Pourquoi les personnes paraplégiques devraient-elles faire de l'exercice?
Luc Noreau, éducateur physique
Parce que l'exercice physique. c'est bon pour tout le monde!.. Évidemment, cette réponse serait appropriée, mais possiblement insuffisante pour convaincre un administrateur rigoureux qui apprécierait une réponse plus scientifique avant de développer à grande échelle un programme d'activités physiques pour cette clientèle. En fait, s'il était possible de démontrer que la probabilité de réinsertion sociale ou de participation à des activités productives était augmentée par le maintien d'une meilleure condition physique, nous serions sur une piste intéressante pour promouvoir la pratique de l'activité physique chez les personnes myélopathes. Mais qu'en est-il de la participation aux activités antérieures aux traumatismes?
De façon générale, le retour à des activités dites productives est un des objectifs majeurs du processus de réadaptation de la plupart des individus. Malgré tout, le niveau d'emploi des personnes paraplégiques et quadriplégiques n'atteint pas 50%, et plusieurs ne retournent à aucune activité de nature productive (travail, études, implication communautaire, activités sociales).
Quelques études ont identifié certains facteurs sociaux (éducation, âge, statut civil), psychologiques (profil de personnalité, état d'humeur) et physiques (niveau de lésion, problèmes urinaires) qui influenceraient la probabilité d'un retour à ce type d'activité . Ainsi, les jeunes personnes ont une plus grande probabilité de retour à l'emploi que les plus âgées : les personnes mariées ont une plus grande probabilité de retour à l'emploi que les célibataires. Il en est de même pour les individus présentant un niveau de scolarité élevé (El Ghatit, 1978; De Vivo, 1982). Finalement, les chances de retour à l'emploi d'un paraplégique sont meilleures que celles du quadriplégique (De Vivo,1987).
Une des études les plus intéressantes sur l'aspect de la productivité des personnes myélopathes fut produite par DeJong et al. (1982,1984). Ceux-ci proposèrent un modèle qui évaluait de façon quantitative l'impact à long terme du processus de réadaptation sur l'autonomie et la productivité des personnes myélopathes. Néanmoins, peu d'études furent publiées documentant la relation entre le niveau de condition physique, l'activité physique et la productivité chez ces individus. Une revue de littérature approfondie montra qu'une seule étude avait sommairement abordé le sujet. Curtis et Al. (1986), avec un groupe de 38 personnes myélopathes (athlètes et non-athlètes), n'ont toutefois pas réussi à identifier un lien direct entre la participation sportive et une réadaptation professionnelle réussie. Toutefois, le groupe d'athlètes semblait être en meilleure santé et présentait un nombre inférieur de visites médicales, d'hospitalisations et de complications médicales.
L'étude décrite dans le présent texte avait pour but d'observer l'existence de relations significatives entre la condition physique, la pratique de l'activité physique et la participation à des activités productives chez un groupe de personnes paraplégiques. Le rationnel de ce projet est basé sur le fait que les activités productives et certaines activités connexes (incluant le transport, les déplacements au travail, la négociation des barrières architecturales, etc.) requièrent une vigueur musculaire et une capacité cardiorespiratoire appropriées pour être réalisées avec efficacité Nous pouvons assumer que la majorité de ces tâches pourraient être réalisées par un bon nombre de personnes paraplégiques, si celles-ci développaient un niveau optimal de condition physique pour diminuer l'impact de leurs déficiences et incapacités sur la réalisation de ces tâches.
Cependant, plusieurs d'entre elles présentent un faible niveau de condition physique (Kofsky et al., 1986; Shephard, 1988) et peuvent difficilement performer adéquatement lors d'un travail nécessitant des efforts physiques. Malgré d'autres facteurs non négligeables (plan d'assurance, volonté des employeurs, etc.), ce phénomène peut contribuer à expliquer le faible niveau d'emploi ou de productivité des personnes paraplégiques. Nous avons donc proposé les hypothèses suivantes
× Les personnes paraplégiques à l'emploi présentent un niveau de condition physique supérieur à celui des paraplégiques sans emploi.
× La condition physique et la pratique de l'activité physique sont positivement reliées à la participation à des activités productives chez les personnes paraplégiques.
× Certains facteurs (âge, scolarité, habiletés fonctionnelles, etc.)sont significativement reliés à la participation à des activités productives chez les personnes paraplégiques.
Soixante-quatorze participants (62 hommes, 12 femmes) furent recrutés parmi les victimes indemnisées par la Société de l'assurance automobile du Québec avant 1986. De plus, certains participants furent recrutés par le Centre François-Charon, suite à une révision des dossiers d'individus présentant un diagnostic de myélopathie. Après avoir accordé leur consentement à participer, les sujets ont reçu par la poste un questionnaire permettant de collecter des données sur les caractéristiques socio-démographiques, médicales et professionnelles de chacun. Lors d'une séance de groupe, les sujets complétèrent un questionnaire regroupant plusieurs éléments de la composante psychologique (estime de soi, état d'humeur, capacité d'adaptation, motivation, etc.). Le " Modified Barthel Index " fut utilisé pour évaluer le niveau fonctionnel des sujets. Finalement, un questionnaire standardisé a permis d'estimer le niveau d'activité physique des participants.
Dans la seconde phase de l'étude les variables physiologiques furent collectées. La première série de variables fut celle reliée aux mesures de repos : taille, poids, tension artérielle, ECG et la capacité pulmonaire. Cette dernière est particulièrement importante chez les individus présentant une lésion médullaire. Le deuxième groupe de variables comprenait la mesure de la vigueur musculaire des membres supérieurs (épaules, bras) à l'aide du système isocinétique Cybex. Le troisième groupe de variables était basé sur un test d'effort progressif et maximal. Le test était réalisé sur un fauteuil roulant ergométrique, afin de respecter la spécificité du mouvement induit par la locomotion en fauteuil roulant.
Afin de vérifier la première hypothèse, différents déterminants de la condition physique furent comparés entre les personnes paraplégiques ayant un emploi rémunéré (n=39) et celles qui étaient sans emploi (n=21). Tout d'abord il fut constaté que les individus sans emploi présentaient un poids corporel et un indice de masse corporelle (poids/taille2) plus élevés que ceux qui étaient à l'emploi. De plus, une capacité d'effort plus faible fut observée chez les paraplégiques sans emploi. Le tableau 1 résume ces résultats.
TABLEAU 1
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Comparaisons des variables de condition physique entre les participants ayant un emploi rémunéré et ceux sans emploi
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à l'emploi (n=39) |
sans emploi (n=21) |
prob.* |
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moyenne du groupe |
écart type |
moyenne du groupe |
écart type |
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Poids (kg)
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67.5 |
14.1 |
76.3 |
15.9 |
.04 |
|
IMC (kg/m2)
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22.2 |
3.4 |
25.0 |
5.2 |
.03 |
|
Charge de travail (W) |
64.6 |
28.0 |
44.8 |
19.9 |
.03 |
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VO2max (ml/kg/min.) |
21.8 |
6.8 |
16.5 |
4.8 |
.05 |
|
Force musculaire (torque-60/sec., Nm/kg) |
.93 |
.19 |
.80 |
.20 |
.04 |
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*toutes les différences observées entre les deux groupes sont statistiquement significatives |
|||||
Considérant l'importance de la locomotion dans les activités de tous les jours, on peut suggérer qu'un sur poids peut limiter le paraplégique dans des activités professionnelles, surtout lorsque certaines tâches nécessitent des déplacements. De plus, considérant l'indice de masse corporelle (IMC), la valeur plus élevée observée chez les individus sans emploi entraîne chez ceux-ci un risque plus grand de développer une hypertension, un taux de cholestérol élevé et une maladie cardiovasculaire. Ces problèmes de santé diminueraient encore davantage les chances d'une personne paraplégique de participer à des activités productives.
Résultant d'une masse musculaire plus faible pour réaliser les activités reliées aux déplacements, la personne paraplégique peut ressentir les effets de la fatigue plus rapidement lors d'efforts physiques quotidiens. Ainsi, une bonne condition physique (cardiorespiratoire et musculaire) apparaît nécessaire à la réalisation des activités journalières. Les résultats observés tendent donc à démontrer que les personnes paraplégiques qui travaillent ont une meilleure condition physique que celles qui sont sans emploi, ce qui tend à confirmer notre première hypothèse.
Le retour à un emploi rémunéré peut être un objectif valable pour un bon nombre d'individus. Toutefois, pour certains, cet objectif ne revêt pas la même importance, malgré qu'ils puissent exprimer le désir d'être productifs. Ainsi, certaines activités telles qu'un retour aux études, une implication dans un organisme communautaire ou bénévole, la tenue de la maison peuvent permettre aux personnes myélopathes de se sentir utiles et productives. C'est dans ce contexte que nous avons tenté de relier le niveau de condition physique à la participation à ces activités productives.
Le modèle proposé par DeJong et al. (1982, 1984) fut donc utilisé afin de vérifier les relations entre la productivité et le niveau de condition physique des participants à notre projet (hypothèse 2). Quatre variables de la condition physique pouvaient être associées avec le niveau de participation à des activités productives (travail, études, implication communautaire, travail ménager) :
× La charge maximale de travail durant le test d'effort,
× le débit expiratoire,
× le poids corporel,
× la masse maigre
De façon générale. plus la charge maximale de travail et le débit expiratoire des participants étaient élevés. plus grande était leur participation à des activités productives. À l'opposé, plus les participants avaient un poids corporel élevé, moins ils étaient " productifs " . Toutefois, lorsque le poids corporel était surtout constitué de masse maigre, donc un faible pourcentage de tissus adipeux, on observait un niveau plus élevé de productivité.
Comme plusieurs facteurs peuvent influencer le retour à une vie productive, des variables socio-démographiques, psychologiques, reliées à la santé et à l âge furent introduites avec les variables de condition physique dans un modèle statistique qui permettait de prédire le niveau de productivité (hypothèse 3). Le tableau 2 présente l'ensemble des variables qui contribuèrent significativement à prédire la productivité des participants
TABLEAU 2
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Liste des variables contribuant à expliquer la productivité des participants à l'étude
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Étape
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Variables de prédiction |
Type d'association avec la productivité |
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1 |
Niveau de scolarité |
(+)
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2 |
Habileté fonctionnelles (AVQ, AVD) |
(+) |
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3 |
Débit expiratoire |
(+)
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4 |
Poids corporel |
(-)
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5 |
Charge de travail |
(+)
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6 |
Masse corporelle maigre |
(+) |
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7 |
Motivation |
(+)
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|
8 |
Visites médicales |
(-)
|
Comme chaque variable est listée selon son importance vis à vis la prédiction de la productivité, on peut noter l'importance de la scolarité et de la performance aux activités de la vie quotidienne et domestique dans la capacité des paraplégiques de participer à des activités productives. Par la suite, on observe que les quatre variables reliées à la condition physique suivaient en ordre d'importance, suggérant la nécessité d'une bonne condition cardiorespiratoire et d'un poids corporel sans excès de tissus adipeux chez la personne paraplégique qui désire participer adéquatement à des activités productives. La motivation est également apparue comme une variable prédisant la participation aux activités productives. Il est bien connu qu'une personne peu motivée pourrait compléter sa réadaptation avec plus de difficulté et en ce sens, pourrait être moins apte à réaliser certaines activités productives. Enfin, le nombre de visites médicales semblait influencer, bien que faiblement, la capacité à devenir productif. Nous pourrions émettre l'hypothèse que le nombre de visites médicales est un indice de problèmes de santé et que celles-ci peuvent limiter la productivité de la personne.
Somme toute, nous avons démontré par cette étude que des variables reliées à la condition physique étaient en relation significative avec la productivité des personnes paraplégiques. Par contre, considérée comme un premier élément de réponse à la question initiale : Pourquoi les personnes paraplégiques devraient-elles faire de l'exercice? Sachant que l'exercice physique est un des meilleurs moyens de maintenir une bonne condition physique, nous avons toutes les raisons d'encourager :
1)les administrateurs de programme à considérer l'activité physique comme une intervention efficace dès le début de la réadaptation :
2)les personnes paraplégiques à adopter un mode de vie actif suite à leur séjour en centre de réadaptation.
L'auteur tient à remercier les organismes suivants pour leur contribution financière :
RÉFÉRENCES
Curtis, K. A., McClanahan, S., Hall, K.M., Dillon, D., Brown K. F. Health Vocational and Functional Status in Spinal Cord Injured Athletes and nonAthletes. Arch Phys Med Rehabil 1986; 67 :862-65.
De Vivo, M. J Fine, P. R. Employment Status of Spinal Cord Injured Patient 3 Years After Injury. Arch Phys Med Rehabil 1982 ;63 :200-203.
De Vivo, J. J., Rote, R. D., Stover, S.L., Fine, P. R. Employment After Spinal Cord Injury. Arch Phys Med Rehabil 1987 ;68 :494-98.
DeJong, G., Branch, L. G., Corcoran, P. J. Independent living Outcomes on Spinal Cord Injury : Multivariate Analysis. Arch Phys Med Kehabil 1984 ;65(2) :66-73.
DeJong, G., Hughes, J. Independent Living : Methodology for Measuring Long-Term Outcomes. Arch Phys Med Rehabil 1982 ; 63(2) :68-73.
El Ghatit, A. Z., Hanson, R. W. Variables Associated With Obtaining and Sustaining Employment Among Spinal Cord Injured Males : Follow-Up Or 760 Veterans. J Chron Dis 1978; 531 : 363-9
Kofsky, P. R., Shephard, E. J., Davis, G. M., Jackson, R. W . Fitness Classitication Tables for Lower-limb Disabled Individuals. IN : Sherill C. Sport and Disabled Athletes Champaign 111. : Human Kinetics; 1986 :147-156.
Shephard, R. J. Sports Medicine and the wheelchair Athlete. Sport Med 1988; 5(4) :22h-2476.
Référence : Propos de réadaptation, vol. 9, no 4, juin 1991, p. 36-39.
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L'apport de l'activité physique.
Marc Sévigny
La pratique régulière de l'activité physique contribue à la santé et ce, de plusieurs façons. Les effets bénéfiques les plus importants sont les suivants: réduction des risques de maladies cardiaques, de diabète non insuline-dépendant, d'obéisité, d'ostéoporose, de cancer du colon, d'hyptertension et d'accident cérébro-vasculaire; aide à augmenter la résistance à la tension mentale, à gérer le stress, à réduire l'anxiété, à sortir de la dépression et à mieux dormir; influence positivement le maintien d'un poids santé, le mieux-être mental, le contrôle et l'estime de soi et la perception de la qualité de vie.
Le vocable vitalité illustre la nouvelle approche, une approche globale à une vie en santé qui élargie les règles rigides, la diète et une prescription excessive d'exercices pour favoriser davantage une notion diversifiée du poids santé et valoriser une saine nourriture, une vie active et une image positive de sa santé physique et mentale.
L'augmentation de la pratique de l'activité physique peut être particulièrement bénéfique comme moyen préventif pour la santé publique, puisque l'inactivité est un facteur de risque modifiable de maladies cardiovasculaires des plus communes.
Le changement le plus significatif des dernières années a été de réaliser à quel point l'activité physique est nécessaire pour qu'un individu puisse bénéficier de tous ces avantages. Depuis des années, les conseillers de la condition physique ont suggéré à la population de se réserver du temps pour faire de l'exercice physique. Les activités intensives comme la course, la bicyclette et la natation étaient recommandées dans le but d'améliorer l'endurance cardiovasculaire. On nous a toujours dit: " Améliorez cette composante de la condition physique et une meilleurs santé s'ensuivra ".
De nos jours, la recherche démontre clairement que des effets bénéfiques que peuvent être obtenus par la pratique d'une activité physique d'intensité modérée.
La page suivante résume bien nos connaissances actuelles.
…en réadaptation
L'inactivité est une situation qui menace les clients en réadaptation. Aussitôt que possible, la pratique de l'activité physique est primordiale pour enrailler les dangers d'une sédentarité prolongée amenant une diminution de la condition physique. Également les inconforts et douleurs sont souvent maintes fois maîtrisés par l'activation, par la réalisation d'un programme léger, progressif et personnalisé d'exercices.
En prévention
L'apport préventif du secteur de l'activité physique en réadaptation se situe au niveau de l'évaluation de l'état de santé et de la condition physique des usagers et des recommandations qui s'ensuivent et par la pratique elle-même de l'activité physique.
Conjointement réalisé par l'infirmière, le médecin et l'éducateur physique, une évaluation de la condition physique par test d'effort, diagnostic ou fonctionnel, avec électrocardiogramme et analyse métabolique permet de vérifier l'état de santé des usagers avant d'entreprendre un programme d'entraînement; entre autres, une nouvelle médication est souvent suggérée pour améliorer ponctuellement l'état de santé de l'usager.
L'évaluation
L'évaluation de la condition physique n'a pas que l'aspect préventif. Elle permet de montrer un tableau des capacités physiques de l'usager afin de lui donner un niveau d'entraînement correspondant. Les paramètres évalués sont les suivants: la capacité pulmonaire et cardio-respiratoire, la composition corporelle par la prise des mesures anthropo-métriques, la capacité musculaire et les habitudes de vie.
L'évaluation de la condition physique et des habitudes peut engendrer des changements et influencer les habitudes de vie relatives à la santé des clients. Ceci en retour, peut contribuer à l'amélioration de leurs habiletés de gestion de soi et donner au client un sens plus approfondi de maîtrise et de contrôle sur sa vie. Une meilleure santé est le principal objectif.
Une intervention
Généralement, une perte ou diminution de fonctions doit être compensée par une condition physique supérieure. Un programme d'entraînement individualisé vise l'amélioration de divers paramètres de la condition physique tels que la capacité aérobie, la force musculaire et la composition corporelle.
L'intervention de groupe et d'aspect sportif vise non seulement le développement de qualités physiques (équilibre, condition de mouvements…) mais aussi l'actualisation d'expériences psycho-sociales, cette forme d'activité physique est stimulante et par la réalisation de performances et pas son aspect confrontant.
Les aides techniques
La réadaptation signifie le retour à un bon niveau de fonctionnement en tenant compte de changements physiques importants. Il faut favoriser ces changements par l'utilisation d'aides techniques. Dans le domaine de l'activité physique, le conditionnement physique offre un éventail d'appareils adaptés, tels que le pédalier manuel intégré ou non à une bicyclette et un plateau de roulement pour personnes en fauteuil roulant. Les activités sportives sont adaptées pour convenir aux attentes des personnes en fauteuil roulant sans l'utilisation d'équipement spéciaux. Ces activités sont le ballon panier, la badminton, le rugby, le hockey cosom (hockey en salle), le tennis et le volley-ball. Certains sports toutefois requièrent des équipements adaptés tels que les décocheurs pour les quadraplégiques en tir à l'arc et luges pour ski alpin et hockey sur glace. Et de plus en plus de sports sont à la portée des personnes en fauteuil roulant: prenons par exemple le ski de fond et le canoë kayak.
Par la pratique, de ces activités sportives diverses, nous créons de nouveaux champs d'intérêt. Il nous faut, favoriser l'accès aux documents informationnels et à des cliniques d'initiation. Les bénéficiaires doivent prendre contact avec des personnes ressources et explorer les possibilités existant dans leur milieu.
Marc Sévigny
Conseiller professionnel en éducation physique
Institut de réadaptation en déficience physique de Québec (IRDPQ)
1998