilles et boîtes, pinces de préhension, sets antidérapants, systèmes de contrôle de l'environnement).

27 Aides et équipements pour améliorer l'environnement, les outils et les machines. (Exemples : humidificateurs, filtres à air, établis, meubles pour ranger les outils, armoires de classement).

30 Aides pour les loisirs. (Exemples : aides pour faire des exercices et du sport, des travaux manuels, aides pour le jardinage, jeux et jouets adaptés).

 

COMMENT CHOISIR UNE AIDE TECHNIQUE?

 

Évaluer les besoins

 

Avant toute chose il faut bien évaluer les besoins réels de la personne en tenant compte de la globalité de sa situation : ses capacités/incapacités, son lieu de vie, son entourage familial, son travail, ses ressources, ses loisirs. ses projets, etc.

Il est conseillé de faire appel à une équipe pluridisciplinaire. Il serait imprudent d'acquérir une synthèse vocale par exemple sans l'avis de spécialistes (ergothérapeutes, orthophonistes). Ceci est vrai pour beaucoup d'aides techniques et d'autant plus important que celles-ci coûtent cher.

 

S'informer

 

Ensuite il est indispensable de s'informer le plus complètement possible sur les aides techniques susceptibles de compenser les incapacités. Le marché évolue rapidement et il est important de connaître tous les matériels disponibles ainsi que leurs qualités/défauts, même en cas de renouvellement. Pour bien choisir les aides techniques, il faut faire la bonne adéquation entre les besoins de la personne et les aides disponibles. Il n'existe pas une aide technique convenant à tout le monde. C'est pour cette raison que le conseil doit toujours être personnalisé.

 

Chercher des solutions les plus simples

 

- Parfois on peut contourner la situation handicapante. Quand une personne ne peut plus monter l'escalier pour aller dans sa chambre, il vaut mieux commencer par étudier les possibilités d'installer la chambre au rez-de-chaussée avant d'acquérir des systèmes coûteux de monte-escaliers ou d'ascenseurs.

- Certains problèmes trouveront une solution dans le matériel grand public qu'on trouve dans le commerce. Moins cher et mieux accepté, il ne fait pas partie du matériel " spécialisé " . Pourquoi aller chercher le tapis de bains antidérapant chez un revendeur de matériel médical si on peut trouver un produit de qualité égale dans le commerce?

- Il ne faut pas non plus négliger les bricoleurs dans l'entourage de la personne. Certaines aides techniques simples, comme la planche de transfert, peuvent être fabriquées à partir d'un schéma.

 

Néanmoins certaines personnes auront toujours besoin d'un matériel spécialement conçu.

 

Essayer le matériel

 

Il est primordial d'essayer le matériel avant 1'achat chaque fois que cela est possible. Un essai chez le fournisseur est bien mais, dans la mesure du possible, il est préférable d'effectuer les essais en situation, c'est-à-dire là ou l'aide technique sera utilisée. L'essai sera peut être concluant chez le revendeur mais une fois chez la personne on risque de se rendre compte que : le fauteuil roulant ne peut pas circuler à cause de couloirs trop étroits; que l'embase du lève-personne ne passe pas sous le lit, que l'installation d'un siège élévateur de baignoire gêne d'autres membres de la famille, etc. Sans parler du fauteuil qui ne passe même pas la porte d'entrée! Il faut aussi penser à tous les lieux d'utilisation : le domicile mais aussi l'école, le lieu de travail, les lieux de vacances. Si l'aide technique doit aussi être manipulée par quelqu'un d'autre, il est important que cette personne participe également aux essais.

Certains appareils, tels que les synthèses vocales ou les systèmes de prise de notes, demandent un apprentissage assez long avant de pouvoir évaluer l'utilité de l'appareil. Pour ce type de matériel, il faut essayer d'obtenir un prêt sur une période la plus longue possible. Quand le fournisseur n'est pas fabricant, il ne lui sera pas forcément facile d'obtenir le matériel que l'on souhaite essayer sans l'acheter auparavant. C'est pour cette raison que certains revendeurs refusent l'essai. Dans cette situation, il ne faut pas hésiter à comparer les services proposés par plusieurs fournisseurs. Un séjour à l'hôpital ou en centre peut aussi être l'occasion d'essayer des aides techniques en toute tranquillité et ainsi d'éviter des achats inutiles.

Le choix ne doit se faire qu'après essais, en tenant compte du rapport qualité/prix, du service après-vente, de la proximité du fournisseur, de la durée et du contenu de la garantie.

 

 

Acceptation des aides techniques par la personne : un point capital

 

Certaines personnes refusent toute adaptation ou aide technique. Ceci est surtout vrai quand il s'agit d'un accident ou d'une maladie survenant à l'âge adulte. L'enfant qui a un handicap de naissance et qui n'a jamais eu une indépendance fonctionnelle complète, accueille en général assez bien tout ce qui peut le rendre plus autonome dans sa vie de tous les jours. Ses parents, par contre, risquent d'avoir plus de mal à accepter ces aides techniques, stigmates de l'état de leur enfant, qui diminuent leur espoir d'une amélioration future. De même la personne brutalement confrontée à une maladie ou à un accident refuse souvent tout ce qui rappelle la perte d'intégrité physique. Il est naturel d'espérer une guérison complète, d'investir totalement dans la rééducation, d'essayer de faire un maximum de choses sans aucune aide.

Il ne sert à rien de vouloir imposer à tout prix des aides techniques à quelqu'un, même si on est convaincu de leur utilité potentielle. Si l'utilisateur et sa famille n'ont pas participé activement au choix du matériel, les chances de réussite sont faibles. On constate souvent un temps de maturation assez long entre l'information sur les aides techniques et leur acquisition.

 

OÙ TROUVER INFORMATION ET CONSEIL?

 

Il est regrettable de constater un manque d'information chronique. Actuellement le circuit d'information passe souvent uniquement par le revendeur de matériel alors qu'il vaut mieux s'adresser d'abord à un professionnel dont la fonction est l'information et le conseil, en dehors de tout contexte commercial.

Les CICAT (Centres d'Information et de Conseil sur les Aides Techniques) offrent en général les services d'au moins une ergothérapeute et un documentaliste. On peut y trouver une documentation sur le matériel, les fournisseurs, les prix, etc. et un centre d'exposition de matériels.

Les associations : plusieurs associations de personnes handicapées (APF, AFM. GIHP) ont mis en place des équipes pluridisciplinaires de retour et de maintien à domicile qui peuvent informer sur le matériel existant, aider à choisir, trouver un financement, assurer un suivi, etc. Une situation n'étant jamais figée, le suivi est effectivement un des aspects essentiels du conseil en aides techniques. Il permet de faire régulièrement le point et de modifier les solutions apportées en fonction des besoins.

Handynet : Handynet est une banque de données européenne des aides techniques pour personnes handicapées. Le système a été créé dans le cadre du programme européen HELIOS (Handicapped people in the European community Living Independently in Open Society). De nombreuses aides techniques disponibles dans les différents pays de l'Union Européenne sont répertoriées sur CD-Rom. On y trouve des caractéristiques techniques des produits ainsi que leurs prix, fabricants, fournisseurs et la réglementation en vigueur dans chaque pays.

 

Aujourd'hui cette base ne peut être consultée que dans un nombre de centres d'information limités, mais à l'avenir il est prévu une distribution plus large. Pour obtenir des informations sur les centres qui ont déjà Handynet, sur la commercialisation, la configuration informatique nécessaire pour pouvoir consulter, etc., il faut contacter le CNRH qui est centre national de coordination (adresse en fin d'article).

 

ASPECTS FINANCIERS

 

Prix et devis

 

Les prix varient de quelques dizaines de francs pour les aides techniques les plus simples tels les peignes à long manche, couverts adaptés, grossissements de manches, etc., à des dizaines de milliers de francs pour le matériel le plus sophistiqué. Les aides techniques sont souvent chères. Ces prix peuvent être en partie expliqués par le fait qu'il s'agit souvent de matériel d'importation, fabriqué et distribué en petite série. Les usagers doivent toutefois se comporter en consommateurs. Il faut toujours demander des devis détaillés et comparatifs. Il peut y avoir des écarts de prix très importants entre deux fournisseurs, surtout quand il s'agit de matériel non-remboursé par la Sécurité Sociale. Le choix doit se faire en tenant compte bien entendu du meilleur rapport qualité/prix, mais aussi de la durée et du contenu de la garantie, de la qualité du service après-vente, de la proximité du revendeur, etc. Parfois il vaut mieux payer un peu plus cher pour avoir un service après-vente efficace et de proximité, surtout quand il s'agit d'aides techniques sophistiquées, plus sujettes à des pannes.

 

Aides techniques et TVA

 

L'Article 15 de la loi de finances accorde un taux de TVA réduit à certains équipements spéciaux conçus exclusivement pour les personnes handicapées.

 

Liste des équipements spéciaux soumis à ce taux réduit (pour les personnes avec un handicap moteur)

 

Pour les personnes avec handicap moteur :

- commandes adaptées pour le contrôle de l'environnement et la communication : au souffle, linguales, joysticks, défilements, contacteurs, casques et licornes;

- appareils de communication à synthèse vocale et désigneurs;

- cartes électroniques et logiciels spécifiques de communication;

- claviers spéciaux pour ordinateurs et machines à écrire;

- aides mécaniques ou électriques aux mouvements des bras, tourne-pages automatiques;

- matériels de transfert: élévateurs et releveurs hydrauliques ou électriques, lève-personnes;

- fauteuils roulants;

 

Pour l'ensemble des personnes handicapées afin de faciliter la conduite des véhicules :

- siège orthopédique (siège pivotant, surélevé ...);

- treuils pour l'accès des fauteuils pour handicapés;

- commande d'accélérateur à main (cercle, arc de cercle, secteur, manette, poignée tournante ...);

- sélecteur de vitesses sur planche de bord;

- modification de la position ou de la commande du frein principal et du frein de secours;

- modification de la position ou de la commande des commutateurs de feux, de clignotants, d'avertisseur sonore. d'essuie-glace;

- dispositif de commande groupée (frein principale accélérateur ...);

- permutation ou modification de la position des pédales: pédales d'embrayage et de frein rapprochées ou communes, pédales surélevées, faux planchers;

- modification de la colonne de direction;

- dispositif de maintien du tronc par sangle ou par harnais.

 

Remboursement

 

Le TIPS (Tarif Interministériel des Prestations Sanitaires) contient la liste du matériel remboursé par la Sécurité Sociale. Le fait de figurer sur la liste ne veut pas dire pour autant que le matériel est remboursé à 100 %. Le TIPS fixe un forfait et la partie du prix qui dépasse cette somme reste à la charge de l'acheteur. En général, le remboursement est loin de couvrir le prix du matériel. Il faut donc chercher d'autres financements : prestations extralégales. mutuelles, fonds associatifs, fonds propres, etc. Un argumentaire, expliquant le choix du matériel, est utile pour appuyer une demande.

En 1995, des remboursements sont prévus pour certains fauteuils roulants et tricycles qui ont été reconnus conformes au cahier des charges par le CERAH (Centre d'Études et de Recherche sur l'Appareillage des Handicapés), ainsi que pour des cannes, déambulateurs, rollators, coussins et matelas anti-escarres et couteaux-fourchettes pour hémiplégiques.

 

FOURNISSEURS

 

Pour vendre ou louer des VHP (Véhicules pour Handicapés Physiques) pour lesquels il est prévu un remboursement par la Sécurité Sociale, le revendeur doit être agréé. Cet agrément est accordé par la Sécurité Sociale et le Ministère des Anciens Combattants. L'arrêté ministériel du 30 décembre 1985 fixe les conditions à remplir en vue de cet agrément. Le revendeur doit :

- disposer de locaux disponibles (accessibles). avec une surface d'évolution d'au moins 16m2, des toilettes aménagées et un atelier pour les petites réparations;

- justifier de connaissances lui permettant de délivrer une fourniture conforme à la prescription médicale et d'en assurer la maintenance. Le revendeur doit donc effectuer un stage au CERAH pour obtenir une attestation de stage qui sert de justificatif. En 1995, ce stage dure deux jours.

 

Le fournisseur " agréé " doit présenter un nombre suffisant de modèles aux personnes handicapées afin que celles-ci aient la possibilité d'exercer un choix pour retenir le mieux adapté à leur handicap ". Il doit aussi initier la personne handicapée à la conduite des fauteuils roulants et tricycles.

 

CONTRÔLE TECHNIQUE ET NORMALISATION

 

Le marché des aides techniques est très peu réglementé en général. Pour la plupart des aides techniques il n'existe aucune procédure d'homologation du matériel. Cette situation ne facilite pas la tâche du consommateur qui n'a aucune information objective sur la fiabilité, ni sur la sécurité du matériel. Cette situation est particulièrement gênante pour tous les produits issus des nouvelles technologies qui coûtent souvent très cher. Ces aides techniques n'étant pas remboursées en prestations légales, aucun agrément du fournisseur n'est nécessaire. Pour quelques aides techniques cependant, notamment les fauteuils roulants, il existe des textes précis (cf. ci-dessous).

 

Les fauteuils roulants et tricycles font l'objet d'un contrôle par le CERAH. Cet organisme vérifie la conformité du matériel au cahier des charges et effectue des tests de fiabilité et de robustesse. Un numéro d'homologation est attribué. Le matériel anti-escarre (coussins, matelas) est contrôlé par le GLEM (Groupement des Laboratoires d'Essais des Matériels et techniques médicales). Par contre, pour les autres aides techniques, le cahier des charges est succinct, voire inexistant.

Une directive européenne relative aux dispositifs médicaux, applicable dès 1995, a pour but de garantir la sécurité des produits et leur libre circulation au sein de l'union européenne. Mai elle ne contient pas de spécifications techniques. Des normes européennes pour toutes les catégories d'aides techniques restent donc à élaborer. Certaines existent déjà, pour les cannes par exemples dont la conformité est testée par le CERAH .

 

CAS PARTICULIERS

 

Fauteuils roulants: normes et contrôles

 

On peut distinguer deux grandes catégories : les fauteuils roulants manuels et les fauteuils roulants électriques. À l'intérieur de ces catégories, il y a des centaines de modèles, chacun offrant ses avantages et ses inconvénients. Le TIPS précise que " l'attribution d'un fauteuil roulant à propulsion électrique est exclusivement réservé aux handicapés présentant simultanément une atteinte motrice définitive des membres supérieurs et d'au moins un membre inférieur le mettant dans l'incapacité  de marcher et d'utiliser efficacement un fauteuil roulant ordinaire ". Le fauteuil roulant électrique sera choisi donc si la personne est dans l'impossibilité d'utiliser un fauteuil manuel mais aussi si son utilisation provoque une fatigue trop importante, pour les personnes cardiaques par exemple, ou s'il ne permet pas de parcourir certaines distances.

 

 

Agrément : pour qu'un fauteuil roulant soit agréé il doit d'abord passer par le CERAH qui vérifie sa conformité au cahier des charges et teste ses qualités de fiabilité et de robustesse avant de délivrer un numéro d'homologation.

 

- Location : on peut louer un fauteuil roulant manuel. Il faut une prescription médicale précisant les caractéristiques du fauteuil roulant et la durée prévisible de la location. Pour une location supérieure à quatre semaines, il faut suivre la procédure de demande d'entente préalable, comme pour l'achat.

 

- Achat : un devis, une prescription médicale et une demande d'entente préalable doivent être adressées à la caisse de Sécurité Sociale. En cas d'accord, le revendeur se fera en général rembourser directement par la Caisse du montant de la prise en charge. La livraison du fauteuil aura lieu, avec versement de la somme restant à la charge de l'acheteur.

 

- Délais de livraison : trois semaines pour les fauteuils roulants manuels (sauf les fauteuils pour activités sportives), six semaines pour les fauteuils roulants électriques et les fauteuils manuels pour activités sportives.

 

- Garantie : elle est de deux ans pour toutes les catégories de fauteuils roulants manuels et d'un an pour les fauteuils roulants électriques.

 

- Fauteuil roulant et voie publique : la circulation des fauteuils roulants sur la voie publique est fixée par le code de la route. Les fauteuils qui se déplacent à l'allure du pas. c'est-à-dire les fauteuils manuels et les fauteuils électriques dont la vitesse ne peut excéder 10 km/heure, peuvent circuler sur les trottoirs ou les accotements et sont, dans ce cas, assimilés à des piétons.. L'article R 218 leur permet de circuler dans tous les cas sur la chaussée, à condition toutefois de rester sur le bord droit dans le sens de la marche. Les fauteuils qui se déplacent à une vitesse supérieure à 10 km/heure sont assimilés aux cyclomoteurs. Les fauteuils roulants, manuels ou électriques, qui circulent la nuit, doivent être munis de dispositifs d'éclairage.

 

 

- Renouvellement: l'usage est de dire qu'on peut changer son fauteuil tous les 3 ans pour un fauteuil roulant manuel et 5 ans pour un fauteuil roulant électrique. En fait, il y a un vide juridique. Aucun délai légal n'étant prévu par les textes, le renouvellement doit être demandé selon les besoins : l'usure du fauteuil, l'évolution de la maladie, la croissance de l'enfant, la prise de poids, etc.

 

- Réparations : il est prévu un forfait annuel pour les réparations. Le remboursement se fait sur simple présentation de .la facture acquittée par le fournisseur agréé pour les fauteuils manuels. En ce qui concerne les fauteuils électriques, les réparations importantes (groupe moteur, batteries d'alimentation, boîtier électronique) survenant après l'expiration de la garantie d'un an accordée par le fabricant sont prises en charge à concurrence d'un montant annuel, après entente préalable et sur présentation de la facture détaillé.

 

Lève-personne : normes et contrôles

 

Contrairement aux fauteuils roulants, les lève-personnes ne sont remboursés qu'à la location. Il est surprenant de constater qu'il coûte moins cher à l'utilisateur de louer son appareil que de l'acheter même si l'utilisation est prévue pour une période très longue, voire illimitée. On peut regretter que la Sécurité Sociale ne prévoit pas de remboursement à l'achat en prestations légales. Le choix d'un lève-personnes est particulièrement délicat. Il faut être très attentif au lieu d'utilisation, à l'encombrement et à la sécurité, au choix des sangles, à la personne qui manipulera l'appareil. Une bonne formation des personnes amenées à utiliser l'appareil est très importante.

 

 

Aménagement des véhicules

 

L'insertion d'une personne dans la société va dépendre grandement de ses capacités à se déplacer. L'aménagement des véhicules permet à des personnes même lourdement handicapées d'être mobiles. Ces aménagements peuvent toucher :

- le poste de conduite pour permettre à une personne handicapée de conduire. Exemple: suppression des pédales et remplacement par des commandes manuelles au volant;

- l'accès au véhicule. Exemples: rampes, plates-formes élévatrices;

 

- le transport d'une personne handicapée. Exemples : fixation du fauteuil au sol, aménagements pour faciliter le rangement du fauteuil.

Il est indispensable de signaler les transformations effectuées ainsi que leur coût à son assureur. À défaut, l'assureur risque de refuser de rembourser leur coût en cas de sinistre.

 

Auto-écoles : la liste des auto-écoles disposant de véhicules aménagés pour la conduite par des personnes handicapées peut être obtenue auprès des CICAT.

 

Technologies nouvelles

 

L'évolution technologique rapide de ces dernières décennies ouvre des possibilités nouvelles d'autonomie aux personnes handicapées grâce aux contrôles de l'environnement, aux ordinateurs, à la téléphonie, aux synthèses vocales. Malheureusement, le remboursement de ces appareils n'a pas suivi la même évolution. Ces aides techniques nécessitent un conseil très pointu et on peut regretter le manque de centres ressources dans ce domaine, pour faire l'évaluation des besoins, proposer des essais et des prêts avant d'acheter ce type de matériel souvent très onéreux. La spécialisation de ces centres permettrait au personnel d'être toujours à la pointe dans ce secteur en constante évolution et de mieux faire connaître les besoins des personnes handicapées dans ce secteur.

 

PERSPECTIVES

 

En mars 1995. un rapport sur les aides techniques, fruit du travail d'un groupe d'experts, a été remis au Ministère des Affaires Sociales. Ce rapport fait le point sur la situation actuelle de l'accès aux aides techniques en France et fait des propositions concernant une nouvelle méthodologie pour leur délivrance autour de quatre priorités :

- privilégier l'approche globale de la personne handicapée, de la fonction et du moyen de compensation;

- privilégier une évaluation pluridisciplinaire des besoins de compensation de la personne handicapée;

- mobiliser les compétences et organiser cette évaluation en un même lieu qui garantisse à la personne handicapée la confrontation avec un interlocuteur institutionnel unique et suffisamment proche (une instance par département):

- confier à l'instance d'évaluation la mission de mobiliser les financements, voire la doter d'un fonds spécifique permettant d'accorder à la personne handicapée un crédit individualisé pour l'autonomie.

Le rapport propose également une expérimentation sur deux ans de cette nouvelle méthodologie, la création d'un comité consultatif national et d'un groupe d'experts chargé de mettre au point le cahier des charges des moyens de compensation et de déterminer les procédures d'agrément des produits.

 

Pour en savoir plus

 

Associations

Voir " Adresses utiles " et notamment Délégations APF.

Liste des CICAT ci-dessous.

 

Documentation

Le Guide des aides techniques pour le bien-être des personnes âgées ou handicapées, CNRH, 1991.

Guide pratique pour le choix d ‘aides techniques situationnelles, CNRH, 1994.

Catalogue Fauteuils roulants et additif, APF - Institut Garches, 1994.

Choix et utilisation d‘un fauteuil roulant, APF, 1992.

Étude sur les lève-malades. Tomes I et 11, HACAVIE, 1993.

Amenagementdes des véhicules individuels pour personnes à mobilité réduite, APF, 1991 (réédition 1995 à paraître).

En route pour l‘autonomie automobile, CNRH, 1996 (à paraître).

 

Centres d'information et de documentation sur les aides techniques

LISTE PAR DÉPARTMENT

 

· Centres de Collecte de Données du réseau Handynet France (CCD)

 

SCAPH 05: Centre Rhône Azur, route de Grenoble, 05100 Briançon (92 25 40 40)

 

CREEDAT (Centre Régional d'Exposition, d'Essai et de Documentation sur les Aides Techniques):

CRF Valmante, Traverse de la Gouffonne, B.P. 37, 13273 Marseille cedex 9 (91 41 69 70)

 

HANDI-INFO : CCAS de Montbéliard,

1l rue Maurice Barrès, B.P. 346, 25207 Montbelliard cedex (81 99 23 00)

 

HANDI DOC : Centre d'information, de Conseil, d'Essai et Prêt d'Aides Techniques, 7 rue des Lilas, 25000 Besançon (85 65 45 08)

 

PAPA BOUSCAT (Prévention Action auprès des Personnes Âgées): Hôpital Suburbain du Bouscat,

B.P. 29, 33491 Le Bouscat cedex (56 02 81 16)

 

CRIIPH (Centre de Recherche pour l'Information et l'Insertion de la Personne Handicapée) : Service de Rééducation Fonctionnelle, Hôpital Pellegrin, 33076 Bordeaux cedex (56 37 35 03)

 

GIHP AQUITAINE : Service d'Accueil temporaire et de soutien à domicile: rue Jean Artus, B.P. 50, Résidence Mozart, 33030 Bordeaux (56 29 10 36)

 

BRETAGNE MIEUX VIVRE

Les Lanthanides - Rennes Atalante, Immeuble le Lutetium,

l square Chêne Germain, 35510 Cessons Savigny (99 63 60 61)

 

IDARPH (Institut d'Aide à la Réhabilitation de la Personne Handicapée): CRF  , " Bel Air ",

37390 La Membrolle sur Choisille (47 42 43 44)

 

SCAPH 38 (Service de Conseil en Autonomie pour Personnes Handicapées) : 271, rue de la Houille Blanche, 38406 Saint – Martin - d'Hères cedex (76 59 55 59)

 

Antenne Nord-Isère : 15, rue Serge Mauroit, Le Voltaire, Saint-Bonnet,

38090 Villefontaine (74 96 00 02)

 

SIDAT (Service d'Information et de Documentation en matière d' Aides Techniques) :

CRF " Le Coteau " , 41190 Beaugency (38 45 55 94)

 

CERAH (Centre d'Études et de Recherches sur l'Appareillage des Handicapés) : route de Rombas,

B.P. 104, 57146 Woippy (87 51 30 30)

 

SMHD (Service de Maintien à Domicile des Handicapés) : Maison des Infirmes Civils,

57680 Novéant sur Moselle (87 52 81 14)

 

HACAVIE (Handicap et Cadre de Vie) : ° MIEUX VIVRE LYON: 38 rue de Sèze,

3 rue du Docteur Charcot, 69006 Lyon (78 52 93 73)

59000 Lille(20 50 13 11)

 

CEP (Centre d'Exposition Permanente): " Les aides pour Mieux Vivre son Handicap "

rue Evariste Galois, 67201 Eckbolsheim (88 76 16 50)

 

CEDIAAT (Centre d'Essai, de Documentation et d'Information sur l'Accessibilité et les Aides Techniques) : 57 rue Albert Camus, 68093 Mulhouse cedex (89 32 46 46)

 

MIEUX VIVRE LYON : 38 rue de Sèze, 69006 Lyon, (78 52 93 73)

 

CITEVA (Centre d'Interventions Techniques pour la Vie Autonome) : 4 avenue de Verdun,

 71200 Le Creusot (85 80 37 56)

 

CNRH (Comité National Français de Liaison pour la Réadaptation des Handicapés) : 236 bis rue de Tolbiac, 75013 Paris (53 80 66 66)

 

GUIDE 77 – CRAMIF : Route de Liverdy, 77170 Coubert (64 42 20 55)

 

(Référence : Association des paralysés de France. Déficiences motrices et handicaps, Aspects sociaux, psychologiques, médicaux, techniques et législatifs, troubles associés. Paris : Association des paralysés de France, 1996, 505 p., p. 400-410)