Antibioprophylaxie en milieu chirurgical chez l'adulte
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CONFERENCE DE CONSENSUS

10 - 11 Décembre 1992
Faculté de médecine Xavier Bichat, 75018 PARIS

Promoteur : Société Française d'Anesthésie-Réanimation

 

JURY

C. MARTIN (Marseille) (Président du Jury)

Anesthésie Réanimation

B. ANDREASSIAN (Clichy)

Chirurgie

D. BARON (Nantes)

Réanimation Médicale et Maladies Infectieuses

J.F. CHASSIGNOLLE (Lyon)

Chirurgie Cardiaque

F. DAZZA (Paris)

Chirurgie

N. DESPLACES (Paris)

Microbiologie

A. GAYTE-SORBIER (Marseille)

Pharmacie

F. GOUIN (MARSEILLE)

Anesthésie Réanimation

D. PEYRAMOND (Lyon)

Maladies Infectieuses

J.L. POURRIAT (Paris)

Anesthésie Réanimation

P. SCHERPEREEL (Lille)

Anesthésie Réanimation

F. VACHON (Paris)

Réanimation Médicale et Maladies infectieuses

EXPERTS

P. BANTZ (Marseille), J. BEYTOUT (Clermont-Ferrand), M.F. BLECH (Nancy), H. BRICARD (Caen), H. BOTTO (Suresnes), A. BRON (Dijon), J. CARLET (Paris), A. CHALFINE (Paris), P. DELLAMONICA (Nice), M. DJINDJIAN (Créteil), H. DRUGEON (Menton), J. ETIENNE (Lyon), H. FERNANDEZ (Paris), R. GARRAFFO (Nice), J.C. GRIMAUD (Marseille), P. JAMBOU (Nice), M. KITZIS (Paris), A.M. KORINEK (Paris), F. LEGENT (Nantes), J.J. LEHOT (Lyon), A. LORTAT-JACOB (Paris), Y. MALLEDANT (Rennes), T. POTTECHER (Strasbourg), D. RAOULT (Marseille), M. RODARY (Orsay), N. ROTMAN (Créteil), J.P. STAHL (Grenoble).

L'organisation de la conférence a été rendue possible grâce à l'aide apportée par les laboratoires suivants. Qu'ils en soient remerciés :

Laboratoire MSD Chibret, Laboratoire Pfizer, Laboratoire Roche, Laboratoire Roger Bellon, Laboratoire Lederle, Laboratoire I.C.I. Pharma, Laboratoire Shering-Plough, Laboratoire Bayer, Laboratoire Beecham, Laboratoire Diamant, Laboratoire Merell Dow, Laboratoire Glaxo, Laboratoire Roussel, Laboratoire Lilly France, Laboratoire Bristol-Myers-Squibb.

 

PRINCIPES GENERAUX DU CHOIX D'UN ANTIBIOTIQUE POUR L'ANTIBIOPROPHYLAXIE EN CHIRURGIE

1 - INTRODUCTION

Un nombre considérable de patients est opéré chaque année en France et reçoit une antibioprophylaxie destinée à prévenir la survenue de complications infectieuses postopératoires. L'utilité, la sécurité, le coût et les indications d'emploi de cette antibioprophylaxie restent à préciser. Une conférence de consensus a eu pour but de répondre pour chaque spécialité chirurgicale aux questions suivantes :

  1. Faut-il faire une antibioprophylaxie ? Et, si oui, dans quels types de chirurgie ?
  2. Quels sont les arguments pharmacocinétiques et microbiologiques conduisant à un choix rationnel du type d'antibioprophylaxie dans les diverses chirurgies concernées ?
  3. Quelles sont les modalités pratiques de prescription ?
    • dose ?
    • voies d'administrations ?
    • début ?
    • durée ?

Afin de répondre à ces questions, et chaque fois que cela était possible, le jury n'a retenu que des études acceptables sur le plan méthodologique (caractère prospectif, tirage au sort, double aveugle, effectifs suffisants). Certaines de ces études n'ont cependant pas été prises en compte pour les raisons suivantes :

2 - REGLES DE L'ANTIBIOPROPHYLAXIE (ABP)

Le jury a retenu pour chaque type d'actes chirurgicaux des recommandations qui sont détaillées dans le tableau. Dans les cas particuliers des chirurgies contaminées et sales, l'infection est déjà en place et relève d'une antibiothérapie curative dont les règles sont différentes notamment en terme de durée de traitement, la première dose étant injectée en période pré-opératoire. Néanmoins, lorsqu'on agit précocément (plaies pénétrantes du thorax ou de l'abdomen < 6 h), ce traitement curatif précoce s'apparente alors à une prophylaxie (en fait il doit interdire non la contamination, mais l'évolution de l'infection déjà en place). Cette situation particulière sera abordée et signalée en tant que telle dans ce document.

2.1 Malades à risque infectieux particulier

Ils doivent être identifiés pour tous les types de chirurgie.

Entrent dans ce cadre :

Pour tous ces malades, le choix habituel de l'ABP peut être modifié par l'emploi isolément ou en association de molécules antibiotiques récentes et utilisées habituellement en traitement curatif (céphalosporines et quinolones récentes, aminosides...). Afin d'éviter toute utilisation abusive de ces molécules, le jury insiste sur les points suivants :

2.2 Les malades porteurs d'un valvulopathie ou d'une prothèse

2.2.1 Prévention de l'endocardite infectieuse

Une conférence de consensus a eu lieu sur ce sujet (mars 1992) . Elle a fourni des recommandations auxquelles il est nécessaire de se reporter. Si l'ABP pour un site chirurgical donné est antinomique avec celle prévue pour la prévention de l'endocardite, c'est cette dernière qui doit prévaloir. Chaque fois que cela est possible, il faut cependant essayer de prévenir le risque infectieux de la chirurgie et celui de l'endocardite.

2.2.2 Lors d'une intervention chez un sujet porteur

d'une prothèse cardiaque ou vasculaire, une prophylaxie identique à celle de la chirurgie cardiaque est recommandée.

2.2.3 Lors d'une intervention chez un malade porteur

d'une prothèse articulaire, il faut utiliser une ABP efficace sur le staphylocoque et le streptococque.

2.4 Cas particulier des transplantations

Ce sujet est en constante évolution. La prévention des infections opportunistes liées à l'immunodépression (virales, parasitaires et fungiques) ne peut être envisagée ici. En ce qui concerne la prévention de l'infection bactérienne, on peut schématiser deux situations :

3 - PRESCRIPTION DE L'ABP

L'ABP (administrée généralement par voie intraveineuse) doit toujours précéder l'acte opératoire (dans un délai maximum de 1h30 à 2h) si possible lors de l'induction de l'anesthésie et durer un temps bref, 24 heures le plus souvent, exceptionnellement 48 heures. Elle devrait tendre vers un raccourcissement si des études contributives l'autorisent. La présence d'un drainage du foyer opératoire n'autorise pas à transgresser ces recommandations. Le caractère ambulatoire de la chirurgie ne fait pas modifier les protocoles habituellement utilisés. La première dose (ou dose de charge) est habituellement le double de la posologie usuelle .

L'ABP doit s'adresser à une cible bactérienne définie, reconnue comme la plus fréquemment en cause. Elle ne doit pas chercher à prendre en compte toutes les bactéries éventuellement rencontrées. Le protocole d'ABP doit comporter une molécule incluant dans son spectre cette cible bactérienne. Des travaux méthodologiquement acceptables doivent avoir validé son activité, sa diffusion locale et sa tolérance dans cette indication. Les protocoles d'ABP sont établis localement après accord entre chirurgiens, anesthésistes et réanimateurs, infectiologues, microbiologistes et pharmaciens. Ils feront l'objet d'une analyse économique par rapport à d'autres choix possibles. Leur efficacité sera régulièrement réévaluée par une surveillance des taux d'infections postopératoires et des microorganismes responsables chez les malades opérés ou non. L'alternance systématique avec d'autres molécules également valables pour la même indication peut être envisagée. Ainsi dans chaque service de spécialité faut-il établir une politique de l'ABP c'est-à-dire une liste des actes opératoires regroupés selon leur assujettissement ou non à l'ABP avec, pour chaque groupe, la molécule retenue et son alternative en cas d'allergie. De plus, les malades à risque infectieux élevé (ou toute autre situation le justifiant) font l'objet d'une ABP particulière que l'on peut dire "personnalisée" (ou "à la carte").

Dans un même service il est recommandé de choisir distinctement, les molécules utilisées en ABP et en antibiothérapie curative.

 

ANTIBIOPROPHYLAXIE EN CHIRURGIE ORTHOPEDIQUE ET TRAUMATOLOGIQUE

La fréquence de l'infection post-opératoire en chirurgie prothétique articulaire est de 3 à 5%. L'ATB permet de réduire le taux d'infection à moins 1%. Son bénéfice est d'autant plus net que l'intervention est réalisée en l'absence de flux laminaire (Tableau I).

Les reprises opératoires précoces pour un motif chirurgical non infectieux (hématome, luxation...) nécessitent une ABP différente de l'ABP initiale. Le jury recommande la vancomycine dans cette indication. En outre, il peut être nécessaire de tenir compte des conditions écologiques propres au service ce qui peut conduire à l'adjonction d'une molécule AB active sur les bacilles à Gram négatif (BGN) hospitaliers (C3G par exemple).

A l'inverse, les reprises tardives pour des causes mécaniques, chez un patient ambulatoire ne nécéssitent pas de modification de l'ABP initiale.

 

ANTIBIOPROPHYLAXIE EN NEUROCHIRURGIE

Sans antibioprophylaxie, dans la neurochirurgie avec crâniotomie et sans implantation de matériel étranger, le risque infectieux est de 1 à 5 %. Ce risque s'élève en moyenne à 10%, lorsqu'un matériel de dérivation du liquide céphalo-rachidien (LCR) est implanté. Les infections peuvent être localisées au niveau de la voie d'abord (incision cutanée, volet...) ou s'étendre aux méninges ou aux ventricules. La diminution du risque infectieux par une antibioprophylaxie est indiscutable en présence d'une crâniotomie et très probable lors de la pose d'une valve de dérivation du LCR (Tableau I).

 

ANTIBIOPROPHYLAXIE ET CHIRURGIE OPHTALMOLOGIQUE

Le risque infectieux majeur de la chirurgie de l'oeil est représenté par l'endophtalmie dont l'incidence dans la chirurgie réglée a été évaluée en France à 3/1000. L'ABP ne doit pas s'envisager à l'exception de la mise en place d'implant de seconde intention et de la chirurgie de la cataracte chez le diabétique (Tableau I).

 

ANTIBIOPROPHYLAXIE EN CHIRURGIE CARDIAQUE, VASCULAIRE ET THORACIQUE

La chirurgie cardiaque est une chirurgie propre (classe I d'Altemeier). La circulation extra-corporelle, la durée de l'intervention la complexité des procédures sont susceptibles d'augmenter le risque infectieux particulièrement redoutable dans ses conséquences. L'utilité de l'antibioprophylaxie a été clairement démontrée (Tableau I).

La chirurgie vasculaire est une chirurgie propre (classe I d'Altemeier) à l'exception des gangrènes infectées. L'abord du triangle de Scarpa, le terrain (diabète, âge, obésité), les réinterventions sont susceptibles d'augmenter le risque infectieux particulièrement redoutable en cas d'utilisation de prothèse. L'intérêt de l'utilisation de l'ABP est clairement démontré pour diminuer le taux d'infection dans cette chirurgie (Tableau I).

La chirurgie thoracique non cardiaque peut être une chirurgie propre (classe I d'Altemeier) (chirurgie médiastinale) ou propre contaminée (classe II) en cas d'ouverture des bronches ou de la trachée. Malgré la complexité des situations, l'utilité d'une ABP n'est plus contestée aujourd'hui comme l'ont montré nombre d'études scientifiques validées (Tableau I).

 

L'ANTIBIOPROPHYLAXIE POUR LA CHIRURGIE DIGESTIVE, LES ENDOSCOPIES ET LA RADIOLOGIE INTERVENTIONNELLE

La chirurgie du tube digestif et/ou de ses annexes correspond soit à une chirurgie "propre" de classe 1 en l'absence d'ouverture du tube digestif, soit le plus souvent à une chirurgie "propre-contaminée" de classe 2 lorsque le tube digestif est ouvert. Les données de la littérature sont maintenant suffisamment concordantes pour préconiser dans la majorité des cas une prescription limitée à une injection pré-opératoire éventuellement renouvelée pendant l'intervention en fonction de la pharmacocinétique de la molécule et de la durée de l'intervention (Tableau I).

La coeliochirurgie obéit aux mêmes principes que la chirurgie traditionnelle car : l'intervention sur le site est identique, seule la voie d'abord est différente; une conversion en laparotomie est toujours possible; les complications infectieuses sont les mêmes.

Il est souhaitable d'insister dans le cadre de cette chirurgie sur l'utilité d'uniformiser le protocole d'ABP dans une même unité de chirurgie, ce qui permet d'éviter les dérogations aux règles générales par multiplication des protocoles "à la carte". Cette attitude permet en outre une meilleure évaluation des résultats et des conséquences écologiques.

 

L'ANTIBIOPROPHYLAXIE EN CHIRURGIE UROLOGIQUE

La chirurgie en urologie se pratique soit de nécessité sur des urines infectées justifiant une antibiothérapie curative, soit sur des urines stériles confirmées par la réalisation d'une uroculture avec compte de germes. La pratique actuelle de nombreux actes sous endoscopie rend difficile l'analyse des études effectuées il y a plus de 10 ans. De plus, de nombreuses études sont très critiquables sur le plan méthodologique. Les propositions retenues par le jury sont présentées dans le tableau I.

 

L'ANTIBIOPROPHYLAXIE EN CHIRURGIE GYNECOLOGIQUE ET EN OBSTETRIQUE

Pour les hystérectomies par voie vaginale, l'efficacité de l'ABP et ses modalités (dose unique avant l'induction) sont bien documentées (Tableau I). Pour la chirurgie gynécologique par voie haute, malgré les résultats contradictoires de certaines études, l'analogie avec la chirurgie abdominale de classe 2 justifie de préconiser une antibiothérapie similaire y compris pour la coeliochirurgie Pour les césariennes à haut risque (urgence, rupture des membranes de plus de 12h, état férile non documenté dans les jours précédents). Quelque soit le produit choisi, il existe un consensus pour n'injecter l'antibiotique qu'après clampage du cordon ombilical. L'ABP en chirurgie mammaire n'a été validée que par une étude. Une céphalosporine active sur les staphylocoques (céfazoline, céfamandole, céfuroxime) peut être préconisée.

 

ANTIBIOPROPHYLAXIE EN CHIRURGIE ORL, STOMATOLOGIQUE ET CERVICO-FACIALE

Dans la chirurgie cervico-faciale avec ouverture bucco-pharyngée (essentiellement la chirurgie néoplasique) le risque infectieux est élevé (30% minimum). De nombreuses études ont clairement démontré l'intérêt de l'ABP dans ce type de chirurgie. La durée de l'ABP ne doit pas être supérieure à 48 heures, comme le démontrent toutes les études méthodologiquement correctes. La présence d'un drainage n'est pas un argument pour prolonger la durée de l'ABP.

 

CHIRURGIE PLASTIQUE ET RECONSTRUCTIVE

En l'absence d'études méthodologiquement correctes, le jury propose l'attitude résumée dans le tableau I.

 

Tableau I. Recommandations pour l'antibioprophylaxie en milieu chirurgical

Acte chirurgical

Produits

Posologie

Durée

Coût (F) 1993

Orthopédie - traumatologie

Prothèse articulaire

oxacilline ou cloxacilline

100 mg/kh.24 h en 4 doses

24 à 48 h

75 à 150

céfazoline

2 g perop puis 1 g / 8 h

24 à 48 h

73 à 118

céfamandole

1,5 g perop puis 0,75 g/6 h

24 à 48 h

146 à 243

céfuroxime

1,5 g perop puis 0,75 g/6 h

24 à 48 h

220 à 366

alternative : vancomycine*

15 mg/kg préop puis 10 mg/kg.8 h

24 à 48 h

586 à 937

Ostéotomies, fractures fermées, rachis, méniscectomie, arthroscopie, ablation de matériel "à froid", chirurgie de la main, prthopédie propre

Voir ci-dessus

Voir ci-dessus

24 h

48 h : scoliose

 

Fracture ouverte de st I

péni A+IB**

2 g préop puis 1 g/6 h

24 à 48 h

102 à 172 (Augmentin)
110 à 184 (Unacim)

alternative : clindamycine+tobramycine ou gentamycine

600 mg/12 h+ 1,5 mg/kg.8 h

24 à 48 h

138 à 198 ou
127 à 175

Polytraumatisme avec choc hémorragique

péni A+IB**

2 g préop puis 1 g/4 h

 

137 (Augmentin)
147 (Unacim)

alternative : clindamycine+tobramycine ou gentamycine

1 200 mg/12 h+4 mg/kg

24 h dose unique pour l'aminoside

211 ou 191

Neurochirurgie

Shunt de dérivation du LCR

oxacilline ou cloxacilline

100 mg/kg.24 h en 4 doses

24 h

75

alternative : cotrimoxazole

2 amp préop puis 1 amp/8 h

24 h

15

Craniotomies

oxacilline ou cloxacilline

100 mg/kg.24 h en 4 doses

24 h

75

alternative : vancomycine*

15 mg/kg

1 dose

234

Neurochirurgie par voies trans-sphénoïdale et trans-labyrinthique

 

2 g préop puis 1 g/8 h

24 h

73

alternative : clindamycine

600 mg/12 h

24 h

78

Chirugie du rachis sans mise en place de matériel

pas d'ABP

 

 

 

Chirugie du rachis avec mise en place de matériel

céfazoline

2 g préop puis 1 g/8h

24 h

73

alternative : vancomycine

15 mg/kg

dose unique

234

Plaies crâniocérébrales

péni A+IB**

2 g préop puis 1 g/6 h

48 h

172 (Augmentin)
184 (Unacim)

alternative : quinolone+imidazolé

 

48 h

 

Fracture de la base du crâne avec rhinorrhée

pas d'ABP

 

 

 

Chirurgie ophtalmologique

Implant oculaire de 2ème intention et cataracte chez le diabétique

fluoroquinolone

per os

dose unique

 

autres types de chirurgie réglée

pas d'ABP

 

 

 

Plaies oculaires

fluoroquinolone+fosfomycine

voie intraveineuse

24 h

 

Chirugie cardiothoracique et vasculaire

Chirurgie cardiaque

céfazoline

2 g péop puis 1 g/8 h

24 à 48 h

73 à 118

céfamandole

1,5 g préop puis 0,75 g/6 h

24 à 48 h

146 à 243

céfuroxime

1,5 g préop puis 0,75 g/6 h

24 à 48 h

220 à 366

alternative : vancomycine*

15 mg/kg préop
10 mg/kg avant la CEC puis toutes les 8 h

24 à 48 h

703 à 1 054

Chirurgie vasculaire des membres inf. et des vaisseaux intrathoraciques

voir ci-dessus (chirurgie cardiaque)

voir ci-dessus (chirurgie cardiaque)

24 h
dose unique si durée<2 h

29 à 73
49 à 146
73 à 220
234 à 703

Chirurgie carotidienne

pas d'ABP ?

 

dose unique si prescrite

 

Chirurgie veineuse

pas d'ABP

 

 

 

Implantation et changement d'un stimulateur cardiaque

Voir ci-dessus (chirurgie cardiaque)

 

dose unique

 

Amputation de membre

péni A+IB**

2 g préop puis 1 g/6 h

48 h

137 (Augmentin)
147 (Unacim)

péni G+imidazolé

 

 

 

alternative : clindamycine+tobramycine ou gentamycine

600 mg/kg.12 h
1,5 mg/kg.8 h

48 h

353 ou 659

Exérèse pulmonaire

céfazoline

2 g préop puis 1 g/8 h

24 h

73

céfamandole

1,5 g préop puis 0,75 g/6 h

24 h

146

céfuroxime

1,5 g préop puis 0,75 g/6 h

24 h

220

alternative : cycline

 

24 h

 

Chirurgie du médiatin et médiastinoscopie

voir ci-dessus (chirurgie d'exérèse pulmonaire)

 

dose unique

 

Plaie du thorax

voir ci-dessus (chirurgie d'exérèse pulmonaire)

 

24 h

 

Drainage thoracique

pas d'ABP

 

 

 

Chirugie digestive

Protocole standard proposé pour toutes les chirurgies; celles-ci peuvent cependant bénéficier de modalités différentes (voir ci-dessous)

céfotétan

2 g préop

dose unique (réinjection de 2 g si durée>3 h)

135 à 270

céfoxitine

2 g préop

dose unique (réinjection de 2 g si durée>2 h)

41 à 82

péni A+IB**

2 g préop

dose unique (réinjection de 2 g si durée>2 h)

32 à 64 (Augmentin)
37 à 74 (Unacim)

alternative : imidazolé+tobramycine ou gentamycine

1 g préop+1,5 mg/kg

dose unique

230 ou 128 (ornidazole)

Chirurgie digestive sans ouverture du tube digestif

céfazoline

2 g préop

dose unique (réinjection si durée> 3 h)

 

Chirurgie gastro-duodénale

céfazoline

2 g préop

dose unique (réinjection si durée> 3 h)

29 à 57

céfuroxime

1,5 g préop

dose unique (réinjection si durée>2 h)

73 à 147

céfamandole

1,5 g préop

dose unique (réinjection si durée>2 h)

49 à 97

Chirurgie hépatique et pancréatique

protocole standard

 

 

 

Chirurgie biliaire

protocole standard

 

 

 

Chirurgie colorectale et intestin grêle

protocole standard

 

 

 

Appendice non perforé

protocole standard

 

 

 

Appendice perforé

protocole standard

 

48 h

 

Chirurgie proctologique

imidazolé

0,5 g préop

dose unique

19 (métronidazole)
26 (ornidazole)

Chirurgie oesophagienne

ceftriaxone+imidazolé

2 g+1 g préop

dose unique

180 (métronidazole)
179 (ornidazole)

Plaies de l'abdomen

protocole standard

 

 

 

alternative : clindamycine+gentamycine ou tobramycine

600 mg/12 h+1,5 mg/kg.8 h

24 h

353 ou 659

Endoscopies des voies biliaires avec obstacle

ceftriaxone

1 g

dose unique

71

Chirurgie urologique (urines stériles)

Résection endoscopique de la prostate et des tumeurs endovésicales

céfuroxime

1,5 g préop puis 0,75 g/6 h

24 h

220

Néphrectomie et prostatectomie radicale (indication de l'ABP discutée pour ces deux types de chirurgie)

céfamandole

mêmes doses

24 h

146

alternative : gentamycine ou tobramycine

4 mg/kg

dose unique

 

Biopsie transrectale de la prostate

fluoroquinolone per os

 

dose unique

 

Traitement endoscopique des lithiases rénales

céfotaxime

1 g préop

dose unique

51

Cystectomie

voir chirurgie abdominale (protocole standard)

 

 

 

Chirurgie scrotale

pas d'ABP

 

 

 

Incontinence urinaire

pas d'ABP

 

 

 

Uréthrotomie

prévention de l'endocardite à entérocoque

 

 

 

Cystoscopie

prévention de l'endocardite à entérocoque

 

 

 

Chirurgie gynécologique et obstétricale

Hystérectomie et interventions par voie vaginale, hystérectomie par voie abdominale, coelioscopie

voir ci-dessus chirurgie digestive (protocole standard).

En cas d'allergie aux bêtalactamines : doxycycline

200 mg préop

dose unique

21

Césarienne et épisiotomies

céfazoline

2 g après clampage du cordon ombilical

dose unique

29

alternative : cycline

après clampage du cordon ombilical

dose unique

 

Interruption volontaire de grossesse

doxycycline

200 mg per os

2 h avant et 12 h après l'aspiration

3

Chirurgie mammaire

céfazoline

2 g préop

dose unique

29

Chirurgie ORL, stomatologique et cervicofaciale

Chirurgie rhinologique avec mise en place d'un greffon ou reprise

céfazoline

2 g préop

dose unique

29

Chirurgie cervicofaciale avec ouverture buccopharyngée

céfazoline

2 g préop puis 1 g/8 h

24 à 48 h

73 à 118

péni A+IB**

2 g préop puis 1 g/6 h

24 à 48 h

102 à 172 (Augmentin)
110 à 184 (Unacim)

alternative : clindamycine+gentamycine

600 mg/12 h+1,5 mg/kg.8 h

24 à 48 h

138 à 198 ou 127 à 175

Chirurgie de l'étrier, de l'oreille moyenne

pas d'ABP

 

 

 

Chirurgie alvéolaire

pas d'ABP

 

 

 

Chirurgie des glandes salivaires

pas d'ABP

 

 

 

Cervicotomie

pas d'ABP

 

 

 

Curage ganglionnaire

pas d'ABP

 

 

 

Chirurgie vélopalatine

pas d'ABP

 

 

 

Amygdalectomie

pas d'ABP

 

 

 

Chirurgie plastique

Chirurgie plastique et reconstructive classe 1

céfazoline

2 g préop

dose unique (réinjection si durée>3 h

29 à 58

Chirurgie plastique et reconstructive classe 2

péni A+IB**

2 g préop

dose unique (réinjection si durée>2 h

32 à 63 (Augmentin)
34 à 74 (Unacim)

* indications de la vancomycine : allergie aux bêtalactamines, suspicion de colonisation par du staphylocoque méticillinorésistant (réintervention chez un patient hospitalisé, antibiothérapie antérieure…)

** péni A+IB : aminopénicilline + inhibiteur des bêtalactamases