Une réponse à un besoin fondamental de la personne

 

Le Service de pastorale, Roland Durand, prêtre

 

Historique

 

Le Service de pastorale du Centre François-Charon a été créé en 1979. Le but poursuivi est de permettre à la personne handicapée de vivre sa spiritualité à travers l'amitié et la compréhension, sans tenir compte de sa nationalité ou de sa religion.

 

Après une réflexion profonde, la direction générale privilégie le développement de la dimension spirituelle en l'intégrant au modèle d'intervention basé sur l'approche globale.

 

La spiritualité en réadaptation

 

Bien entendu les personnes handicapées ne viennent pas au Centre François-Charon pour retrouver la foi. Elles nous sont référées pour faire de la réadaptation physique ou psycho-sociale. Cependant, comme établissement de santé, nous devons respecter les besoins spirituels des gens et de façon plus spécifique, nous situons la pastorale dans l'approche globale en réadaptation. Ces services qu'on appelle " alternatifs " se donnent sous le signe de la qualité des soins et la qualité de vie des bénéficiaires.

 

La personne qui devient physiquement handicapée à la suite d'un accident ou d'une maladie se retrouve face à une période de crise existentielle. Habituellement, cette période de remise en question provoque une révolution dans le système de valeurs de la personne. Pour elle, la vie, l'amour, l'argent, l'espace et le temps n'ont plus la même signification.

 

Le rôle de la pastorale, en réadaptation, consiste à amener la personne à puiser en elle les ressources spirituelles qui l'aideront à refaire son échelle de valeurs pour continuer à vivre. Malgré un handicap physique important, la personne en vient à redécouvrir la vie et à l'aimer. Elle retrouve et reconnaît qu'il y a encore en elle de la beauté et de la richesse.

 

Les activités du Service de pastorale

 

Nous offrons aux bénéficiaires tous les services qu'ils peuvent attendre d'un prêtre. L'expérience nous a appris, que souvent, ils l'identifient à une personne leur donnant accès aux sacrements. Nous insistons donc sur la qualité de la liturgie, afin de rejoindre le bénéficiaire, par la beauté et la dignité des cérémonies, et ainsi l'amener à cheminer plus aisément vers la redécouverte et/ou la croissance de sa vie de foi.

 

L'évangélisation demeure le point central de toute l'activité pastorale. La Parole de Dieu, bien présentée et bien assimilée, génère l'engagement et le témoignage. Au Centre François-Charon, le Service de pastorale met en œuvre les moyens les plus aptes à rejoindre les bénéficiaires et à répondre à leurs besoins spirituels : la prédication, le livre de la Parole, la bibliothèque, les cassettes de spiritualité, l'animation spirituelle et toutes les formes traditionnelles d'exercice de piété.

 

En dépit du nombre élevé de professionnels qui gravitent autour du bénéficiaire en réadaptation, celui-ci demeure un grand solitaire et vit une profonde insécurité. Le prêtre n'est pas un thérapeute comme les autres; il se présente comme un ami, un confident, un accompagnateur. Avec lui, le bénéficiaire fait un cheminement spirituel qui lui redonnera le goût de vivre.

 

Il est de la première importance que le prêtre soit un spécialiste de l'accueil, de l'écoute, du service et de la discrétion. Ces qualités nous les retrouvons aussi chez les agents de pastorale qui assistent le prêtre et prolongent son action. Le Service de pastorale du Centre François-Charon compte au-delà de vingt agents de pastorale qui donnent actuellement cent vingt-cinq heures de bénévolat par semaine.

 

L'avenir

 

Comme les autres services du Centre François-Charon, la Pastorale s'oriente vers des compétences universitaires afin d'explorer de nouvelles avenues qui favoriseraient une meilleure communication et une meilleure diffusion du message évangélique.

 

Nous nous apprêtons à créer un nouveau champ d'activité, soit la télédiffusion des services religieux et d'animation spirituelle, en circuit fermé. Éventuellement, nous songeons à la production de matériel audio-visuel, à des fins pastorales, qui pourrait aussi alimenter d'autres établissements de santé.

 

Le chemin parcouru depuis l'automne 1979 est surprenant. Il nous permet de regarder l'avenir avec beaucoup de sérénité et d'espoir.

 

L'équipe de pastorale en 1985

 

L'animation

 

Marcel Leclerc, Frère des Écoles Chrétiennes

 

Roland Martel, Chef d'orchestre

 

Soeur Denise Aubin, Ste-Famille de Bordeaux

 

Soeur Pierrette Couture, St-Louis-de-France

 

Les visites aux chambres et la communion

 

Lucien Poirier

Jeanne Pouliot

Bernadette Drolet

Richard pion

Jean Auger

Carmen Kelly

Richard Levasseur

Laurette Brodeur

 

Le travail de sacristie et le vestiaire liturgique

 

Gisèle Hubert

Gabrielle Dorval

Madeleine Voyzelle

 

L'audio-visuel et la musique

 

Armand Gagnon, Frère des Écoles Chrétiennes

 

Soeur Andréa Massé, Notre-Dame du Perpétuel Secours

 

Yolande Binet, Comédienne

 

Le secrétariat

 

Denise Goulet

 

 

Témoignages

 

Soeur Denise Aubin, Ste-Famille de Bordeaux

Bénévole au Service de pastorale

 

J'ai découvert le Centre François-Charon lors de la visite du Pape Jean-Paul II. Je suis bénévole au Service de pastorale depuis seulement quelques mois.

 

Antérieurement, comme membre de la Fraternité Ste-Marie, j'ai eu l'occasion de pratiquer l'écoute auprès des personnes seules, âgées ou handicapées. Je pense que ces années m'ont bien préparée au travail que j'accomplis ici.

 

Pour moi, l'écoute est une forme de présence et d'attention à la personne. Mon approche se veut amicale, chaleureuse et compréhensive. L'écoute se fait dans le Centre, la plupart du temps dans les chambres des bénéficiaires. Quand j'arrive, je ne me présente pas comme étant une religieuse, je dis que je suis envoyée par le Service de pastorale et que je viens les visiter. J'amorce un contact avec les bénéficiaires par quelques questions; je les laisse parler de leur handicap, de leur vécu, de tout ce qu'ils ont le goût de me dire et je m'intéresse à ce qui les rejoint. Je ne touche pas au contenu religieux; c'est un terrain délicat. J'attends, je laisse venir les gens, et s'ils en parlent, j'y réponds du mieux que je peux

 

Parfois les sujets abordés rejoignent mon vécu. Pour que mon écoute leur soit vraiment profitable, j'essaie de ne pas me laisser envahir par leur souffrance, de me garder intérieurement libre pour être très attentive à leurs propos.

 

Les bénéficiaires savent que le Service de pastorale existe et qu'il est accessible à tous. Pour ma part, je ne vois pas une approche féconde possible, auprès d'eux, sans d'abord me ressourcer près du Seigneur dans la chapelle du Centre François-Charon.

 

 

Monsieur André Côte

Ex-bénéficiaire

 

M. Côté a eu une vie mouvementée pendant 20 ans, jusqu'à ce qu'il subisse l'amputation de la jambe gauche. Sa vie changea alors de façon radicale.

 

" Je ne crois pas au hasard. Quand je me suis réveillé après l'opération, je ne savais pas que j'avais été amputé. J'ai pleuré, mais je n'étais pas révolté. J'ai parlé à mon Dieu et j'ai dit : d'accord, tu m'as coupé juste un bout d'orgueil. Tu m'en as laissé assez long pour que je puisse marcher. Je vis, ce n'est pas pour rien. Ce Dieu que je venais de rencontrer, je l'ai créé à ma façon pour pouvoir vivre avec lui

 

Quand je suis arrivé au Centre, j'ai fait les premiers pas pour rejoindre l'abbé Durand et les gens de la pastorale. Très vite je me suis senti chez moi. L'abbé Durand est un gars très sympathique. Il parle juste; il parle de choses réconfortantes, tout comme les bénévoles d'ailleurs. Mais surtout, il parle des choses d'aujourd'hui, pas d'hier.

 

Je me rends compte que pour m'accepter, pour m'adapter et être heureux, j'ai besoin d'échanger et de partager avec les autres. On s'aide beaucoup entre personnes handicapées. Il me semble que certains bénéficiaires qui ne cherchent pas l'aide de Dieu sont souvent sujets à la dépression. C'est à ce moment que les agents de pastorale interviennent pour les écouter, les encourager, les amener à s'ouvrir aux autres.

 

La chose la plus importante pour moi, c'est la messe. Toutes les autres activités passent après. Par exemple, si j'ai un examen médical en même temps qu'une messe et bien, tant que celle-ci ne sera pas terminée, je ne partirai pas.

 

Pour vivre, je dois rencontrer Dieu. La pastorale est ce lieu de rencontre ".

 

 

Témoignages

 

Mme Laurette Brodeur, Bénévole au Service de pastorale

 

" On ne peut faire de l'écoute sans aimer les malades ".

 

J'étais dans la trentaine quand je suis devenue handicapée. Il a fallu que je me trouve une raison de vivre car j'étais très active, sportive et ma vie était superbe.

 

J'ai été bénéficiaire au Centre François-Charon pendant plusieurs mois et j'ai constaté l'importance d'une pastorale active dans un milieu de réadaptation. Sensibilisée au domaine de la théologie, j'ai donc décidé de m'impliquer. Je prenais part aux activités sociales et, en l'absence d'un bénévole, je distribuais parfois la communion. Depuis un an, je fais de l'écoute, je travaille au bureau de la pastorale et à la chapelle.

 

L'écoute m'apporte beaucoup : c'est l'occasion d'un partage de difficultés, de joies, d'espérance et d'amour. Ma condition de personne handicapée facilite le contact auprès des bénéficiaires. Lors des visites je leur dis : " Bonjour, comment ça va? " Je les laisse ensuite parler et le lien s'établit.

 

Certains contacts s'avèrent parfois difficiles. Je suis vraiment peinée par l'attitude de révolte de plusieurs jeunes face à leur handicap et pour lesquels la religion n'est d'aucun secours. Cependant, ce qui m'émerveille c'est que dans l'ensemble les bénéficiaires sont heureux.

 

Je trouve qu'il est primordial d'avoir un Service de pastorale. Les services des bénévoles et des agents de pastorale sont pour moi le cœur du Centre.

 

Je puis affirmer qu'il est possible d'être heureux même quand on est handicapé.

 

 

Monsieur Denis Garant

Ex-bénéficiaire

 

" Il y a une vie, ici, qui n'a pas de prix "

 

Je suis atteint de sclérose en plaques. Selon mon médecin de famille, j'avais des symptômes depuis 12 ans, lorsqu'ils ont découvert la maladie.

 

J'ai rencontré l'abbé Roland Durand lors d'un séjour au Centre François-Charon. Il m'a approché dans un moment ou j'étais vraiment déprimé. Depuis ce temps, mes périodes de découragement, je les partage avec lui. Il est disponible et sa capacité d'écoute est remarquable.

 

Je ne fréquente plus les églises depuis l'âge de 14 ans. La chapelle du Centre François-Charon fait exception à cette règle. J'y viens souvent mais en dehors des heures de célébration. La chapelle du Centre c'est ma " disco " préférée. J'écoute la musique et je parle avec mon Copain d'en haut.

 

La religion m'a redonné confiance. Aujourd'hui, je peux aider les autres et cela m'enrichit énormément. Je me suis fait plusieurs amis; les taquineries, les histoires, l'entraide, font que nous nous aimons bien. Les gens s'inquiètent lorsque je ne suis pas au Centre. Cette constatation me fait grand bien parce que c'est rarement arrivé dans ma vie que les gens se soient préoccupés de moi

 

" Il y a une vie, ici, qui n'a pas de prix " et, si aujourd'hui je crois sincèrement à cette assertion, j'oserais dire que c'est grâce au Service de pastorale.

 

La Fondation Roland Durand Inc.

 

Le Service de pastorale du Centre François-Charon bénéficie de l'assistance financière de la Fondation Roland Durand, un organisme à but non lucratif.

 

La Fondation a été mise sur pied pour permettre aux agents de pastorale de réaliser des projets à caractère religieux pour des personnes qui fréquentent le Centre François-Charon

 

A titre d'exemple la Fondation a financé :

 

 

Référence : Propos de réadaptation, vol. 6, no 2, décembre 1985, p. 2-7.