LES COMITÉS DES PAIRS

 

Andrée Paulet, conseillière professionnelle

 

En 1985 existait au Centre Francois-Charon, un comité qui réunissait des infirmières et dont le but était de développer leurs compétences en réadaptation. Il s'agissait du comité d'actualisation-nursing.

 

Issu de la bonne volonté, le comité n'avait cependant pas de mandat, ni d'interlocuteur pour faire connaître les moyens d'améliorer la qualité des soins et de développer la compétence du personnel infirmier.

 

À cette époque, les membres du comité se sont vus reprocher de défendre un champ d'exercice, d'avoir un esprit centré sur le " corporatisme professionnel " etc. Peut-on ainsi réprouver un groupe qui réclame de la formation, identifie des normes minimales de soins et demande des moyens pour mieux répondre aux besoins des clients?

 

Après quelque temps, il devenait évident que le comité comblait le vide laissé par l'abolition des postes de responsables des soins et des chefs de service concernant particulièrement :

 

 

 

 

 

Ainsi sont nés les comités des pairs des soins infirmiers et des autres disciplines : ergothérapie, physiothérapie et éducation spécialisée.

 

À l'automne 1986, le comité de direction nommait les conseillers de ces disciplines. Ces personnes devenaient des supports pour leurs pairs, des animateurs du comité et des personnes ressources auprès des gestionnaires. Et en janvier 1987, le comité de direction officialisait les comités des pairs en précisant les buts et tâches.

 

 

 

LES BUTS

 

" Représenter les membres de sa discipline afin de maintenir et d'améliorer la qualité de la pratique professionnelle ".

 

Les comités supportent le groupe dans une réflexion sur la qualité et sur les actions à entreprendre pour y parvenir.

 

LES TACHES

 

 

 

 

 

 

Les tâches attribuées au comité des pairs correspondent aux défis que ce sont donnés les Cercles de qualité fondés au Japon et qui s'implantent de plus en plus en Amérique, non seulement dans le milieu industriel mais aussi dans les milieux de la santé. Ils ne sont pas différents l'un de l'autre. La philosophie des Cercles de qualité repose sur le fait :

 

 

 

 

 

Voilà aussi la philosophie qui devrait permettre aux comités des pairs d'atteindre leur but qui est la représentation des membres et l'amélioration de la pratique .

 

LE FONCTIONNEMENT

 

 

 

 

Quelquefois des gestionnaires soumettent des situations ou des problématiques. Cette démarche encourage la participation, la créativité et les bonnes relations de travail. Il est souhaité qu'elle soit plus fréquente.

 

Une assez grande autonomie existe cependant pour effectuer des changements afin d'améliorer les interventions quand la solution appartient à un groupe homogène. C'est, semble-t-il, plus difficile quand la solution à un problème touche plusieurs disciplines.

 

Le comité des pairs, tout comme les conseillers, relève du Directeur des services professionnels. C'est donc à lui que sont transmis les résultats des analyses des problèmes et les solutions proposées. C'est à lui qu'incombe le suivi des comités. Son support est essentiel. Un compte-rendu des comités est aussi transmis à la Directrice des programmes d'adaptation et de réadaptation.

 

Il a été démontré, tant aux États-Unis, au Japon qu'en Europe, que cette participation des employés à la recherche de la qualité des services influence grandement la croissance et le développement personnel et professionnel, qu'elle contribue à créer un milieu de travail où règnent la collaboration et la confiance mutuelle. Toutefois, à court terme, il ne faut pas s'étonner du piétinement du comité. Dans tout groupe, les personnes doivent apprendre à se connaître, à communiquer, à épouser une cause commune. Avec le temps, il devient une entité fonctionnelle avec ses rites ses méthodes et son climat. Il devient un outil capable de traiter des problèmes variés et de les solutionner.

 

LE DÉFI

 

Sous ce vocable, l'implantation des comités des pairs est une innovation. Dans un établissement de santé, elle constitue un processus de changement à moyen et long terme. Dans un établissement avec des structures comme les nôtres, il s'avère un instrument indispensable pour la prise en charge de la qualité des soins et des services. Les avantages sont considérables.

 

Outre l'influence sur le climat de travail, le développement du sentiment d'appartenance et de l'autonomie professionnelle, les comités peuvent faire leurs, des sujets ou problèmes qui sont de nature à faciliter le travail et à augmenter l'efficacité et la qualité. Mais cela ne va pas sans condition. Cette approche nécessite la collaboration de tous les directeurs, des cadres intermédiaires et des autres intervenants. D'une part, il faut obligatoirement une adhésion très forte de l'équipe de direction pour l'aspect qualité et d'autre part, les membres des comités ne doivent jamais perdre de vue les buts et tâches qui leur sont confiés.

 

Alors dans ces conditions seulement, les comités des pairs ne seront pas une utopie mais pourront travailler à une réelle recherche de l'excellence pour des soins et services de qualité pour tous nos clients.

 

Référence : Propos de réadaptation, vol. 9, no 1, mai 1990, p. 9-10