LA SANTÉ AU CŒUR DE NOS PRÉOCCUPATIONS

 

 

Dès l'inscription, l'infirmière étudie le dossier du client afin de déterminer son état de santé. Déjà, le dossier prend l'une ou l'autre des orientations suivantes :

 

× Outre son handicap, le client présente peu ou pas de problèmes de santé. C'est ce qui caractérise souvent l'individu jeune atteint de déficience motrice cérébrale, de sclérose en plaques ou de traumatisme cranio-cérébral.

 

× Le client peut être identifié comme étant à risque, soit parce qu'il a déjà fait un ou plusieurs accidents vasculaires cérébraux, qu'il est hypertendu, diabétique, ou qu'il a fait un ou plusieurs infarctus. La clientèle à risque représente 80 % des gens qui viennent chez nous.

 

Le client du Centre de jour demeure chez lui et utilise dans la mesure du possible les services de la communauté pour ses besoins (clinique médicale, hôpital, CLSC, etc.). Le mandat de l'infirmière est donc orienté vers le volet communautaire. A ce titre, elle agit comme conseillère pour informer et diriger le client vers les ressources qu'il peut utiliser.

 

L'équipe s'est dotée d'outils afin de bien connaître les besoins des personnes venant au Centre de jour. D'abord le dossier du client est sur place, gardé sous clef. S'ajoute le cardex qui contient, outre les renseignements de base, ceux qu'il est important de connaître en cas d'urgence : médicaments, personne à rejoindre, particularités du client, dates importantes, etc. Tous ces documents sont protégés par la loi parce que jugés confidentiels (L.S.S.S.S., article 7).

 

Le client débute ensuite ses activités. C'est généralement à ce moment qu'il confie son questionnement par rapport à son état de santé. Selon son désir, un suivi régulier sera entrepris afin d'améliorer, par exemple, son alimentation ou de répondre à un besoin qui se présente de façon ponctuelle. La cueillette des données est effectuée selon le modèle conceptuel de Virginia Henderson et au besoin, un plan d'intervention est instauré.

 

L'infirmière, le chargé de séjour et l'éducateur physique travaillent en étroite collaboration car l'activité physique est souvent privilégiée par le client. Ainsi, le client à risque bénéficiera d'une surveillance accrue. Prenons à titre d'exemple le cas du client hémiplégique, porteur d'hypertension artérielle. A son arrivée, il est rencontré afin d'évaluer comment se comporte la tension et la pulsation cardiaque à travers ses activités de tous les jours. Ces données serviront de base pour une comparaison avec les efforts déployés en activité physique. Nous croyons qu'il est préférable de voir comment réagit le client en gymnastique légère avant de le diriger, à sa demande, en conditionnement physique et circuit d'exercices.

 

Les clients ont changé depuis que le programme a été instauré. Ils comprennent mieux maintenant les avantages de la prévention par rapport à l'automédication, l'alimentation, l'exercice physique et le maintien d'une tension artérielle normale. Récemment, un client exprimait son soulagement à cause du souci que nous avions de surveiller sa condition de santé.

 

On peut dire que chez nous, le client connaît généralement ses limites, mais nous devons parfois l'aider à les respecter.

 

Référence : Propos de réadaptation, vol. 11, no 5, décembre 1993, p. 13.