RÉSEAU INTERNATIONAL SUR LE PROCESSUS DE PRODUCTION DU HANDICAP (RIPPH).

Le Réseau international sur le processus de production du handicap (RIPPH) est un organisme sans but lucratif, fondé en 1986, et connu antérieurement sous les noms de Société canadienne et Comité québécois sur la Classification internationale des déficiences, incapacités et handicaps (SCCIDIH et CQCIDIH). Sa mission est de promouvoir la connaissance, l'application et la validation du modèle du processus de production du handicap explicatif des causes et des conséquences des maladies, traumatismes et autres troubles. De même, son existence est étroitement liée à celle de la Classification internationale des déficiences, incapacités et handicaps (CIDIH) de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Une partie de ses activités visait précisément, par le biais de la recherche et du développement de liens avec les experts et organismes québécois, canadiens et internationaux, son amélioration. De fait, la collaboration et le maintien de ces liens, spécialement auprès des experts et organismes impliqués dans le processus de révision coordonné par l'OMS, sont au nombre des objectifs que s'est fixés le RIPPH. Le développement de la classification québécoise " processus de production du handicap " constitue le fer de lance de ses réalisations scientifiques. Cette dernière est effectivement le fruit d'une dizaine d'années de travaux et de recherches qui ont tantôt permis une clarification de la segmentation conceptuelle entre les divers niveaux de la CIDIH tantôt la prise en considération du rôle déterminant des variables environnementales au sein du processus d'apparition du handicap.

Au terme de la rencontre internationale de Québec de juin 1987 portant sur la CIDIH, le RIPPH et l'Office des personnes handicapées du Québec (OPHQ) se sont vus accordés le mandat de proposer des améliorations au 3e niveau de la CIDIH, soit le handicap. Depuis lors, l'OMS a entrepris un processus de révision de la CIDIH qui s'est amorcé en 1992 et qui doit se terminer en 1999 par l'adoption d'une nouvelle version par son Assemblée générale. Le RIPPH a été et est toujours, du reste, impliqué dans ce processus. Afin de réaliser ce travail et de procéder à un partage des responsabilités, trois Centres collaborateurs ont été nommés selon les niveaux représentés à l'intérieur de la CIDIH : le Centre français pour le niveau des déficiences, le Centre hollandais pour celui des incapacités et enfin, le Centre nord-américain pour celui du handicap. Il faut souligner que divers autres groupes de travail thématiques ont aussi été créés concernant les enfants, la santé mentale et le développement cognitif, les politiques sociales.

Également, afin de répondre aux nombreuses pressions visant la prise en considération des variables environnementales, un autre groupe de travail a été mis sur pied, en 1994, consacré aux facteurs environnementaux; la coprésidence a été assurée par Patrick Fougeyrollas Ph.D., président du RIPPH, pour le Canada, et par Gale Whiteneck, pour les États-Unis. Le RIPPH a d'ailleurs été l'hôte à Québec en septembre 1995, de la 2e réunion d'experts nord-américains impliqués dans la révision de la CIDIH. Lors de cet événement, une proposition reliée aux facteurs environnementaux a été présentée par le groupe de travail sous la responsabilité de Fougeyrollas et Whiteneck. L'ensemble des résultats des travaux des groupes a été déposé, en mai 1996, pour discussion lors de la réunion de Genève de l'OMS. Dans cette foulée, une version Alpha de la CIDIH 2, intégrant les travaux des différents centres collaborateurs, a alors été élaborée par l'équipe de l'OMS et soumise à une consultation, jusqu'en 1997, auprès de ces divers Centres et groupes de travail. Au cours de cette période, l'Institut canadien d'information sur la santé (ICIS) a été désigné comme le représentant canadien au sein du Centre collaborateur nord-américain. Le RIPPH a alors été invité à poursuivre sa collaboration, par le ICIS, au sein du processus canadien de révision. En avril 1997, lors d'une réunion des Centres collaborateurs, une deuxième version de la CIDIH 2 (Bêta) a été présentée aux participants et une version Bêta 1 fut préparée, par l'équipe de l'OMS, et envoyée aux Centres collaborateurs, en juillet 1997, pour être soumise à un nouveau processus de consultation plus large. Elle est actuellement l'objet de consultations et d'expérimentations au plan international jusqu'en 1999. Le RIPPH est chargé de réaliser la révision de la traduction ainsi que de la consultation, plus communément désignée sous le terme de " Bêta-Testing ", pour le volet francophone au Canada.

Depuis la publication d'une recension d'écrits sur le handicap, en 1989, jusqu'à l'actuelle classification québécoise de 1996, le RIPPH propose une conception renouvelée des conséquences des maladies, traumatismes et autres troubles. Sur la base du mandat de 1987, l'ensemble des travaux réalisés, sous la direction de Patrick Fougeyrollas Ph.D, ont conduit à la proposition d'une nouvelle classification comprenant maintenant quatre niveaux, soit les facteurs de risques, les facteurs personnels, les facteurs environnementaux et les habitudes de vie. Celle-ci est fondée sur un modèle anthropologique de développement humain qui illustre la dynamique du processus interactif entre les facteurs personnels et les facteurs environnementaux. Cette interaction vient déterminer le résultat situationnel de la personne dans la réalisation des habitudes de vie correspondant à l'âge, au sexe et à l'identité. Les éléments forts du modèle conceptuel permettent ainsi de distinguer entre ce qui appartient à la personne (facteurs personnels) et ce qui appartient à l'environnement (facteurs environnementaux) faisant, de ce fait, du handicap un résultat situationnel et non plus une caractéristique personnelle. De même la formulation de catégories positives s'ajoute à la liste des contributions les plus significatives du RIPPH comprenant déjà l'introduction des variables environnementales et le développement d'une approche interactionniste dans l'amélioration de la compréhension du phénomène du handicap.

Cette version est le résultat d'un large processus de consultation entrepris dès la publication de 1991 où un ensemble de chercheurs et d'utilisateurs de résultats de recherche ont été invités à la bonifier par leurs commentaires. De même, les nombreuses applications de la proposition, dans divers domaines d'activités tels que la réadaptation, l'évaluation et la planification de politiques et programmes, les enquêtes statistiques, etc. ont démontré tant l'importance de tenir compte du rôle des variables environnementales que les grandes possibilités qu'elle offre pour l'amélioration du processus d'intégration sociale des personnes ayant des incapacités. La diffusion des résultats et l'élaboration d'instruments de formation et de vulgarisation ont aussi permis d'accroître son utilisation d'abord au Québec, mais aussi en France, en Belgique, en Suède, etc. Sur le plan de la compréhension du rôle des facteurs environnementaux, des efforts importants ont été et sont toujours consentis afin de le documenter et de voir à la diffusion des résultats sur la scène québécoise mais également canadienne et internationale. À cet égard, il faut souligner la mise sur pied d'un système d'information visant précisément à classer, à regrouper et à classifier les informations et les connaissances qui concernent les déterminants environnementaux des situations de handicap et de la participation sociale des personnes ayant des incapacités. Son architecture repose sur les catégories comprises dans le processus de production du handicap. Il permet également de diffuser les connaissances ainsi recueillies sur les facteurs sociaux et écologiques agissant tantôt comme obstacle tantôt comme facilitateur de la participation sociale. Toujours dans une perspective de documentation et de diffusion, le RIPPH a mis sur pied, en 1994, un autre outil, soit le Réseau pour la participation sociale (RPS). Projet d'envergure internationale, sa mission est précisément de favoriser la participation sociale des personnes ayant des incapacités, en contribuant à l'avancement et à la mise à profit des connaissances sur les déterminants environnementaux en vue de leur reconnaissance comme une partie intégrante du processus de production du handicap. Le RPS joue un rôle d'interface entre le monde de la recherche et celui des utilisateurs des résultats de la recherche cherchant ainsi à développer et à nourrir des initiatives de partenariat entre ses membres. Les axes de développement qu'il s'est donnés, que ce soit les collaborations pluridisciplinaires et multisectorielles, le développement de l'expertise et de l'infrastructure de recherche, de formation et de documentation requises pour l'étude du rôle des facteurs environnementaux ou bien la mise à profit des connaissances au sein des politiques, programmes et interventions, concourent tous à l'amélioration de la participation sociale des personnes ayant des incapacités. La composition des membres du RPS reflète bien enfin les orientations privilégiées lors de sa création; dépassant aujourd'hui les trois cents adhérents, répartis dans plus d'une dizaine de pays et œuvrant dans des champs d'activités aussi diversifiés. En plus, le RIPPH collabore étroitement au projet Service international scientifique de réadaptation sur l'autoroute de l'information (SISRAI), dirigé par Maurice Blouin. Ce projet vise précisément la mise en place d'un thesaurus de la réadaptation, d'un dictionnaire de la réadaptation et d'un riche corpus des connaissances scientifiques du domaine sous la forme d'un dictionnaire encyclopédique multimédia. Outre les contributions au thesaurus ainsi qu'au dictionnaire encyclopédique, le RIPPH met sur pied et anime deux groupes de discussion, l'un sur le processus de production du handicap, et le second, concernant le rôle des facteurs environnementaux au sein du processus. Ginette St Michel et Normand Boucher du RIPPH, qui collaborent déjà aux autres volets, animeront, ces groupes. Dans le premier groupe consacré au processus de production du handicap (PPH), les discussions porteront sur les thèmes tantôt liés à l'amélioration de la compréhension du phénomène qui fait qu'une personne devient handicapée, à l'utilisation du modèle conceptuel du processus de production du handicap dans divers domaines tantôt au soutien et au suivi accordés aux utilisateurs et à la diffusion des connaissances concernant le modèle explicatif des causes et conséquences des maladies, traumatismes et autres troubles que représente le PPH. De même l'actuel processus de révision de la Classification internationale des déficiences, incapacités et handicaps (CIDIH) de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) vient également s'ajouter aux thèmes susmentionnés. Ce groupe s'adresse aussi bien au monde de la recherche qu'à celui encore plus vaste des utilisateurs des résultats de la recherche, préoccupés par les diverses dimensions de la problématique des personnes ayant des incapacités. Les objectifs de ce groupe de discussion visent à :

Dans le second groupe, les discussions s'articulent au sein de la perspective centrée sur l'interaction personne/environnement qui alimente précisément la compréhension du rôle déterminant des facteurs environnementaux dans les situations de handicap et de la participation sociale des personnes ayant des incapacités. S'appuyant notamment sur les réalisations du Réseau de recherche pour la participation sociale (RPS), ce groupe tente, en distinguant différents niveaux d'analyse, d'améliorer la compréhension de leur impact sur la réalisation des habitudes de vie pour ces mêmes personnes. Le développement ainsi que la mise à profit de ces connaissances s'inscrivent également dans une perspective de changement social axé sur l'amélioration de la participation sociale des personnes ayant des incapacités. Ici encore, ce groupe s'adresse autant au monde de la recherche qu'à celui des utilisateurs des résultats de la recherche; qu'il soit intervenant, professionnel, fonctionnaire ou militant, bénévole, leur domaine d'activités sans doute divergent mais leurs préoccupations convergent vers l'amélioration de la situation des personnes ayant des incapacités. Les objectifs de ce groupe de discussion sur le RPS consistent donc : Les outils viennent s'ajouter aux précédents que s'est donnés le RIPPH afin de contribuer à l'amélioration de la compréhension du Processus de production du handicap. La diffusion des résultats, au plan international, des recherches sur les déterminants environnementaux est également au nombre des activités qui caractérisent le Réseau RPS; cette occasion privilégiée qui nous est offerte, apparaît donc comme un pas de plus vers l'atteinte de ses objectifs en participant au Carrefour francophone mondial de l'information.

Si vous voulez vous joindre au groupe de discussion sur le Réseau international sur le processus de production du handicap (RIPPH) (révision de la Classification internationale de la CIDIH), faites parvenir votre adresse sur l'autoroute de l'information à cette adresse listserv@sunaimed.univ-rennes1.fr avec dans votre corps de message la phrase :
SUB sisrai Dupond Andre (DSP Rennes)

Pour envoyer un courrier électronique à tous les adhérents de cette liste : il suffit de l'envoyer à l'adresse de courrier électronique sisrai@sunaimed.univ-rennes1.fr