Association européenne contre les leucodystrophies (ELA)
Les leucodystrophies
Les leucodystrophies sont un groupe de maladies neurologiques génétiques affectant la substance blanche (" leuco " ) du système nerveux (cerveau, moelle épinière ou nerfs), dont la plus fréquente est l'adrénoleucodystrophie. Très diverses dans leur expression et leur révélation (de l'enfance à l'âge adulte selon les maladies), elles entraînent le plus souvent des manifestations neurologiques progressives associées à une atteinte des fonctions supérieures, voire un polyhandicap sévère.
QUE SONT LES LEUCODYSTROPHIES?
Le terme provient du grec : leuko (blanc), trophy (croissance) et dys (trouble), et traduit un mauvais fonctionnement de la substance blanche ou myéline, abondante dans le système nerveux (c'est également la myéline qui est touchée dans la sclérose en plaques. La fréquence de l'ensemble des leucodystrophies génétiques est estimée en Europe à 2/10 000. Ce sont des neurolipidoses (troubles du métabolisme des lipides (graisses) du système nerveux.
COMMENT SE MANIFESTENT-ELLES?
Début : suivant le type de leucodystrophies, les signes cliniques peuvent apparaître dès les premiers mois de la vie dans le cas de la maladie de Canavan (tête anormalement grosse et cécité), alors qu'ils se manifestent à l'adolescence voire à l'âge adulte dans le cas de l'adréno-myéloneuropathie, des leucodystrophies de Krabbe ou métachromatique (cf. tableau).
Évolution : les manifestations neurologiques sont le plus souvent progressives : modifications du tonus corporel, de la marche, du comportement, de l'élocution, de la capacité à voir, à entendre, du développement de la compréhension et de la mémoire... En l'absence de traitement, toutes ces manifestations s'aggravent rapidement (paralysie totale, cécité, surdité, incontinence, impossibilité de parler et de s'alimenter normalement).
QUELLES EN SONT LES CAUSES?
Le développement de la myéline est assuré par une série de protéines (enzymes) indispensables, elles-mêmes programmées et contrôlées par des gènes. Chaque anomalie génétique va donc entraîner une déficience enzymatique responsable d'une modification structurelle de la myéline. Cela se traduit soit par l'absence d'un constituant essentiel de la myéline, soit par l'accumulation démesurée d'un produit, dont la surcharge est toxique pour les cellules nerveuses. Dans tous les cas, ces modifications de la gaine de myéline entraînent des perturbations de son fonctionnement. Les messages nerveux ne sont plus transmis normalement dans la zone de myéline atteinte.
Le tableau ci-dessous donne la liste des leucodystrophies identifiées actuellement (parmi ces affections métaboliques, certaines sont des maladies lysosomales (maladie de Krabbe, de Refsum, leucodystrophie métachromatique). Il existe un certain nombre de leucodystrophie (30% environ) dont on ne connaît pas encore la cause exacte.
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Les leucodystrophies
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Nom (et constituant de la myéline affecté)
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Hérédité |
Thérapie (spécifique) |
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Leucodystrophie métachromatique (sulfatide)
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récessive autosomique |
greffe de moelle osseuse |
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Maladie de Krabbe (cérébroside)
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récessive autosomique |
greffe de moelle osseuse |
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Adrénoleucodystrophie (ALD-AMN) (acite gras à longue chaînes)
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liée au sexe
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régime et greffe de moelle osseuse |
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I Pelizaeus-Merzbacher (protéolipide) |
liée au sexe
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non |
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Maladie d'Alexanders
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? |
non |
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ALD Néonatale/Zellweger (acide gras à très longues chaînes
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récessive autosomique |
non |
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Maladie de Refsum (acide phytanique)
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récessive autosomique |
régime spécial |
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Xanthomatose cérébrotendineuse (cholestanol)
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récessive autosomique |
acide chénodesoxycholique |
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Maladie de Canavan (acide N-acétyl)
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récessive autosomique |
non |
Des tests de dépistage existent pour certaines leucodystrophies et peuvent mettre en évidence dans le sang ou à partir de fragments de tissus (peau, muscles, muqueuse intestinale, foie) les modifications caractéristiques liées à la maladie. On peut donc dépister ces maladies de plus en plus tôt et même établir un diagnostic anténatal .
QUELS TRAITEMENTS ET PRISE EN CHARGE PEUT-ON PROPOSER?
Il n'existe pas de traitement curatif radical, mais pour certaines, un traitement spécifique est possible : par exemple, on soigne la xanthomatose cérébrotendineuse grâce à un médicament administré par voie orale; on peut, par un régime particulier, restreindre l'apport d'acide phytanique dans le cas de la maladie de Retsum (la force musculaire et les fonctions nerveuses périphériques des patients redeviennent normales). Les patients atteints d'ALD-AMN suivent un régime pauvre en graisses qui permet de corriger le taux d'acides gras dans le sang.
La greffe de moelle osseuse constitue une autre approche qui a déjà été expérimentée pour certaines leucodystrophies : cela revient à remplacer partiellement l'enzyme manquante. Du fait des risques de la transplantation elle-même, et de celui d'aggraver la maladie si l'opération est faite trop tard, elle n'est envisagée que s'il y a un donneur compatible (de préférence dans la fratrie) et à un stade très précoce de la maladie.
Trois pistes de recherche existent :
Pour en savoir plus
Associations
ELA : Association Européenne contre les Leucodystrophies, 6 rue Pasteur, B.P. 267, 54005 Nancy Cedex.
AFCA : Association Française Contre l'Adrénoleucodystrophie, 11 hameau Saint-Jean, 13080 Luynes.
(Référence : Association des paralysés de France. Déficiences motrices et handicaps, Aspects sociaux, psychologiques, médicaux, techniques et législatifs, troubles associés. Paris : Association des paralysés de France, 1996, 505 p., p. 184-186)