LE LOISIR ET SES IMPACTS

 

Roger Cantin, technicien en loisirs

 

 

Dans le présent article, je désire préciser l'apport du loisir dans un contexte d'adaptation - réadaptation. Je vous présenterai la définition du loisir véhiculée au Centre François - Charon (CfC), des exemples d'application au Centre de jour et les développements en cours au niveau du comité de pairs loisirs.

 

Afin de bien comprendre les avantages de l'activité de loisir, pensons à une personne inactive qui n'a pas su adapter ses activités à ses limites. Son manque d'activité rend cette personne peu intéressante pour son entourage. Elle n'a plus rien à partager avec eux et se retrouve donc isolée socialement. Ses amis ne la fréquentent plus et sa famille a possible ment coupé les liens.

 

On peut aider cette personne par l'intermédiaire du loisir. Celui - ci est défini au Centre comme une habitude de vie pratiquée durant du temps libre, dans un but de plaisir et avec des retombées sur : la sécurisation, le rythme de fonctionnement, la valorisation et l'intégration sociale.

 

Ces thèmes sont décrits dans la méthode IMPACT de la façon suivante :

 

 

LA SÉCURISATION

 

Le loisir favorise l'adaptation au Centre en offrant des occasions intéressantes qui permettent aux participants de se retrouver dans des situations familières demandant peu d'efforts d'adaptation. Concrètement, notre personne isolée et inactive lors de son arrivée au Centre s'adaptera aux gens et au milieu nouveaux si nous réussissons à lui offrir des activités qu'elle pratiquait auparavant et où elle se sent à l'aise.

 

 

LE RYTHME DE FONCTIONNEMENT

 

Le loisir offre un moyen privilégié pour reprendre et maintenir un rythme de vie normal compte tenu des capacités du client. La personne découvrira qu'il lui reste des capacités qu'elle peut développer en s'adonnant à des activités de loisir. C'est souvent l'occasion de mettre en pratique les progrès réalisés lors de l'étape de la rééducation.

 

 

LA VALORISATION

 

Le loisir est un fabuleux champ d'expérimentation de succès qui renforcent l'image positive que le client a de lui - même. Il prend conscience qu'il est capable de réaliser des succès importants à ses yeux et pour son entourage. C'est à cette étape que le client développe le goût de pratiquer son activité dans un milieu plus normalisant que celui du CFC.

 

L'INTÉGRATION SOCIALE

 

En transposant les activités dans le milieu, le loisir devient un fantastique moyen d'être actif chez soi et dans la communauté. De plus, il offrira des occasions extraordinaires pour entrer en relation avec d'autres personnes.

 

Le loisir présenté ici est semblable à celui que nous pratiquons régulièrement. Consciemment ou non, nous utilisons tous le loisir pour profiter des impacts mentionnés précédemment. Pensez aux vôtres et regardez comment ils vous permettent de vous adapter à des situations non familières, d'être plus ou moins actif selon vos besoins, d'être reconnu comme quelqu'un qui a une expertise (menuisier, peintre, sportif, cultivé en art, etc.) et de rencontrer des gens. La plupart des personnes ayant des incapacités physiques et neurologiques permanentes ont aussi accès à ces retombées bénéfiques à la condition d'avoir une vie de loisirs adaptée a leurs besoins, leurs capacités et leur milieu.

 

 

PHASES D'INTERVENTION

 

Les actions de l'équipe du Centre de jour visent à aider la personne à atteindre les pré - requis à la pratique d'activités de loisir. Il s'agit de s'accorder du temps libre, de connaître ses goûts et ses intérêts en loisirs, ses capacités, ses ressources financières, les lieux accessibles et d'acquérir les habiletés sociales adéquates rendant possible la pratique d'activités de loisir et la capacité de les vivre dans un contexte de liberté et de spontanéité. Par la suite, les interventions s'orientent vers l'acquisition d'habiletés spécifiques à la pratique de l'activité choisie.

 

 

Dans un troisième temps, on tente de transposer la pratique dans le milieu et avec d'autres personnes. Dans le cas où le client est touché par des incapacités trop importantes qui lui interdisent une démarche d'intégration, le Centre de jour possède une programmation

pour lui . Dans une telle situation il aura toujours besoin d'une ressource spécialisée comme le nôtre. Notre rôle est donc de personnaliser notre intervention afin d'atteindre le niveau fonctionnel maximum de chacun, pour ensuite le maintenir afin d'éviter une régression. En voici des exemples :

 

 

LES CARTES

 

L'activité de cartes, où près de 30 personnes se rencontrent, permettra au nouveau client qui connaît bien ce jeu de s'intégrer à un groupe même s'il a certaines difficultés au niveau social. Pour d'autres, qui ont une vie sociale faible, ce sera le moment le plus actif et le plus intense de leur semaine.

 

 

LES QUILLES

 

L'activité quilles, qui regroupe à chaque semaine au Centre Durocher plus de 20 clients du Centre de jour offrira des occasions de s'activer ou même de vivre des succès pour améliorer sa perception de soi.

 

Toute l'équipe est participante au développement des aptitudes physiques intellectuelles et sociales nécessaire à la pratique d'activités de loisirs. Pour sa part, l'intervenant en loisirs voit au développement de la personne par le loisir (rythme de fonctionnement, estime de soi), à l'intégration de ces activités dans le quotidien (chez - elle et dans sa communauté) et au partage de ses centres d'intérêts avec d'autres personnes.

 

 

LE CHOIX DE L'ACTIVITÉ

 

L'activité choisie pourra être celle que les gens pratiquaient avant l'apparition de leurs incapacités et qu'ils ont abandonnée, croyant ne plus pouvoir s'y adonner. La participation à des activités nouvelles ouvrira peut - être d'autres horizons en fonction des capacités résiduelles. Les séjours de plein air en été et en hiver en sont de bons exemples.

 

La communauté est mise à profit dans la pratique d'activités de loisir. Nous tentons de reproduire la pratique de l'activité dans des conditions naturelles. Nous utilisons les ressources de loisir accessibles à la population en général (cinéma, restaurant, théâtre, musée) ainsi créer l'habitude de l'activité pour qu'elle se continue en notre absence.

 

 

LES ACTIVITÉS SPÉCIALES

 

Les temps forts de l'année sont soulignés (Noël, Halloween, etc.) pour permettre aux bénéficiaires de se garder branchés sur la réalité et pour offrir des moments de réjouissance et de partage.

 

Ces activités spéciales augmentent le sentiment d'appartenance au Centre de jour et renforcent ainsi les liens amicaux entre les participants.

 

 

CONCLUSION

 

L'intervention en loisir est donc une affaire d'équipe. Les actions qui multiplient le rayonnement bénéfique du loisir, posées par l'équipe, doivent être coordonnées par un travailleur en loisirs qui connaît les particularités de ce médium, le tout pour le mieux - être du client

 

 

DÉVELOPPEMENTS EN LOISIR

 

Dans le but d'améliorer nos outils d'intervention, certains projets sont en développement :

 

  1. Recherche d'indicateurs quantifiables sur la participation en loisirs

 

Une recherche visant à établir une norme d'intégration par le loisir est en cours de réalisation au Centre depuis l'hiver 1991. Elle vise à préciser les possibilités de l'intégration loisirs et les caractéristiques qui l'influencent. Cet important projet se développe avec la collaboration du Centre de jour, de l'unité d'apprentissage du Comité de pairs loisirs sous la supervision méthodologique de monsieur Luc Noreau. Il est subventionné par le Consortium de recherche en réadaptation de l'est du Québec et la Fondation François - Charon. Pour recueillir les données de recherche, un échantillon de 100 clients ayant déjà reçu des services du Centre François - Charon seront consultés au cours du printemps 1993.

 

 

  1. Logiciel d'intérêts en loisir

 

Monsieur Georges Tremblay conseiller professionnel en loisirs a procédé en collaboration avec un professeur chercheur de L'UQTR, à l'informatisation d'un test scientifique validé portant sur les intérêts en loisir. Ce questionnaire est un outil précieux pour mieux connaître nos clients lors des évaluations individuelles. Dans la même lancée, nous visons l'informatisation d'un questionnaire sur les pré - requis à la pratique d'activités de loisir.

 

 

3. Banque de connaissances

 

Dans le cadre de l'informatisation du plan d'intervention au Centre, nous procédons depuis l'automne 1992 à l'élaboration de la banque de connaissances loisirs. Nous y retrouverons les objectifs spécifiques et les interventions loisirs qui découlent des objectifs des programmations d'adaptation sociale et d'intégration sociale. Toutes les disciplines au Centre de jour font le même exercice.

 

 

4. La méthode IMPACT

 

Depuis 1987, l'équipe de loisirs du CFC s'est donnée une programmation disciplinaire. Elle a comme principal avantage de centrer l'intervention en loisirs sur quatre objectifs généraux et ainsi préciser notre champ d'intervention. Elle est faite pour s'adapter aux différentes capacités des clients. Elle met l'accent sur les objectifs généraux précédemment nommés. Elle utilise un plan d'intervention individualisé. Cette programmation disciplinaire s'adapte parfaitement aux objectifs généraux des différentes programmations du Centre.

 

 

 

(1) Tremblay, Georges. La méthode IMPACT. Centre François - Charon, Québec 1997

 

Référence Propos de réadaptation, vol. 11, no 5, décembre 1993, p. 14-15.

 

 

LES LOISIRS AU CENTRE FRANCOIS-CHARON

 

HISTORIQUE ET PERSPECTIVES D'AVENIR

 

Georges Tremblay, conseiller professionnel en loisirs

 

DES NOUVEAUX BESOINS

 

Vers les années 1975-1980, les établissements de santé ont commencé à se préoccuper sérieusement des besoins psychosociaux des clients.

 

En loisirs, au Centre François-Charon, cette réalité s'est traduite par une commande visant à ajouter un nouveau rôle d'intervenant clinique à notre rôle de producteur d'activités orientées vers la qualité de vie. Nous n'étions pas préparés à assumer ce rôle de façon structurée.

 

 

FAIRE LE BILAN DES CONNAISSANCES EN INTERVENTION CLINIQUE

 

Nous avons entamé une collecte de données pour répondre aux besoins nouveaux.

 

. Écoles de formation

Elles aussi, non préparées à la nouvelle commande, n'ont pu nous transmettre des méthodes éprouvées.

 

. Congrès canadien de recherche en loisir

Les chercheurs nous ont recommandé de nous mettre à la tâche puisqu'ils ne pouvaient nous aider.

 

. Recherche bibliographique

Notre établissement a mené une recherche dans douze banques informatisées provenant de divers pays. Nous n'y avons pas trouvé de réponse à nos besoins.

 

SE CONCERTER

 

Devant l'insuffisance des notions recueillies, notre service a créé une association de services de loisirs en institution de la région de Québec. Ce long détour avait l'inconvénient de nous éloigner de nos préoccupations premières. Par contre, il avait l'avantage de structurer des équipes de travail pour faire progresser la création et l'expérimentation de nouvelles méthodes.

 

. L'association de la région de Québec a organisé les deux premiers congrès provinciaux lesquels se sont déroulés au Centre François-Charon. Le personnel de notre service y a assumé divers rôles clés. Plusieurs autres employés de notre centre se sont joints à ceux d'autres établissements pour y assumer des tâches autant à titre de conférenciers, animateurs d'atelier, agents d'accueil ou aides techniques.

 

L'enthousiasme de ces gens s'est communiqué aux autres régions et la Fédération québécoise du loisir en institution a été créée.

 

Lors du congrès de 1984, notre équipe a proposé des objectifs généraux pouvant être poursuivis par la majorité des services de loisirs en institution au Québec. L'accueil favorable nous a permis de passer à l'étape suivante qui consistait à structurer la poursuite des objectifs. Le manque d'outils d'intervention clinique entraînait un certain malaise qui se traduisait par le sentiment d'être peu reconnus dans nos établissements :

 

× non-accès aux dossiers;

× exclusion des équipes inter disciplinaires.

 

Il nous fallait donc :

× créer une méthode d'intervention clinique;

 

CRÉER UNE MÉTHODE D'INTERVENTION

 

Les membres de l équipe des loisirs du Centre François-Charon ont mené diverses expériences. Par la suite, au cours de trois symposiums provinciaux, nous avons présenté ce qui est devenu la " Méthode Impact ".

 

Il ne faudrait surtout pas oublier les services de loisirs des autres établissements qui ont participé à l'expérimentation de cette méthode. Leur apport a consolidé notre démarche.

 

Finalement l'acceptation de cette méthode s'est confirmée en

1987.

. Le Centre François-Charon l'a approuvée officiellement.

 

. La Fédération québécoise du loisir en institution l'a recommande à ses membres.

 

. Le ministère de l'Enseignement supérieur la recommande aux écoles .

 

. Des professeurs de cégeps et d'universités l'enseignent.

 

. Le ministère du Loisir a publié un dépliant qui recommande spécifiquement nos objectifs généraux .

 

. Divers établissements adoptent cette méthode.

 

. Des créateurs de documents techniques situent leurs travaux en se référant à notre méthode

 

Plus près de nous, les techniciens en loisirs dans les unités disposent :

. d'un rationnel;

. d'un système d'évaluation des clients;

. d'un système d'intervention.

 

Ils ont accès aux dossiers et sont intégrés aux équipes interdisciplinaires.

 

CRÉER DES OUTILS D'INTERVENTION QUI COMPLÈTENT LA MÉTHODE IMPACT

 

Nous constatons le besoin d'outils spécifiques pour améliorer nos interventions :

. éducation à la réadaptation par le loisir;

. motivation des clients;

. économie de temps du personnel par l'expérimentation d'une banque de plans standardisés, vidéos démontrant divers lieux de loisirs dans la communauté, carnet personnalisé du client.

Des cliniciens en loisirs au Centre expérimentent présentement l'un ou l'autre de ces éléments qu'ils ont créés.

 

 

METTRE EN MARCHÉ LE LOISIR INSTITUTIONNEL

 

La Fédération rassemble maintenant 150 services de loisirs en institution. Elle est aujourd'hui opérationnelle, autonome et financièrement stable. Son bureau de direction est situé au Centre François-Charon.

 

Cette fédération réalise, chaque année, un congrès provincial et diverses activités régionales. Elle coordonne en plus une semaine de promotion du loisir en institution. Son centre de documentation diffuse les meilleures expériences réalisées dans les établissements.

 

Les cégeps ont même changé l'appellation des " techniciens en loisirs ", qui se nomment maintenant "techniciens d'intervention en loisirs ". Le contenu des cours a été ajusté aux besoins des clientèles et des milieux d'intervention. Le cégep de Rivière-du-Loup publie maintenant des documents destinés aux intervenants en institution.

 

Au cours des dernières années, le personnel de notre service a été appelé à donner de nombreuses conférences ou sessions de formation d'une durée pouvant aller jusqu'à trente-cinq heures. Ils se sont adressés à des groupes d'intervenants et d'enseignants du Québec, du Nouveau-Brunswick et de quelques pays étrangers. En tout, environ 1600 personnes ont ainsi été rejointes. Nous recevons des commentaires élogieux à l'endroit du Centre François-Charon qui a supporté nos démarches.

 

HARMONISER NOS MÉTHODES ET LANGAGES

 

Après avoir complété la définition de notre contribution à la réadaptation, voilà que de nouvelles exigences nous parvenaient pour s'associer au plan d'intervention par objectifs adopté par notre Centre de même qu'au langage de la Classification internationale des déficiences, incapacités et handicaps. Ces opérations d'harmonisation ont pu être complétées rapidement.

 

S'INTÉGRER AUX NOUVELLES PROGRAMMATIONS INTERDISCIPLINAIRES

 

Suite à une planification stratégique, notre établissement a structuré des programmations inter-disciplinaires qui incitent chaque groupe professionnel à définir sa contribution spécifique. Il semble bien que les objectifs et méthodes que nous avons développés s'harmonisent correctement avec ces programmations.

 

 

APPARITION DE NOUVEAUX BESOINS CENTRÉS SUR LA QUALITÉ DE VIE

 

Par un apparent retour des choses, nous assistons à une

recrudescence dans la demande de loisirs non cliniques. Après réflexion, cette situation s'explique bien.

 

. Nos interventions cliniques ont répondu à plusieurs besoins.

 

. Voilà six années que notre Fédération mène des opérations d envergure et de prestige pour sensibiliser les établissements au fait qu'ils ne sont pas seulement des milieux de soins, mais aussi des m lieux de vie

 

. L'Association des centres d'accueil du Québec plaide publiquement pour l'amélioration des conditions de séjour des résidents en centre d'accueil.

 

Les corporations professionnelles mettent l'accent sur l'élargissement du rôle de leurs membres pour contribuer à la qualité de séjour des résidents

 

. L'ensemble de notre soc été attache une importance accrue aux questions de qualité de vie et d'environnement.

 

 

En résumé, maintenant que l'intervention clinique donne

satisfaction, on nous demande de consolider les loisirs qui visent la qualité de vie des clients Comme nous ne pouvions augmenter le nombre d'employés, nous avons exploré les voies suivantes :

 

× recours à des subventions;

 

× création d'un système d'animation par équipements.

 

× utilisation de groupes communautaires :

 

× embauche de contractuels;

 

× utilisation de résidents et comités de résidents;

 

× implication d'employés;

 

× utilisation de bénévoles;

 

× implication d'ex-bénéficiaires;

 

× amélioration du système d'accès aux activités de la communauté;

 

× recours à l'autofinancement;

 

× rapprochement des plateaux de diffusion des services;

 

× recours à une corporation sans but lucratif pour générer des ressources.

 

SE RAPPROCHER DES CLIENTS

 

A cette multiplication des ressources d'animation s'ajoute une démarche de rapprochement des clients dans le secteur des activités de soir et de fin de semaine.

 

. Activités réalisées dans les unités

 

. Recours au personnel des unités pour identifier ses capacités et intérêts des clients de même que pour aider à réaliser certaines activités.

 

. Système de statistiques quotidiennes permettant de mieux connaître les habitudes des clients

 

. Étude sociologique

 

CONCLUSION : INVESTIR DANS LE DÉVELOPPEMENT

 

Il faut reconnaître le mérite des établissements et particulièrement le nôtre lesquels ont su créer des conditions qui ont rendu possibles ces développements. Ces années, considérées du point de vue d'un travailleur en loisirs, ont été fantastiques. Il ne faut cependant pas croire que tout a été fait. Nous rencontrons encore de nombreux défis. Les éléments cités dans ce texte laissent entrevoir divers axes de développement possibles. Nul doute que les années à venir permettront d'aller encore plus loin dans l'amélioration de la qualité des services aux clients.

 

Référence : Propos de réadaptation, vol. 9, no 2, décembre 1990, p. 22-24.

 

 

 

 

 

INDICATEURS DU NIVEAU DE PRATIQUE DE LOISIRS ET ÉLÉMENTS NORMATIFS D'INTÉGRATION EN LOISIR CHEZ LA PERSONNE AYANT UNE DÉFICIENCE PHYSIQUE

 

Luc Noreau, Ph.D., coordonnateur de la recherche

Gilles Murphy, technicien en loisirs

Georges Tremblay, conseiller en activités cliniques

Roger Cantin, technicien en loisirs

 

INTRODUCTION

 

Le concept d'intégration utilisé dans le contexte des personnes ayant des incapacités fait habituellement référence à deux éléments spécifiques : l'intégration physique et l'intégration sociale ( Flynn , 1993 : Commission des centres de réadaptation, 1992). La première n'est que la présence physique des personnes ayant des incapacités dans des lieux, des situations où des personnes sans incapacités sont également présentes. La seconde fait référence à la participation des personnes ayant des incapacités aux interactions et interrelations sociales qui surviennent lors d'activités normatives dans des lieux et contextes valorisés en présence des personnes sans capacités.

 

L'intervention en loisir fait partie des nouvelles disciplines de la réadaptation dont l'impact est trop peu documenté. Aux fins de la présente recherche, les activités pratiquées dans un contexte de plaisir lors des temps libres étaient considérées comme activités de loisir. Sur le plan de la santé, certaines évidences permettent de croire que l'impact du loisir se situe tant à un niveau psychologique, physique social que spirituel (Caldwell & Smith, 1988). Par exemple Iso-Ahola (1982,1983) mentionne que le loisir réduit les sensations d'impuissance et de manque de contrôle, et ainsi contribue à la perception de compétence personnelle (self-efficacy) et au maintien d'une bonne santé psychologique, Bien que la pratique d'activités physiques favorise le maintien d'une bonne santé physique certaines de ces activités ont également un impact social alors qu'elles facilitent les contacts interindividuels.

 

En considérant ces divers bénéfices sur la qualité de vie de l'individu, on peut faire l'hypothèse que le loisir possède des caractéristiques intrinsèques qui favorisent le processus de réintégration sociale. Toutefois, peu d'étude ont documenté la question de la participation en loisir de personnes ayant des incapacités et de son impact réel sur la qualité de vie et la réintégration sociale. Niemi et al. (1988) ont étudié la qualité de vie chez 40 personnes ayant subi un accident vasculaire cérébral en fonction de la récupération et de la reprise d'un certain nombre d'activités (travail, loisirs, activités domestiques et familiales).

 

Malgré une récupération fonctionnelle adéquate, 83% des personnes ont indiqué une détérioration de leur qualité de vie après une période de quatre années. Sur le plan des activités reliées spécifiquement au travail et au plaisir, respectivement 39% et 80% des personnes ont noté une détérioratian de leur qualité de vie en comparaison de leur situation prémorbide. Dans une étude chez 344 personnes ayant des incapacités, Kinney & Coyle (1992) ont observé que la satisfaction dans les activités de loisir était un fort présage de la satisfaction de vie (life satisfaction) (42% de la variance expliquée) et suggèrent l'inclusion d'une intervention en loisir lors du processus de réadaptation, afin de s'assurer que les clients aient maintenu certaines habiletés qui pouvaient être affectées par la présence d'incapacités.

 

Dans un contexte d'évaluation de programmes-cadres et de programmations, ce potentiel d'influence du loisir devenait l'élément majeur à objectiver, avant de suggérer des modifications aux programmes. Cependant, un des premiers obstacles rencontrés à cet égard a été l'absence d'information sur le niveau de pratique de loisirs jugé normal chez la personne ayant des incapacités. Il s'agissait d'un premier objectif à atteindre avant de poursuivre la réflexion sur l'intervention en loisir. Néanmoins, il apparaissait nécessaire d'amorcer parallèlement l'identification des caractéristiques individuelles et environnementales les plus susceptibles d'influencer la pratique de loisirs chez les personnes ayant des incapacités.

 

Compte tenu des clientèles admises au Centre François-Charon, la population cible était celle des personnes ayant des déficiences motrices. Le présent projet visait donc à déterminer le niveau réel de pratique de loisirs chez un échantillon de personnes ayant une déficience motrice, à identifier le niveau de pratique de loisirs pouvant être considéré comme norme de pratique pour différents types d'activités, à comparer la pratique de loisirs de l'échantillon à celui de la population québécoise et à identifier les caractéristiques personnelles et environnementales qui pourraient favoriser ou limiter la pratique de loisirs des personnes ayant une déficience motrice

 

MÉTHODOLOGIE

 

Comme le contexte de cette étude (faisabilité, critères d'inclusion) ne permettait pas un échantillonnage aléatoire, la participation des sujets sur une base volontaire n'a donc pas permis de constituer un échantillon rigoureusement représentatif des proportions d'individus inscrits dans les différents programmes. À partir d'un total de 1 824 personnes, les critères d'inclusion (âge = 18-65 ans, résidence sur le territoire de la Communauté urbaine de Québec) ont permis de retenir 350 personnes qui furent contactées par lettre. Un total de 112 personnes ont signifié leur intention de participer à l'étude.

 

Les activités de loisir étaient regroupées sous quatre types d'activités principales :

 

1 Associatif : bénévolat, activités religieuses, activités liées à une organisation;

 

2 Distraction : assister à des manifestations sportives ou culturel les;

 

3 Sports et passe-temps participer à des activités sportives, pratiquer un instrument de musique, artisanat;

 

4 Médias et communications. Cette procédure permettait de comparer la pratique de loisirs de l'échantillon à celle de la population québécoise.

 

RÉSULTATS

 

A partir des 112 personnes initialement recrutées, 97 sujets (âge X = 42 + - 12 ans) ont complété le processus expérimental. La participation sur une base volontaire a causé une disproportion dans le nombre de sujets de certains programmes. Ainsi, l'échantillon comptait une surreprésentation de personnes atteintes d'une maladie dégénérative (ex. : sclérose en plaques, dystrophie) et une sousreprésentation de personnes ayant subi un accident vasculaire cérébral. Près de 50% des sujets de l'échantillon ont rapporté un revenu personnel

annuel inférieur à 10 000 dollars malgré une scolarité moyenne de 12.1 + - 4.7 années. Enfin, la mesure de l'autonomie fonctionnelle a montré que les déficiences motrices ont un impact très variable selon les individus.

 

Comptabilisé à partir des budgets-temps, le temps moyen de pratique de loisirs chez les sujets se situait à 48 heures / semaine et 50% de l'échantillon montrait une pratique de loisirs se situant entre 40 et 60 heures / semaine. Toutefois, une grande variabilité peut être observée dans le temps de pratique puisque certains individus ont indiqué une pratique de loisirs inférieure à 20 heures / semaine alors que d'autres réalisent 90 heures / semaine. Les loisirs de type associatif étaient pratiqués par 21 personnes et seulement 9 individus s'y adonnaient plus de 5 heures / semaine. Les activités de type distraction et celles de type sports et passe-temps étaient pratiquées par plus de 90% des sujets avec une valeur médiane de 7 heures / semaine et 12 heures / semaine, respectivement. Les activités de type médias et communications étaient les plus pratiquées par les sujets de l'échantillon avec une valeur médiane de 24 heures / semaine et comptaient globalement pour la moitié de la pratique totale de loisirs.

 

Considérant l'importance de l'écoute de la télévision (médiane = 15 heures / semaine) sur les habitudes de loisir, il était justifié de quantifier son influence sur le temps de loisir (figure 4). En excluant l'écoute de la télévision de la catégorie médias et communication,

le temps de pratique de cette catégorie diminue significativement (médiane = 5 heures / semaine)et la pratique totale montre une baisse moyenne de 35%. La comparaison des moyennes d'heures de pratique de loisirs avec celles de la population (québécoise et canadienne) indique un temps de pratique supérieur dans le présent échantillon. Cet écart de 12 heures / semaine est attribuable surtout à une pratique plus importante d'activités de type sports et passe-temps

(+ 9 heures / semaine). Les autres types d'activités (catégories 1, 2 et 4) étaient pratiqués par les sujets de façon similaire à la population générale .

 

Globalement, plus de 55% des activités de loisir réalisées par les participants se déroulaient à leur résidence. Considérant les différents types d'activités, on observe que les activités de type associatif (catégorie 1 ) étaient majoritairement pratiquées dans la communauté. Inversement, les activités de type médias et communications (catégorie 4) se pratiquent presque exclusivement à la résidence. Plus de 60% des activités de loisir des sujets étaient réalisées en présence d'autres personnes. Les activités de type distraction (catégorie 2) étaient particulièrement intéressantes à cet égard puisqu'elles se pratiquaient dans 97% des cas avec d'autres personnes. L'analyse combinée du lieu de pratique et de la présence de personnes à l'intérieur de chaque type d'activités de loisir montre deux éléments qui semblent contradictoires quant à la capacité de générer des interactions et interrelations sociales. Les activités de type associatif qui se déroulaient surtout dans la communauté n'amenaient pas toujours d'interrelations personnelles puisqu'elles étaient pratiquées seules dans 50% des cas. A l'opposé, les activités de type médias et communications, malgré un fort taux de pratique à la résidence, se déroulaient majoritairement en présence d'autres personnes.

 

Une association significative a été observée entre la pratique de loisirs et des caractéristiques personnelles des individus ou de leur environnement. Le niveau d'indépendance fonctionnelle tel que mesuré par l'index de Barthel montre une association significative avec la pratique de loisirs (type distraction, r=.27; type sports et passe-temps, r=.34; type médias et communications, r=-.29). L'influence de la scolarité sur la pratique s'observait uniquement dans la catégorie médias et communications. Initialement, ce type d'activités ne semblait pas être associé à la scolarité (r=-.04,p > .05). L'association devenait positive (r=.35,p < .01 ) lorsqu'on excluait l'écoute de la télévision. Aucune association significative n'a été observée entre le revenu (personnel et familial) des sujets et leur pratique de loisirs.

 

Des analyses de régression ont été utilisées pour tenter de quantifier l'influence des variables personnelles et environnementales sur la pratique de loisirs et de prédire la pratique à partir de différents arrangements de variables indépendantes. L'écoute de la télévision était la seule variable dépendante pour laquelle la variance expliquée atteignait 30% à partir de variables telles que le transport, l'autonomie fonctionnelle, l'âge et l'occupation

 

L'influence potentielle de quatre variables nominales a été montrée à partir de représentations graphiques de la pratique de loisirs. Parmi celles-ci, l'occupation principale est la seule variable qui semblait influencer la pratique totale. Les individus sans occupation ont un niveau de pratique de loisirs significativement plus élevé que les autres sujets de l'échantillon. Cette différence est directement reliée à une écoute plus élevée de la télévision. Le regroupement des " scores " de l'index de Barthel en quatre catégories montre bien l'influence de l'autonomie fonctionnelle sur la pratique de loisirs. Les activités de type sports et passe-temps sont peu pratiquées par les sujets ayant une autonomie fonctionnelle diminuée et elles semblent être remplacées par l'écoute de la télévision. De même, les individus à mobilité réduite qui doivent utiliser des dispositifs d'accès à leur résidence pour diminuer l'impact des barrières architecturales tendent à pratiquer moins d'activités de type distraction, sports et passe-temps. Enfin, la possibilité d'utiliser un véhicule automobile pour les déplacements augmente la pratique des activités de type distraction se déroulant à l'extérieur du domicile alors que la pratique d'activités de type médias et communications au domicile augmente significativement chez ceux qui n'ont pas accès à un véhicule pour leurs déplacements.

 

DISCUSSION

 

Bien que le nombre d'individus recrutés par type de déficience n'atteignait pas les proportions attendues, le présent échantillon

(n = 97) est apparu représentatif sur les plans socio-économique et démographique de la population canadienne des personnes ayant une incapacité. Une scolarité de niveau universitaire a été notée chez 20% des personnes du présent échantillon alors qu'habituellement, elle ne dépasse pas 10% dans la population des personnes ayant des incapacités. Malgré ce taux élevé de scolarisation, le nombre de personnes à l'emploi est très faible, ce qui semble confirmer que l'instruction à elle seule ne suffit pas à surmonter tous les obstacles pour une entrée dans la population active (Ross & Shillington, 1990).

 

Une revue de la littérature sur la thématique du loisir suggère que la présente étude serait la première à décrire les habitudes de loisir de personnes ayant des déficiences motrices et à tenter d'identifier des facteurs qui influencent les types d'activités pratiquées. Donc, la comparaison des présents résultats avec ceux d'études similaires s'est avérée impossible et seulement deux sources d'information québécoise ou canadienne sur le temps de loisirs ont été recensées dans la population générale (Pronovost, 1988; Mercier, 1990).

 

Considérant le faible niveau de participation des individus de l'échantillon à des activités productives (travail, études, bénévolat), on peut anticiper que la pratique de loisirs constitue un élément clé de l'épanouissement, de la valorisation et de l'intégration sociale de la personne ayant une incapacité. Le temps total de pratique de loisirs tend à confirmer que ces personnes s'adonnent de façon substantielle à diverses activités de loisir puisque 75% des participants avaient un temps de pratique supérieur à la moyenne de la population générale. L'écart observé entre la moyenne de la population et celle de l'échantillon s'explique majoritairement par la pratique d'activités de type sports et passe-temps alors qu'aucune différence significative n'était observée pour les autres types d'activités. Outre les activités de type associatif qui étaient peu pratiquées, les activités de type sports et passe-temps sont celles qui semblent les plus susceptibles d'augmenter l'estime de soi puisqu'elles requièrent une participation active de l'individu.

 

Il est intéressant de constater que 45% des activités de loisir se pratiquaient à l'extérieur du domicile. Ce résultat suggère, chez un nombre substantiel de participants, la présence d'un niveau d'indépendance suffisant pour pratiquer des activités dans la communauté, ce qui est en soi un facteur favorisant l'intégration sociale. Toutefois, le fait que plus de la moitié des activités de loisir des participants à l'étude se déroulaient au domicile devrait être considéré dans l'approche d'intervention en loisir. L'approche habituelle vise davantage la participation dans la communauté. Les présents résultats suggèrent d'inclure également dans l'intervention auprès des personnes ayant une incapacité des éléments de programmation qui permettent une pratique à domicile et l'atteinte d'objectifs reliés à la valorisation et à l'augmentation du rythme de fonctionnement. Cela apparaît particulièrement important pour les personnes dont les incapacités reliées à la locomotion sont sévères.

 

Un des éléments majeurs de l'intégration sociale des personnes vivant avec des incapacités concerne leur participation aux interactions et interrelations qui surviennent lors d'activités normatives en présence de personnes sans incapacités. Une des premières prémisses aux interactions est la possibilité de rencontrer des personnes et d'interagir avec celles-ci. Puisque 65% des activités énoncées par les participants se déroulaient en présence d'autres personnes, cela suggère que la pratique du loisir favorise les contacts interpersonnels, et conséquemment augmente la probabilité d'une meilleure intégration sociale. Par contre, la pratique de loisirs individuelle ne doit pas nécessairement être rejetée car certains types d'activités telles que la lecture et l'écoute de la musique favorisent le calme et la relaxation souvent nécessaires à un rythme de fonctionnement optimal de l'individu.

 

Un des éléments majeurs de la présente étude était la possibilité d'identifier chez les participants des caractéristiques personnelles ou de leur environnement qui pouvaient les prédisposer à la pratique de certains types d'activités de loisir. Sur le plan des caractéristiques personnelles, il est apparu évident que la sévérité des incapacités physiques tendait à influencer le type de pratique de loisirs sans pour autant diminuer le temps total de pratique. Ainsi, un plus haut niveau d'incapacité (faible indice de Barthel et nécessité d'utiliser des dispositifs d'accès à la résidence) semblait diminuer le temps de pratique d'activités de type distraction ou sports et passe-temps, lesquelles nécessitent une participation plus active de la personne et se déroulent davantage à l'extérieur du domicile. Dans le cas d'un faible niveau d'autonomie fonctionnelle, l'écoute de la télévision devenait une des activités de loisir les plus prépondérantes.

 

L'occupation principale de la personne influence également sa participation en loisir et plus spécifiquement les résultats de la présente étude montrent que les individus qui n'occupent pas un emploi ou qui ne sont pas aux études disposent de plus de temps pour pratiquer une activité de loisir. Cependant, ces personnes ne semblent pas pratiquer davantage de loisirs exigeant une implication personnelle puisque la majorité du temps additionnel dont elles disposent est occupé par l'écoute de la télévision, ce qui tendrait à confirmer que la télévision est une activité " tampon " qui remplit le temps libre supplémentaire.

 

Sur le plan environnemental, parmi les variables mesurées, la disponibilité d'une automobile pour les déplacements semblait favoriser la pratique d'activités de sports et passe-temps et, à l'apposé, lorsque ce moyen de transport n'était pas disponible, les personnes tendaient à occuper davantage leur temps libre avec des activités de type médias et communications, dont l'écoute de la télévision.

 

Malgré l'intérêt de cette étude, elle présente certaines limites du point de vue de l'échantillon et de la mesure. Tout d'abord, le mode d'échantillonnage non aléatoire basé sur la participation volontaire des sujets n'a pas permis d'obtenir un échantillon représentatif quant aux différents types de déficiences motrices. De plus, nous ne pouvons écarter la possibilité que les participants à l'étude aient eu un biais favorable vis-à-vis la participation en loisir. Aucune mesure des fonctions supérieures ou de la personnalité n'a été effectuée chez les participants. Certains facteurs reliés à l'environnement des individus n'ont pu être mesurés.

 

La présente étude a une signification clinique importante pour les intervenants en loisir du domaine de la réadaptation. D'une part, l'étude a permis de vérifier la faisabilité d'utilisation de la technique du budget-temps dans un processus de mesure des habitudes de loisir chez des personnes ayant une incapacité. D'autre part, la disponibilité de résultats quantifiables sur la pratique de loisirs d'une cohorte de personnes ayant une déficience matrice s'avère un important outil d'intervention. Avec l'élaboration de normes de pratique, il devient possible de situer le niveau de participation en loisir d'un individu par rapport à la population de personnes avec une déficience motrice. Enfin, l'identification de facteurs qui influencent le choix des activités de loisir devrait permettre d'élaborer des objectifs de pratique de loisirs compatibles avec les caractéristiques de la personne et de son environnement, ou d'élaborer des stratégies permettant de contrer l'effet négatif de ces facteurs.

 

CONCLUSION

 

Somme toute, cette étude était une première étape vers un examen plus objectif de la contribution potentielle du loisir au processus menant à la réintégration sociale des personnes ayant des incapacités. Les présents résultats ont montré que la participation en loisir des personnes avec une déficience motrice se compare à celle de la population générale et que cette pratique favorise les interactions et interrelations personnelles. Malgré l'identification de certains facteurs qui influencent le choix des activités de loisir, plusieurs questions demeurent sans réponse et devront faire l'objet de recherches futures. Entre outres, il apparaît important de documenter la question des attitudes des personnes à l'égard du loisir et de documenter l'impact de la satisfaction en loisir sur la qualité de vie. Comme l'intégration sociale demeure un objectif majeur de l'intervention de réadaptation, les recherches devront se poursuivre afin de préciser l'impact du loisir à cet égard.

 

Référence : Propos de réadaptation, vol. 12, no 1, septembre 1995, p. 48-54.